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Pourquoi Morata est-il si clutch ?

Nous devons la notion de clutch player à nos amis ‘ricains de la NBA. Ils la définissent comme le fait d’être décisif dans les moments importants d’un match, notamment dans les derniers instants ou quand lorsque le score est serré. En bref être clutch, c’est se montrer décisif et faire parler la foudre au moment opportun.

Et en se basant sur cette définition, Alvaro Morata est le joueur le plus clutch d’Europe actuellement car :

IL EST POLYVALENT

Proche du mètre 90, Alvaro Morata semble taillé pour un poste de N°9. Pourtant, malgré un physique imposant qui lui permet de faire office de point de fixation, il peut couvrir tous les postes de l’attaque, pouvant ainsi évoluer aisément dans l’axe comme sur les côtés. Son principal atout ? Sa polyvalence, sans doute. Elle fait de lui un attaquant complet et un parfait complément dans un duo d’attaque. Rapide et puissant, son aisance balle au pied, ses appels tranchants et son altruisme font de lui l’un des attaquants les plus prometteurs de sa génération. Pourtant, c’est bien sa faculté à faire la différence qui lui permet de s’attirer le respect et l’admiration de tous les passionnés du ballon rond.

IL EST HALA MADRID, T’ES VALENCIENNES

Pour comprendre cette aptitude à se montrer décisif, il est nécessaire de faire un petit voyage dans le passé. Madrilène de naissance, Alvaro Borja Morata a d’abord opté pour le coté obscur de la force puisqu’il a été formé sous les couleurs de… l’Atletico. Il a fait ses gammes avec le maillot colchonero de 2005 à 2007 avant de basculer chez l’ennemi juré, le prestigieux Real Madrid, où il est recruté pour ses qualités de buteur en 2008. Il intègre l’équipe réserve du club : la Castilla. En parallèle, il flambe avec les équipes de jeunes de la sélection espagnole, remportant par la même occasion l’Euro U19 et U21 avec la Roja (il terminera deux fois meilleur buteur). Morata continue ses prouesses avec la Castilla et remporte deux titres juniors en inscrivant la bagatelle de 34 buts, ce qui lui vaudra une première convocation avec l’équipe A en 2010.

Alors qu’on l’annonce comme le remplaçant légitime d’Higuain, blessé, Mourinho douche les espoirs de la presse locale en disant qu’«il n’est pas encore prêt pour être dans le onze de départ et qu’il a besoin de grandir et de terminer sa formation avec la Castilla». Suite à cette déclaration, Morata marquera cinq buts en quatre matches avec la réserve… Clutch vous avez dit ? Inutile de préciser qu’il donnera la victoire au Real à l’occasion de son premier but en professionnel en 2012… Il faudra toutefois attendre l’arrivée de Carlo Ancelotti à la tête du Real en 2013 pour voir le petit prodige franchir un cap. Barré par la concurrence, le jeune Alvaro va passer la plupart de son temps sur le banc mais en profitera pour inscrire 9 buts sur la saison. Il décrochera même la fameuse Décima en s’adjugeant la Ligue des Champions 2014. Clutch on vous dit ! La LDC en poche, Morata sait qu’il doit continuer sa progression et que cela passera inévitablement par un départ du Real Madrid. Son aventure se termine sur un bilan de 45 buts en 83 matchs avec la Castilla et de 11 buts en 52 apparitions avec l’équipe A. Lucide, il demande à quitter les Merengues durant l’été 2014 et s’engage pour la Juventus dans un transfert à 20 millions d’euros, rien que ça.

IL A PAS LE TEMPS DE NIAISER

Tout juste arrivé en Italie, l’espagnol se blesse au lendemain de sa présentation et est éloigné des terrains pour les deux premiers mois de la compétition. Un coup dur me direz vous ? Évidemment, mais on ne doute de rien quand on est clutch. Morata se soigne et travaille pour revenir. Seulement, il se heurte à la préférence de son entraîneur pour le duo Tevez-Llorente. Peu importe, Alvaro prend son mal en patience et attend son heure. Il dispute finalement son premier match avec le maillot bianconero le 13 septembre 2014 lors d’un succès en championnat. Deux semaines plus tard, il inscrit son premier but pour le club. Souffrant une nouvelle fois de la concurrence, il sera tout de même sacré champion d’Italie, ayant participé à 29 matchs de championnat pour 8 buts marqués et 5 passes décisives.

