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Nous sommes le vendredi 1er avril, il est 22 heures 15 passées et le VfL Wolfsburg vient de s’enfoncer un peu plus encore dans la crise. Sur la pelouse du Bayer Leverkusen, concurrent direct pour les places européennes, les loups n’ont à aucun moment montré les crocs et se sont logiquement inclinés sur le score de trois buts à rien. Les hommes de Roger Schmidt n’ont d’ailleurs pas eu à forcer leur talent pour arracher la victoire dans ce prestigieux Plastico (duel des géants industriels Volkswagen et Bayer), tant leur adversaire du jour semblait apathique et désintéressé. Résultat des courses : une huitième place en championnat avec sept points de retard sur la fameuse quatrième place qui permet de rêver de la Ligue des Champions. L’avenir européen de Wolfsburg est aujourd’hui plus que jamais compromis, même l’Europa League est en danger et c’est dans ce contexte de crise que l’on s’apprête à accueillir le Real Madrid de Zinédine Zidane.

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Le moral est donc au plus bas chez le vice champion et vainqueur de la Coupe d’Allemagne de la saison précédente. C’est d’autant plus vrai que la crise ne concerne pas les résultats sportifs uniquement. En effet, à Wolfsburg, on souffre entre autres de l’absence sur blessure de certains cadres de l’équipe. Et contrairement à la majorité des concurrents encore en lice dans la plus prestigieuse des compétitions européennes, l’effectif n’est pas assez étoffé pour encaisser sans faiblir ce genre de contrecoups. Le capitaine de l’équipe Diego Benaglio a certes fait son retour dans les buts des verts et blancs ce week-end, mais d’autres comme Bas Dost ou et surtout Naldo manquent toujours à l’appel. L’absence du défenseur central brésilien se fait particulièrement ressentir chez les hommes de Dieter Hecking. Naldo est un leader, sur et en dehors du terrain. L’ancien du Werder est une personnalité qui ne peut être remplacée à aucun niveau, surtout pas par le jeune Robin Knoche qui a le plus grand mal à produire des performances satisfaisantes.

Et si Bas Dost pourrait faire son retour dans l’effectif des Wölfe pour le match contre le Real Madrid mercedi soir selon Hecking, il y a un autre buteur qu’on ne risque pas de revoir de sitôt sous le maillot de Wolfsburg. En effet, le grand Lord Bendtner a de nouveau réussi à faire parler de lui sans même fouler le rectangle vert en arrivant en retard à l’entraînement de son club. C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vaser pour les responsables de Wolfsburg, qui ont dans la foulée décidé de suspendre le grand dadais danois avant de trouver une solution quant à son futur avec ses agents. Le directeur sportif Klaus Allofs n’a d’ailleurs pas mâché ses mots au sujet du joueur, allant jusqu’à déclarer : « On l’a vu comme un danger pour notre communauté. On se devait d’agir.» La suspension de celui qui a été un temps considéré comme un grand talent a fait couler beaucoup d’encre dans son pays natal, où dérision et regrets ont caractérisé la couverture médiatique de l’évènement.

Kruse

Dans la presse allemande, c’est un autre attaquant de Wolfsburg qui a monopolisé les gros titres ces dernières semaines. En effet, l’international allemand Max Kruse avait été convoqué pour les matchs amicaux de la Nationalmannschaft face à l’Angleterre et à l’Italie avant d’être suspendu par Joachim Löw. Les escapades répétées de l’ancien joueur de Gladbach au cours de ces derniers mois sont la raison de cette mise à l’écart. Non content d’avoir oublié 75.000 euros gagnés au poker dans un taxi berlinois, le numéro 11 de Wolfsburg a de nouveau fait parler de lui en arrachant des mains le téléphone d’une jeune femme qui le prenait en photo alors qu’il arrosait allègrement son 28ème anniversaire. Malheureusement pour lui, la jeune femme s’est avérée être une journaliste du célébrissime quotidien Bild qui n’a pas manqué l’occasion d’en faire sa une. Trop pour le sélectionneur de l’équipe championne du Monde qui a justifié la suspension de Kruse en déclarant qu’il « avait besoin d’une leçon. »

Au milieu de ce beau bordel, de plus en plus de responsabilités incombent au jeune Julian Draxler. Recruté au prix fort (36 millions d’euros) pour remplacer le joueur de l’année en Bundesliga de l’an passé Kevin De Bruyne, Draxler a entre autres quitté Schalke 04, son club de toujours, pour échapper à la pression insensée à laquelle il était soumis. Et si on s’est dit prêts du côté de Wolfsburg à lui laisser le temps pour exploser et exploiter son immense talent, la situation fait que Draxler est forcé, plus tôt que prévu,  d’assumer un rôle de leader au sein de sa nouvelle équipe. Le vide laissé par De Bruyne est des plus difficiles à combler et, d’un point de vue statistique au moins, le jeune international allemand est loin de rivaliser avec son prédécesseur. Il n’est d’ailleurs pas non plus exempt de toute critique étant donné qu’il a bêtement écopé d’une cinquième carton jaune contre Leverkusen (pour contestation), synonyme de suspension lors de l’important match face à Mayence le week-end prochain.

Draxler

Lorsque résonne l’hymne de la Ligue des Champions, Draxler semble toutefois donner le meilleur de lui-même. Auteur de trois buts et deux passes décisives en sept matchs européens, Julian y est pour beaucoup dans le parcours de son équipe. Il a presque arraché à lui seul la qualification contre la Gantoise avec deux superbes buts au match aller en Belgique et un assist pour la seule réalisation du match retour. Et si la marche semble bien haute entre l’adversaire du tour précédent et le Real Madrid, la motivation face à l’ancien club de son ami Raul est bien là : « Je crois qu’il n’y a rien de plus beau que de jouer un quart de finale de Ligue des Champions le mercredi soir contre le Real Madrid. » Il n’a d’ailleurs pas manqué de critiquer ses coéquipiers pour la prestation de vendredi dernier, leur reprochant leur manque d’implication.

Une chose est sûre, contre le Real Madrid, Draxler et les siens devront montrer une toute autre attitude s’ils espèrent créer la surprise et prolonger leur épopée européenne un peu plus longtemps.