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Ne dit-on pas que l’important ce n’est pas la manière, c’est le résultat ? Alors qu’il a eu 25 ans le 11 avril dernier, Cédric Bakambu est ce qu’on appelle un vagabond. De Vitry-sur-Seine à Villareal, en passant par le Doubs et la Turquie, retour sur un parcours qui sent bon la Zone Internationale.

À l’image du sac Michael Kors chez les michtos, le produit « numéro 9 français » est en hype constante depuis déjà de nombreux mois. Si la Premier League a dans ses rangs l’Ultimo Nueve, Olivier Giroud et la pépite Anthony Martial, c’est en Liga que le 9 français s’exporte le mieux. Nous connaissions le paria Karim Benzema, le « pas assez bon pour le PSG » Kévin Gameiro, nous découvrons cette année le Vitry Phénomène Cédric Bakambu. Bakambu… Bakambu… Ce nom vous dit certainement quelque chose. Mais si ! Rappelez vous, c’était le buteur du FC Sochaux avant que le club doubiste ne tombe en Ligue 2. Vous ne vous souvenez pas ? Il avait même crucifié la première mouture du PSG version qatari.

Depuis ce but, le gamin de Vitry a fait du chemin. Moteur offensif d’un Sochaux en perte de vitesse, c’est dans le Doubs qu’il a fait ses gammes, loin de son Val de Marne. Entre petits et gros torses, il s’impose rapidement au centre de formation sochalien et se retrouve même à jouer la finale de la Gambardella au Stade de France. Au cours de cette finale perdue face au FC Metz de Kalidou Koulibaly et Bouna Sarr, il marquera le seul but sochalien ainsi que son tir au but. La même année, il devient champion d’Europe avec l’équipe de France U-19 et finit deuxième meilleur buteur de la compétition dans une équipe où l’on retrouve entre autres, Lacazette et Grizi. La grande classe.

S’il a rapidement pris les rênes de l’attaque doubiste, pour adresser une « cuenta » salée aux défenses de Ligue 1, le petit Cédric n’a pas tout de suite pris son envol. Bien que courtisé, il n’était pas prêt à « partir pour partir », un code d’honneur qui l’honore. N’ayant pas pu empêcher Sochaux de se sauver face à la grinta d’Evian et de coach Dupraz, un départ était inévitable. Mais la destination a surpris tout le monde …

Reculer pour mieux sauter

Alors que de nombreux clubs français et anglais lui font la cour, en mode ti amo t’es à moi, Bakambu attend … À quelques heures de la fin du mercato, il part en Turquie à Bursaspor rejoindre Civelli, le Padre du Rage Game. Si tout le monde le pense alors enterré à coup de pelles, ce choix se révélera être d’une intelligence rare. Au pays des baklava et autre köfte, Bakambu score match après match, adversaire après adversaire pour porter son total à 13 buts en 26 matchs de championnat, 21 en 39 matchs toutes compétitions confondues.

En Turquie, Bakambu grandit. Il découvre les ambiances bouillantes, les stades surchauffés. Mais le petit est ambitieux et profite du renouvellement d’effectif à l’été 2015 pour s’offrir un retour tonitruant dans le plus grand championnat du monde la Liga.

Homme droit, bien éduqué et bon élève, c’est avec beaucoup de calme et d’intelligence qu’il arrive durant le Summer 2015 en Espagne. Il débarque à Villareal, comme Rohff débarque dans une boutique Unkut : avec conviction et l’envie de tout casser. Plein d’ambitions, le recrutement de Soldado ne lui faisant pas peur, il s’installe sans forcer à la pointe du soum-soum jaune. De doublé en sortie de banc à doublé en quart de finale d’Europa League, il n’y a parfois qu’un pas que Bakambu a su franchir en à peine 8 mois. Avec à ce jour, 20 buts inscrits TCC, Bakambu réalise sa meilleure saison. Et elle est loin d’être terminée …

Grand artisan du beau parcours de Villareal en Europa League, Bakambu pourrait connaître les joies d’une finale européenne. Il reste pour cela une marche et demi au club coaché par Marcelino. Croyant en sa bonne étoile, il y a fort à parier que pour Bakambu l’an prochain, 94 soit la Champions League. Actuel 4ème de Liga, avec 8 points d’avance sur le Celta 5ème, Villareal a les cartes en main pour partir en barrages. Avec Bakambu ? Rien n’est moins sur tant il est demandé, même chez les plus grands. Si la parole de Kery James sonne comme une prophétie, pour Cédric, 94 sera le Barça …