Vous l’aurez compris, le problème de Morata, c’est son temps de jeu.

Lors de la saison 2014-2015, il n’a joué en moyenne que 51 minutes de jeu sur les 52 matchs disputés. Cette saison, il n’a disputé qu’une minute de plus en moyenne et n’a passé en tout et pour tout que 43 minutes en moyenne sur le terrain en championnat (6 buts et 3 passes). Un faible temps de jeu qui met encore plus en lumière les statistiques ronflantes d’un joueur bourré de talent. Un talent qu’il ne cesse de démontrer aux yeux du monde lors des matchs de Ligue des Champions.

ALVARO C’EST LA CHAMPIONS LEAGUE, F*CK SI T’ES PAS DE SA TEAM

Avec un total de 5 buts en Ligue des Champions, tous inscrits lors de la phase finale, il est l’un des éléments moteurs de l’excellent parcours de la Juve lors de l’édition 2014-2015. Il inscrit ainsi le but de la victoire face à Dortmund lors des huitièmes de finale aller après avoir offert l’ouverture du score à Carlos Tevez et réitérera sa performance en ajoutant un but au match retour. Lors du quart de finale face à Monaco, un seul but sera inscrit sur les deux confrontations : un penalty transformé par Vidal, obtenu par… Morata. Mais c’est en demi-finale qu’Alvaro va faire étalage de son statut de clutch player… Alors qu’il retrouve son ancien club aux portes de la finale, l’ancien madrilène se montre à nouveau décisif, inscrivant un but à l’aller et au retour pour offrir à la Juve une finale de la plus grande compétition de clubs. Un espoir douché par le réalisme du FC Barcelone qui décrochera finalement le titre malgré l’égalisation de… Morata.

Il poursuit sur sa lancée durant l’exercice 2015-2016 puisqu’il marque cette fois dès les phases de poules et en profite pour égaler le record d’Alessandro Del Piero avec la Juve en marquant pour le cinquième match consécutif en C1. Le record absolu étant détenu par… Marouane Chamakh (6 buts en 6 matches consécutifs).

Outre ce record, on retiendra surtout sa performance face au Bayern Munich… Alors qu’il était pressenti pour démarrer en tant que remplaçant, Allegri lui préférant Mandzukic, le voilà propulsé titulaire suite au forfait de la Joya, Dybala. Vient alors le moment d’être clutch, et tout le monde connaît la suite… Un but refusé pour un hors-jeu imaginaire, un raid magistral qui élimine quatre joueurs du Bayern et qui amène le but de Cuadrado mais surtout une sortie qui coïncide avec la chute de la Vielle Dame… Morata a parfaitement rempli son rôle de joueur clé ce soir là, presque malgré lui…

IL N’A QUE DES VICTOIRES PAS LE TIME QU’ON LES ÉNUMÈRE

Ses statistiques parlent pour lui, son palmarès aussi… Un championnat d’Espagne, une Coupe d’Espagne et une Ligue des Champions. Un championnat d’Italie, une Coupe d’Italie et une finale de Ligue des Champions. 73% de victoires de victoires en carrière. À 23 ans seulement…

IL N’A PAS DE PRIX

On pourrait facilement s’accorder à dire que Morata est un joueur inestimable, et on ne saurait si bien dire puisqu’il est encore et toujours question de l’avenir à terme du numéro 9 bianconero. Son prix ? On ne le sait pas vraiment. Ce que l’on sait, c’est que le contrat de Morata stipule que son prix de rachat peut varier selon le nombre de matchs disputés avec la Juve et que le Real Madrid pourra user cet été de son droit de rachat contre un montant estimé actuellement à hauteur de 30 millions d’euros. Une offre que la Juventus ne pourra pas refuser ? Il reviendra alors au joueur de faire un choix. Une fois de plus, ce sera à Morata de forcer la décision. Comme quoi, quand on est clutch, on l’est jusqu’au bout…

Guillaume (@GAnnequin_)