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Il y a presque 1 an déjà, on vous faisait un portrait sur le FC Seville, en phase de remporter sa 4ème finale de Europa League. Au soir d’un 1/4 de finale face à Bilbao, les coéquipiers de Kevin Gameiro peuvent rentrer encore plus dans l’histoire en gagnant un troisième coupe d’Europe d’affilés. Face à ce défi de taille, Unai Emery peut compter sur ce qui apparaît comme le meilleur effectif de sa carrière et sur un groupe qui connait la compétition par cœur.

Une méthode qui perdure

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Dimanche 3 Avril, le FC Seville est surpris 2-1 par la Real Sociedad à Sanchez Pizjuan. C’est la première fois que la bande à Adil Rami perd à domicile en championnat depuis le 20 Septembre et une défaite face au Celta Vigo. Cette défaite est presque passé inaperçue tant Séville est largué à la course pour la 4ème place. La priorité est autre part, Seville veut la Ligue Europa, le match contre Bilbao est donc un des plus importants pour la fin de saison des Rojiblanco. L’an dernier à la même période, Bacca et sa troupe étaient 5èmes et n’espéraient qu’une chose, aller à Varsovie pour conserver leur trophée. Mission réussie, Seville est encore champion d’Europe et gagne le privilège d’aller en Ligue des Champions grâce à sa victoire. Depuis l’effectif a été chamboulé, Bacca, Aleix Vidal, Diego Figueiras, Cicinho s’en vont en plus des deux légendes Mbia et Navarro. Llorente, Andreolli, Nzonzi, Krohn-Deli, Rami, Mariano et Konoplyanka viennent renforcer un effectif déjà garni. La direction se permet même le luxe de se faire prêter Immobile et faire signer Kakuta , les deux ne resteront que 6 mois permettant de faire revenir Figueiras et Fazio en prêt. Pour un coût total d’environ 17 millions, à titre de comparaison, l’OM a dépensé la même somme pour le résultat que l’on connait. Cette réussite, due au boulot de Monchi. Celui qui disait « prendre du plaisir devant les 0-0 de la L1 car on peut voir le gros boulot tactique des entraineurs de L1 et cibler des joueurs défensifs » est la clé de voûte du club. En place de puis 14 ans, Monchi continue à étonner son monde. Alors qu’on s’attendait à un mercato plutôt calme du coté de Seville étant donné que les départs de cet été étaient pratiquement tous comblé en interne, le Gravelaine de l’Andalousie a surpris. Il réussit un coup de poker en faisant signer Konoplyanka malgré la concurrence, il n’hésitera pas à mettre 10 millions pour Steven Nzonzi qui avait fait toutes ses gammes en Angleterre et fera un cadeau inattendu à son coach, il lui ramènera son ancien joueur Adil Rami en plus de Fernando Llorente. Le but est de faire un effectif assez compétitif pour passer les phases de poules en Champions. La méthode Monchi est devenue une référence, basée sur le scouting et l’anticipation, le FC Seville compte entre 40 et 50 recruteurs. Le directeur sportif ne chôme pas pour autant, il s’ingurgite un nombre incalculable de matchs -en particulier de L1-, en effet il porte en haute estime les joueurs estampillés made in hexagone, « ils sont abordables financièrement déjà et techniquement comme tactiquement ils sont très au point. Dans un marché aussi faussé, les joueurs de L1 apparaissent comme une évidence ». Kolo, Trémoulinas, Mariano, Mbia, Krychowiak, Rami pour ne citer que eux sont tous des choix de Monchi. La réussite et la crédibilité du FC Séville n’est plus à présenter sur le marché des transferts, Villarreal s’inspire beaucoup de ce que fait le club Andalous en matière de recrutement. En France, il serait bienvenu de s’inspirer de ce que fait l’ancien club de Kondogbia, surtout un club du sud de la France qui peut se targuer d’avoir un plus gros budget et une cellule de recrutement qui est vue comme « la meilleure de France ». Alors que le club arrive à une période charnière, Monchi a sorti un dernier coup de maître en réussissant à prolonger Ever Banega pour une année et ne pas le laisser partir libre cet été. D’ici le 31 août prochain, le club risque d’être face à une nouvelle razzia de ses talents mais le cas le plus important à gérer sera surement celui de son entraîneur.

Unai Emery le chef d’orchestre

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L’an dernier, Unai Emery était préssenti pour aller du coté du Real Madrid ou de l’AC Milan. Il n’avait pas eu peur de dire que les rumeurs à son sujet étaient normales vu que son travail à Seville était bon mais n’a jamais voulu savoir si ces rumeurs étaient concrètes ou pas, seule la saison de son club l’intéressait. Alors que Unai avait rejoint l’écurie de Jorge Mendes, son nom était de plus en plus affilié à celui du Real mais lui voulait rester à Seville. Finalement il sera prolongé 2 ans avec un salaire à hauteur de 3.5 millions l’année faisant de lui le salarié le mieux payé du club, rien que ça. Concernant le sportif, le club gravite autour de la 5ème place et se permet le luxe de sortir quelques partidazos bien senties au Sanchez Pizjuan contre les grosses écuries et de gagner l’Europa League. La réussite du club Andalou est du au génie tactique du Basque. Positive attitude, séance vidéo et proximité avec ses joueurs sont ses mojo. On parle d’un coach qui n’a pas hésité à redonner une deuxième chance à Banega et Rami qu’il a côtoyé à Valence alors que leurs relations n’étaient pas les meilleures. Avec une probable troisième Europa, on se demanderait presque si Seville ne pourrait pas espérer jouer les premiers rôles en Liga à l’instar de l’Atlético. D’ici la saison prochaine, Unai Emery va se retrouver dans une situation qu’il avait déjà connu à Valence, celle du club qui doit dérégler la norme habituelle. Lors de son passage à Valence, les dirigeants reprochaient au coach Emery de ne pas avoir fait passer de cap au club. Le Basque devait gérer des départs majeurs chaque été, Mata, Silva, Villa et pourtant, le club Ché restait troisième du championnat mais finissait toujours distancé. Aujourd’hui, la situation semble être la même. On aimerait voir Seville plus haut et titiller les sommets de la liga, ça constituerait une consécration pour ce groupe qui le mérite. On peut penser que l’année prochaine sera un tournant pour les Andalous. Emery et Banega seront en fin de contrat, Krychowiak fera peut être sa dernière saison au club, Gameiro sera au top de sa carrière, tout sera réuni pour que le club sorte une saison de folie, c’est à Emery que reviendra la tache de faire rêver les supporters, et il est capable d’y arriver sauf si la Roja vient taper à la porte de Monchi cet été.