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Deux ans après être passé (à quelques secondes près) à côté de sa première Ligue des champions, l’ Atletico de Madrid a la chance de prendre sa revanche sur son ennemi de toujours, le Real Madrid, son tombeur en 2014. Une chance que l’équipe de Simeone ne laissera pas passer, et voilà pourquoi.

Parce que l’Atletico arrive en position de force

Auteurs d’une saison remarquable, les Colchoneros arrivent à San Siro sans complexe. Après avoir lutté pour le titre jusqu’à l’avant dernière journée (pour finalement terminer troisième), l’Atletico, qui a souvent vécu dans l’ombre du Real, n’a absolument plus rien à envier à son plus grand rival. Mieux : la dernière confrontation entre les deux équipes s’est soldée par une victoire des Rojiblancos au Bernabeu.

L’Atleti possède également des certitudes en Ligue des Champions puisqu’il a dû se défaire du Barça en quarts et du Bayern en demies, pendant que le Real affrontait Wolfsburg et Manchester City. Un tirage diamétralement opposé mais qui a permis aux coéquipiers de Griezmann de montrer l’étendue du potentiel de leur collectif. De quoi arriver en confiance pour le rendez-vous de l’année.

Parce que l’Atletico est meilleur qu’en 2014

Du onze qui avait débuté la finale de 2014, il n’en reste plus que 6. Si Tiago, qui a fait son retour lors du dernier match de championnat ne devrait pas débuter, ce sera le cas pour Juanfran, Godin, Luis Filipe, Gabi et Koke. En deux ans, la base du onze de Simeone n’a donc que très peu bougé. Les joueurs sont habitués à jouer ensemble dans le 4-4-2 de l’Argentin, et les départs de certains cadres ont rapidement été compensés.

Courtois a ainsi été remplacé par Jan Oblak qui a prouvé cette saison qu’il faisait partie des gardiens les plus prometteurs du continent. Le Slovène de 23 ans a fait de ses bois une véritable forteresse, et n’a encaissé que 25 buts en 50 matchs. Antoine Griezmann a également pris la place de Diego Costa. Sous l’impulsion de Simeone, le Français est devenu une véritable machine, et a marqué 32 buts pour son équipe cette saison.

Diego Simeone a également fait de la place aux jeunes. Aux côtés de Godin, El Cholo a su faire confiance à Jose Maria Gimenez pour remplacer Miranda, parti à l’Inter. L’Uruguayen de 21 ans attire aujourd’hui l’intérêt… du Real Madrid. Au milieu, Saúl Niguez a pris une énorme dimension et sa polyvalence plait grandement à Simeone. Enfin, le banc pourrait avoir un rôle important et des joueurs comme Carrasco, Correa ou encore Tiago pourraient apporter le second souffle qui avait manqué aux Colchoneros en 2014.

Parce que Simeone ne va pas jouer en 3-5-2

*renifle* Oula, ça sent fort la testostérone par ici
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Le maitre tacticien des Cévennes, Lolo White, l’a pourtant dit en septembre : « le 4-4-2 est impossible en Ligue des Champions ». Tout porte à croire que celui qui pèse tout de même trois trophées UNFP du meilleur entraineur de Ligue 1 sait ce qu’il dit, lui qui a quatre quarts de finale de C1 à son actif.

Mais il faut croire que Simeone ne savait pas que c’était impossible, alors il l’a fait. Le 4-4-2 est la marque de fabrique de son Atletico. C’est comme cela qu’il avait atteint la finale en 2014 et qu’il l’a atteint cette saison, et c’est comme ça qu’il devrait débuter la rencontre samedi. Il n’est pas impossible cependant qu’il décide de passer en 4-3-3 en cours de match en cas de résultat défavorable, comme cela avait été le cas à l’Allianz Arena en demi-finale. Pas sûr qu’il décide d’aligner un 3-5-2, par contre.

Parce que personne n’a eu besoin de placenta de cheval

Il y a des signes qui ne trompent pas et qui annoncent une mauvaise soirée. La sortie de Diego Costa dès la dixième minute de la finale de 2014 en fut un. Blessé aux ischio-jambiers lors de la « finale » de la Liga une semaine plus tôt face au Barça, Diego Costa avait alors entamé une course contre la montre pour être prêt à temps pour Lisbonne. Il avait alors suivi un traitement à base de placenta de jument pour accélérer sa récupération. Il n’avait finalement tenu que 10 minutes, pénalisant ainsi son équipe en grillant en plus un remplacement qui aurait été bien précieux en prolongations. Egalement touché face au Barça, Arda Turan avait dû déclarer forfait.

Cette saison encore, les blessures n’ont pas épargné les joueurs de l’Atletico, qui n’ont pu aligner leur équipe type que lors de la demi-finale retour face au Bayern. Mais cette fois, les Colchoneros arrivent dans la dernière ligne droite au grand complet. Même Tiago, victime d’une fracture du tibia en début de saison, est de retour. Cholo Simeone a donc toutes ses cartes en main.

Nous devrions en tout cas voir un match extrêmement serré et un affrontement tactique de haut niveau entre Simeone et Zidane, ce dernier ayant su redresser son équipe après le limogeage de Benitez. Les dernières confrontations entre les deux équipes ont tourné à l’avantage de l’Atletico en championnat. Mais en Ligue des Champions, c’est bien le Real qui s’est imposé ces deux dernières années.