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Le décor planté était loin de ressembler à un conte de fées : Lille, le vieux stade de Villeneuve-d’ascq (ce stade a vraiment accueilli la Ligue des Champions?), un bon 8 degrés Celsius des familles au thermomètre et me voilà embarqué pour suivre, pendant toute la journée du dimanche 15 mai, l’étape nationale de la Danone Nations Cup, pour cette formidable firme internationale qu’est Ultimo Diez. Étape nationale qui verra les jeunes vainqueurs (10-12 ans) enfiler la jolie maille bleu nuit de l’équipe de France pour affronter d’autres bambins pas plus grands issus des quatre coins du monde. L’enjeu de cet évènement était d’autant plus grand que la finale internationale se déroulera en Octobre… sur le sol français pardi!

Après Wembley, l’Arena Corinthians ou encore Santiago Bernabeu, la finale mondiale se déroulera au Stade de France, retour aux sources pour la compétition.

Mais avant cela encore fallait-il déterminer qui, parmi les dix équipes vainqueurs de leur étape régionale respective, allait avoir le privilège de s’appeler Équipe de France lors de cette grande finale mondiale.

Dix équipes, donc, allaient s’affronter envers et contre tout dans l’affreux blizzard Lillois, entouré de grizzlies, léopards et autres rôdeurs de The Walking Dead ayant investi les lieux depuis le départ du LOSC de ce stade (j’exagère à peine). D’abord le LOSC donc, en tant qu’équipe hôte, ainsi que l’AC Arles-Avignon (salam à Camel Meriem), le Sporting Schiltigheim (disqualifié très rapidement pour « appellation trop extravagante »), le FC Bourgoin, le FC Nantes, le Toulouse FC (encore galvanisés par le discours de Dupraz la veille), le Centre de Formation des Footballeurs Parisiens dit CFFP, l’US Torcy, le Stade Brestois 29 et enfin le Montpellier HSC.

La compétition se déroule en un mini championnat de neuf « journées » où chaque équipe allait jouer contre chacune des autres équipes.

Comme dans la plupart des championnats, la victoire vaut trois points, le match nul en vaut un et la défaite n’en apporte aucun. Façon rugby, les équipes qui gagnent par trois buts d’écart se voient attribuer un bonus d’un point. Les quatre premiers se qualifient pour les demi-finales, le premier affrontant le quatrième et le second affrontant le troisième, façon Playoffs NBA.

J’ai eu la chance de suivre tout au long du tournoi une belle équipe de Paillade puisque chacun des blogs présents a pu suivre une équipe. Disons que j’ai misé sur le bon cheval (ou du moins l’un des meilleurs) puisque ma journée a été forte en rebondissements, pour le moins.

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Dès neuf heures Montpellier était donc prêt à l’assaut avec une victoire face à Arles-Avignon par 1 but à 0. Pas le temps de souffler, s’enchaîneront ensuite deux matches : d’abord face au Sporting au nom imprononçable (victoire 1-0) puis au CFFP, futur vainqueur, où le MHSC a été tenu en échec (0-0). Trois matches, trois clean sheets, voilà de quoi bien faire descendre le bol de Nesquik.

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Vient ensuite malheureusement la fin de la série d’invincibilité avec une malheureuse défaite (2-0) face à l’US Torcy, futur finaliste. Beaucoup de regrets pour cette valeureuse équipe qui ne rechignait pas à l’effort (et qui en fournissait plus qu’une bonne partie des équipes de Ligue 1…).

Mais quand on a le mental de l’Atletico de Simeone, les enfants de Montpellier accompagnés par leurs coaches Enzo Donis et Ludovic Margouet, ont su remonter la pente : ils finiront la phase de groupe par cinq victoires, 2-0 lors des quatre matches suivant la défaite, contre Bourgoin, Nantes, Brest et Lille puis une dernière victoire 1-0 contre Toulouse pour s’assurer la troisième place du classement.

Sept victoires, un nul et une défaite pour huit clean sheets en neuf matches, le rapprochement avec l’Atletico est évident. Pourtant ce ne sont pas les occasions qui ont manqué pour les adversaires ! Mais la solidité défensive des jeunes montpelliérains a eu raison des offensives adverses. Dans le rôle de Griezmann s’est parfaitement illustré le jeune Yanis qui a su se montrer réaliste avec les occasions qu’il a eu. Technique, vitesse, dribble, la panoplie est complète et devrait faire fureur encore quelques années… Et pourquoi pas en pro, même si la route est encore longue.

Désillusion

Après une phase de poule encourageante (et par dessus tout maîtrisée), les choses sérieuses commençaient avec cette demie-finale face au CFFP. Plusieurs occasions se sont présentées aux petits qui n’ont malheureusement pas su les concrétiser… ce qui n’a pas été le cas du CFFP qui a fait parler son réalisme devant et son avantage physique impressionnant derrière.

Une défaite cruelle par 2-0 pour Montpellier qui a vu ses espoirs glacés à la porte de la finale… Même si on ne se fait pas de soucis pour ces valeureux jeunes qui ont affiché une motivation sans faille toute la journée. J’ai été impressionné par leur intelligence de jeu et par leur sens du placement, déjà sérieux et appliqué pour leur jeune âge. Et après tout, perdre contre le futur vainqueur, ça atténue un peu la peine, non?

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Blaise Matuidi, venu observer comment on fait pour contrôler un ballon sur moins de 15 mètres

En tout cas c’est le rôle qu’a joué Blaise Matuidi, très disponible pour les enfants, surtout pour les réconforter de leur défaite si cruelle. Le milieu parisien a certainement dû leur dire qu’il n’y a que l’idée de perdre quand ton entraineur invente un 3-5-2 sorti de nulle part que tu peux en vouloir à la terre entière… Enfin ce ne sont que des spéculations.

À la fin de la journée j’étais plus qu’heureux d’avoir pris part à cet évènement Danone qui m’aura donné des souvenirs que je garderai longtemps en tête, peut être autant que les enfants eux mêmes. Surtout pendant que mon Liverpool faisait match nul face à West Bromwich Albion j’étais bien malin d’avoir passé cette journée à Lille.

Félicitations à tous les enfants en tout cas.

Crédits Photo : Espoirs du football