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Depuis leur arrivée il y a maintenant 5 ans, les dirigeants parisiens ne cesse de marteler leur désormais légendaire slogan « Dream bigger ». Effectivement, le club parisien a rêvé plus grand, le temps de quelques instants. De Leonardo à Ancelotti en passant par des stars comme Zlatan Ibrahimovic et David Beckham, le club parisien a été une énorme attraction. Et maintenant ? L’objectif annoncé par les Qataris lors de leur arrivée, à savoir remporter la Ligue des Champions, est-il toujours vraiment d’actualité ?

Laurent Blanc et Olivier Letang au contrôle

 

(Photo credit should read FRANCK FIFE/AFP/Getty Images)
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« T’as une formule 1, mais t’as le syndrome de la charrette »

 

Aujourd’hui encore, il est difficile d’accepter le fait que le PSG soit passé d’un duo Carlo Ancelotti-Leonardo à Blanc-Letang. D’autant plus qu’il est inutile de rappeler que les bases du projet « Dream Bigger » ont été posées par le duo latin. Savoir faire, professionnalisme et expérience… Leurs méthodes ont indéniablement contribué à l’essor du PSG en tant que nouveau grand club. Laurent Blanc et Olivier Letang quant à eux, souffrent de la comparaison. Pas la même aura, pas les mêmes faits d’armes. Et pourtant… Le PSG est aujourd’hui entre leurs mains. Coté recrutement, le club parisien fait face à de véritables catastrophes depuis le départ de Leonardo. Des transferts incompréhensibles comme ceux de Cabaye et Stambouli n’entrant pas dans la supposée « philosophie » de Laurent Blanc ou encore des transferts inutiles et surpayés comme David Luiz.

Coté terrain, le PSG écrase tout sur le plan national. Un PSG trop fort ou une Ligue 1 trop faible ? Sans doute un peu des deux. Au vu de l’énorme gouffre existant entre le club de la capitale et les autres, le PSG n’est jamais inquiété. Cette année le PSG a battu d’innombrables records, une domination sans partage, à en devenir presque ridicule. Difficile de juger vraiment ce PSG dans un championnat devenu aussi faible… C’est donc sur le plan européen que doivent être jugés les joueurs et les dirigeants parisiens. L’ajout de Di Maria et son glorieux passif en Ligue des champions devait permettre au PSG de passer un cap… Raté. Le PSG n’évolue pas, on peut même se demander s’il n’est pas en régression. 4 ans d’affilé que le PSG échoue aux portes des demies finales, et pour la première fois, il échoue en étant favori de la double confrontation. Trois saisons plus tôt, il sortait avec les honneurs face au FC Barcelone grâce à un match mémorable au Camp Nou (Javier qu’est ce qu’on t’as aimé ce jour là) et à une leçon tactique de Mister Ancelotti.

Contre City c’est l’incompétence de Laurent Blanc (et son fidèle acolyte Jean-Louis Gasset) qui a encore une fois explosé aux yeux de tous. Du fameux 3-5-2 en passant par un fond de jeu et une animation inexistante, c’est toute la « philosophie » de Laurent Blanc qui est remise en cause. Sous pression, Laurent ne sait apporter une réponse tactique à un adversaire. Et lorsqu’il tente quelque chose, c’est souvent un fiasco (France-Espagne 2012, Toulouse-PSG 2014/2015, le 3-5-2 à City). Un énième aveu d’impuissance, celui de trop. Comment quelques blessures peuvent-elles mettre autant à mal un édifice soit disant « si parfait » ? Des blessures qui elles aussi permettent de remettre en question la gestion d’effectif du coach français. Cela fait deux saisons de suite que le PSG arrive en quart de finale avec des joueurs majeurs sur le flanc. Ce n’est sans doute pas une coïncidence. Laurent Blanc réussit également la performance de désavouer lui même ses propres choix. Lors du match retour à City, le PSG se retrouve sans milieu de terrain suite à la blessure de Motta pourtant il décide de ne pas faire entrer Stambouli et lui préfère Marquinhos. Que fait-il dans l’effectif si on ne le fait pas rentrer lorsqu’il n’y a plus de solutions au milieu ? Une gestion humaine plus que discutable.

Côté médias, Blanc est un entraîneur surprotégé, «France 98» oblige… Aucune critique à l’égard du «meilleur entraineur français» bien protégé par ses amis du milieu. Seul Daniel Riolo apporte un regard différent au bilan de l’homme des Cévennes. D’ailleurs, le « Guardiola des Cévennes » ne cesse de se plaindre et a même osé dire que l’on en faisait trop avec la Ligue des Champions. Incroyable pour un coach pourtant venu dans un club où l’objectif est justement de remporter ce trophée. Qu’est-il venu faire à Paris si ce n’est pas son objectif ? À moins que les dirigeants parisiens aient décidé de revoir leurs ambitions à la baisse ? Le but est-il devenu aujourd’hui de dominer sur le plan national et espérer un miracle en Ligue des champions ? Soyons lucides, avec cet entraîneur-là (et accessoirement O. Letang), le PSG s’est installé dans une médiocrité ambiante, une médiocrité à la française et il parait désormais impossible d’imaginer le club décrocher une victoire finale en C1.

