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Dans notre sport, certains joueurs sortent du lot, ils dépassent leurs semblables, ils marquent l’histoire. C’est ce que Robert Lewandowski s’emploie à faire, à chaque fois lorsqu’il est sur son grand rectangle vert. Le grand polonais n’en fini plus d’étaler son talent aux yeux du monde. Toutes les équipes, ou presque toutes, qu’il croise sur son chemin finissent sur son tableau de chasse. Avec de la grâce, de la puissance et surtout une précision digne d’un sniper l’avant centre polonais parvient à mettre à terre ses adversaires avec une certaine facilité. Cet homme est une machine, un neuf d’exception, qui est à l’heure d’aujourd’hui parmi les meilleurs. Si ce n’est le meilleur.

Voilà maintenant cinq années que Lewy s’amuse avec les défenses d’Allemagne, mais aussi d’Europe. Son sens du but lui permet de faire basculer la moindre rencontre. Dans les airs ou au sol, il parvient toujours à trouver l’espace nécessaire pour faire trembler les filets. Son jeu de tête est hors-norme, d’un coup de tête puissant il propulse le ballon au fond des filets. Un centre, un corner, un coup-franc, tout y passe. Le joueur athlétique qu’il est, s’impose dans les airs avec aisance, il n’a pas besoin de forcer son talent. Tout se fait naturellement. D’autant plus qu’il se détache du marquage de son défenseur sans encombre, il est au dessus physiquement, il est tout aussi irrésistible qu’insaisissable. Il saute plus haut, se place mieux, se déplace mieux. Cette homme est génie du ballon rond comme il en existe peu. Son sens du but d’exception fait désormais de lui l’un des plus grands spécialistes de son poste du XXIe siècle.

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Mais n’y a-t-il pas d’autres choses que le numéro neuf polonais ne fait pas mieux que les autres ? La réponse est bien évidemment oui. L’attaquant est un finisseur hors-pair. Le moindre ballon qui arrive dans ses pieds ou à un endroit qui lui est accessible se transforme en but. L’homme ne tremble pas. Il est froid, sans pitié. La soif de marquer encore et encore se lit sur son visage lorsqu’il met un pied sur le terrain puis dans la surface de réparation. Ce rectangle qui est son air de jeu favori s’est érigé en un véritable champ d’exécution de ses adversaires. D’un contrôle orienté parfaitement réalisé il s’amène le ballon et n’a plus qu’à éteindre le portier qui représente la dernière frontière entre lui et ce qu’il souhaite par dessus tout. Une frappe ras de terre, une reprise de volée, une talonnade ou ce que vous voulez lui suffit pour en venir à ses fins. Le Bayern Munich en a d’ailleurs été l’un de ses victimes (et pas  qu’une seule fois) un soir d’avril 2012, d’un superbe but, qui restera probablement dans l’histoire du fait de son importance dans la course au titre. Sous la tunique jaune, le géant polonais a étalé la totalité de sa palette, rien ne lui a jamais fait peur. Du bout du pied, du genou ou du tibia, proche de poteaux il a surgi et a veillé à ce que le ballon suive la bonne trajectoire. Il a toujours pu faire ce qu’il voulait pour offrir la victoire aux siens, sans le moindre complexe. Même à un coup-franc ne lui fait pas peur, et le Hertha Berlin s’en souvient bien.

Cet homme a d’ailleurs fait frissonner plus d’un défenseur, que se soit sous le maillot borusse, bavarois ou encore polonais. La pitié est un mot qui n’entre pas dans son vocabulaire. Un tueur comme Robert Lewandowski ne peut et n’a pas le droit d’éprouver de la pitié. Et il ne le fait pas de toute manière. Des hommes comme Raphaël Varane, Pepe, Dante, Mats Hummels, Jérôme Boateng, la totalité de la défense d’Hannover à la suite d’un contre incroyable, Sokratis et ainsi de suite ont été relégués au rang d’amateur tant il a été facile pour lui de les duper. Aucun n’est épargné, avec classe, force, et puissance, Lewy surgit à l’instant parfait pour prononcer la sentence. Diego Lopez, Manuel Neuer, Roman Weidenfeller ou encore Diego Benaglio ont eux aussi souffert face à cet athlète hors du commun qui ne doute que très rarement. Une reprise de volé qui se loge dans la lucarne suffit à montrer de quoi il est capable. Lorsqu’il s’approche de la surface, tous les hommes sur le terrain ou dans les tribunes savent ce qu’il va probablement se passer. Car s’il est là, c’est qu’un ballon va finir par arriver puis aller se loger là où il faut. Un ballon, un seul est suffisant. 

