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À mi-chemin entre une soirée inoubliable à Vicente Calderón et une nouvelle éventuelle grande soirée de football, retour sur cette journée du mercredi 13 avril 2016.
L’avant match
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Début d’après midi, les alentours du Vicente Calderón sont assez calmes. Les colchoneros mangent, font la sieste ou profitent du soleil. Les marchands de drapeaux et d’écharpes sont cependant déjà en place, prêts pour l’heure de pointe. À la boutique, des supporters de tous les horizons profitent des dernièrs instants pour se procurer le maillot de leur idole afin de le porter pour cette soirée de Ligue des Champions.
Quelques heures plus tard, vers 18h30, les métros commencent à être blindés. Les maillots rojiblancos sont de sortie, tout le monde se dirige au stade. À partir de là, des milliers de personnes sont déjà présents. Enfants, adolescents, adultes, espagnols, anglais, allemands, français… Tout le monde est là, 2h avant le coup d’envoi du match. Ça boit, chante, discute et donne son avis sur le match avec toujours un esprit positif : l’espoir de qualification est là ! Le Frente Atlético chauffe les abords du Calderón. Les chaînes de télévision sont en place, les photographes également, afin de capturer ces beaux moments d’avant match.
L’entrée au stade
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Peu avant 20h, à la demande du club sur les réseaux sociaux, les supporters commencent à entrer en masse. Je prends place secteur 221, maillot de Godín sur le dos et drapeau français dans les mains. Le stade se remplit. Chacun découvre la couleur du papier qu’il tiendra pour le tifo, chacun a hâte que le match commence. Les chants se font de plus en plus forts et de plus en plus fréquents. Tout le Calderón pousse ses joueurs entre quelques noms d’oiseaux envers le Barça et la Catalogne (bienvenue dans la capitale). Fin de l’échauffement, les joueurs rentrent au vestiaire, le Calderón se prépare afin de revêtir ses plus belles couleurs, le rouge et le blanc. Le tifo est en place, les joueurs sortent des deux tunnels, l’hymne de la Ligue des Champions retenti, les 55 000 colchoneros sont debout et entonnent l’hymne de l’Atlético Madrid à capella. Le ton est donné, la soirée va être folle.
Entre temps, j’ai pu parler avec quelques espagnols, dont le petit à côté de moi qui avait pour idole un certain Antoine Griezmann. Avec mon drapeau de la France, quelques curieux apparaissaient. Tu es de la famille à Griezmann ? Un copain ? Non, juste un supporter qui fait le déplacement pour soutenir son équipe et ses deux cracks français.
Une première période parfaite
Coup d’envoi, je ne suis pas stressé (c’était déjà le cas tout au long de la journée), je crois en la force collective de l’Atlético. Les joueurs font une bonne entame, les chants ne s’arrêtent pas (et ne s’arrêteront pas du début jusqu’à la fin du match) et les premiers frissons arrivent lorsque que Gabi, Griezmann et Carrasco ont les premières opportunités d’ouvrir le score. L’ambiance est de plus en plus chaude à chaque situation dangereuse des rojiblancos.
Arrive peu après la demi-heure de jeu le but de Griezmann suite à un magnifique centre de Saúl. Quel centre et quel coup de boule ! Le stade explose, tout le monde se jette dans les bras de se voisins et se cassent la voix en chantant encore plus fort. J’agite mon drapeau français : quelle fierté d’avoir un joueur comme Antoine Griezmann ! Pas de relâchement avant la mi-temps, l’équipe tient très bien, le Barça n’aura pas été dangereux face à cette formation très bien en place et dangereuse sur les phases offensives. Le Calderón, le douzième voire treizième joueur de l’équipe (Simeone peut être le 12e tellement il bouge) fait son travail. C’est le moment de se ressourcer (merci au colchonero au dessus de moi qui m’a offert la moitié de son sandwich pour célébrer l’amitié franco-espagnole, merci Griezmann) et de croire toujours un peu plus à cette qualification.
45 + 5 minutes TRÈS LONGUES !
 
Serein jusque là, je commence à stresser. Le scénario de la deuxième période du Camp Nou semble se répéter. Le Barca pousse fort dans les 25 mètres de l’Atleti et ce n’est que la 55e. Cette fois ci beaucoup moins de danger avec un pointu de Luis Suárez ou ce centre devant les buts magnifiquement repoussé par Gabi devant Piqué. C’est même l’Atlético qui continue de se montrer dangereux avec une tête de Saúl sur le barre et des contres de Griezmann à toute vitesse. Cependant, l’horloge ne tourne pas assez vite… Mais pour éviter tout stress, l’ambiance est grande et les supporters sont de plus en plus bouillants et encore plus lorsque Arda Turan fait son entrée sur le terrain. Le turc est copieusement sifflé à chaque ballon touché.
 
Une fin de match folle
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Le bloc de l’Atlético est bien en place, coulisse bien. Chaque joueur est présent dans les duels et est prêt à se sacrifier pour venir en aide à ses coéquipiers. Au duel avec Sergi Roberto, entré en début de deuxième période, Filipe Luis récupère la balle et s’embarque dans une chevauchée folle pour obtenir un penalty. Antoine Griezmann le transforme et l’ambiance est encore plus folle que que lors du premier but. Tout le stade sait que ce but est synonyme de qualification. Mais c’était sans compter ces 5 minutes de temps additionnel et ce coup franc (penalty) pour Messi. Le Calderón retient son souffle et… le ballon s’envole dans les filets au dessus de la cage de Jan Oblak. L’ambiance peut repartir de plus belle, et ce, jusqu’à une ébullition totale au coup de sifflet final. Joueurs, supporters, ramasseurs de balle, membres du staff… Tout le monde se saute dans les bras. C’est une folie. Le Calderón chante ses héros. On se croirait revenu deux ans en arrière. 20 minutes après le match, le stade est encore quasi plein à craquer. On attend tous un retour des joueurs sur la pelouse, personne ne bouge tant qu’ils ne ressortent pas alors on continue les chants. Comme à leur habitude, ils ressortent en claquettes, avec leur smartphone, pour immortaliser le moment. Un vrai moment de communion.
Cette soirée restera inoubliable pour le match livré par les guerriers, techniciens, tacticiens colchoneros (et non bouchers monsieur Pierre Ménès), pour l’ambiance des les tribunes du Vicente Calderón et pour ce club qui respire et vit le football.
¡Aúpa Atleti!