Un nouveau cycle ?

 

 (Photo credit should read FRANCK FIFE/AFP/Getty Images)
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Le départ de Zlatan Ibrahimovic marque la fin d’un cycle, le premier de l’ère Qatari. Commencé par Leonardo et Carlo Ancelotti, ce cycle aura permis au PSG de s’installer durablement dans le TOP 8 européen et de devenir un club respecté.

Pour reprendre un célèbre slogan qui nous fait doucement rire, le changement c’est maintenant. L’heure est au renouvellement d’un effectif qui aura amassé des titres sur le plan national mais qui n’aura pas su passer le cap en Europe. Et cette nouvelle ère doit se faire sans Laurent Blanc qui est sans nulle doute, l’un des acteurs majeurs de cet échec.

Toutefois, tout n’est pas noir pour le PSG. Le club parisien peut s’appuyer sur de jeunes joueurs talentueux, potentielles futures références à leur poste comme Verratti et Marquinhos (pour ne citer qu’eux). Ils représentent le PSG de demain. Tout doit  être construit autour de ces deux joueurs pour mettre en place une équipe conquérante et compétitive au plus haut niveau. Le board doit aussi savoir accepter ses échecs (Lucas, Stambouli même David Luiz) et passer à autre chose (par une vente).

Mais quid du recrutement ? Aujourd’hui, les pistes chaudes du mercato parisien sont Lassana Diarra et Alexandre Lacazette. Sans faire injure aux deux joueurs, ce recrutement est encore la preuve de la baisse du niveau d’exigence du club parisien. On ne remplace pas un Zlatan Ibrahimovic par un Alexandre Lacazette à moins de faire plaisir au football français. Le PSG peut et doit viser plus haut, plus fort, si son objectif est réellement de remporter la C1. Ce type de recrutement est une fois de plus la preuve que le club n’est sans doute pas entre de bonnes mains. Ce recrutement franco-français, le choix de garder Laurent Blanc est peut être la nouvelle stratégie des Qataris afin conquérir le cœur jusque là impénétrable des français. La vision à long terme que se vantait d’avoir QSI à son arrivée, semble avoir disparu (N’est-ce pas Carlo Ancelotti ?). Dans de telles conditions, il est difficile d’être confiant pour le club de la capitale. Un club qui semble naviguer à vue, avec à sa tête, quelques incompétents notoires. Le rêve commence à devenir de moins en moins grand..

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  1. Article intéressant et bien pensé. Il est clair que le départ de Léonardo, chassé par une FFF qui ne supporte pas qu’on lui dise ses 4 vérités, a fait du mal au PSG. Son dernier « coup » fut quand même Cavani et même s’ll a quelque peu déçu n’en a pas marqué près de 80 fois en 3 ans.

    Par contre, pour Ancelotti, son départ me reste en travers de la gorge. Le Mister n’avait pas aimé que Nasser lui mettre la pression avant le retour contre Valence. Mais quand on perd contre Sochaux et Reims, quand on propose un jeu franchement terne et que l’on se fait sortir par Evian et St Etienne dans les coupes nationales, on se dit qu’on mérite la soufflante. Sans oublier le titre de 2012 qui nous tendait les bras à la trêve pour se faire doubler par le Montpellier de…Stambouli (et Giroud surtout. Stambouli, c’est pour la blague).

    Oui, Paris écrase la L1 et depuis que Blanc est là, c’est 10 titres de plus. Carlo c’est 1 titre en 18 mois. Et il avait une équipe qui avait de la gueule.

    Pour en revenir au fond de l’article, on a effectivement avec le départ d’Ibra que le PSG rêve moins grand. Il faut attendre la fin du mercato pour voir où l’on en est, mais si les recrues se nomment Lacazette et Diarra, on pourra se sentir frustrés.

    Mais là aussi, soyons honnête : qui pense que Neymar, Messi, Ronaldo ou même Griezmann viendront s’enterrer en France ?

    1. Salut, merci pour ta réponse. Pas trop d’accord sur ton paragraphe sur Carlo qui avec un effectif plus faible que celui de Laurent Blanc a montré des choses beaucoup plus intéressantes en LDC surtout. Par contre il est vrai que l’on a connu des matchs et des périodes difficiles en Ligue 1 mais la aussi c’est quelques chose que je reproche à Nasser. Il n’a pas su être patient, un grand club ça ne se fait pas d’un claquement de doigt. La gestion du cas Carlo par Nasser et par Carlo lui même n’a pas été bonne.
      Ensuite je ne dirais pas que c’est le départ de Zlatan qui fait que l’on rêve moins grand mais plutôt les choix fait comme le duo Laurent Blanc/Letang toujours en place, le niveau d’exigences en baisse sur le recrutement ect..

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