Toujours au bord de la perfection, Lewy parvient à bousculer les conventions car même dans une position difficile, il se retourne, d’une agilité sans égale et met fin aux espoirs de l’adversaire. Son jeu dos au but est ce que l’on peut désigner comme une œuvre d’art. Ainsi encore et encore il plonge dans le noir le monde qui l’entoure pendant 90 minutes. Ou seulement 10 comme ça a été le cas, ce soir de septembre face à Wolfsburg, où son entrée à changer le cours de l’histoire. Ces cinq buts représentent parfaitement la hargne, la puissance, l’agilité de l’attaquant mais aussi sa capacité à être toujours au bon endroit au bon moment. Touché dans son orgueil car il débutait, ce jour là, sur le banc, il n’a pas eu besoin de temps pour se venger. Comme possédé il a réalisé l’une des plus grandes prouesses de l’histoire du sport, il est entré dans la légende.  Son instinct a pris le dessus, tout ce qui gravitait autour de lui avait disparu, il ne restait plus que lui et sa cible. Sans que qui que se soit n’ai pu réagir, il a éteint son adversaire comme il aime si bien le faire. Il l’a mis plus bas que terre avec une vitesse fulgurante, sans aucune forme de pitié. 

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Toutefois restreindre Robert Lewandowski à une simple machine à marquer, un homme qui se contente de pousser la balle au fond des filets serait malhonnête. L’altruisme est loin d’être absent chez lui bien que sa soif inextinguible de faire trembler les filets prend parfois le dessus. Mais ici le propos est tout autre car grâce à ses décrochages, à sa clairvoyance, son aisance technique, il est capable de servir ces coéquipiers dans des conditions idéales. Il ouvre des brèches dans les défenses afin de permettre à ses compagnons d’armes de s’engouffrer sans le moindre souci. Il élimine son vis à vis avec des dribbles savamment réalisés. L’homme ne refuse pas l’effort, il ne se contente pas d’attendre que le bloc remonte, il n’attend pas que tout soit fait. Il place une accélération fatale à ceux qui essayent tant bien que mal de former un semblant de résistance. Lewy, s’impose, inlassablement. Qu’il parte du rond central, de sa propre surface ou d’un côté, il arrive dans les 15 derniers mètres. Dans la zone où le moindre mouvement change tout. C’est de cette manière qu’il a formé un magnifique trio avec Marco Reus et Mario Götze puis avec Thomas Müller aujourd’hui. En se mettant au service des hommes qui l’entourent, le grand Robert, ne fait que rendre son jeu plus agréable à regarder tel le gentleman qu’il est en réalité. 

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Désormais, la question ne se pose plus, les doutes ont été balayés. Oui Robert Lewandowski est bien au sommet de son art. Il ne joue plus dans la même cours. Et cette domination n’est pas prête de prendre fin. Et cet été il faudra garder un œil sur lui, car la Pologne sera là. Et la flamme qui habite le bel homme ne fera que grossir tant il aura envie de porter le plus haut possible sa patrie. Cet été son cœur et son esprit vont être uniquement habités par cet Euro, où les rouges et blancs ont atterri en grande partie grâce à lui. Les défenses devront donc se méfier de lui, faire tout ce qui est en leur possible pour arrêter ce géant si difficile à freiner aujourd’hui. Ils devront s’employer à arrêter un homme qui bouscule tout sur son passage. Un homme, qui est désormais, l’un des derniers véritables spécialistes de son poste. Un homme qui ne vient probablement pas de la même planète que le commun des mortels.