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Inconnu du public allemand avant sa signature à Munich l’été dernier, Kingsley Coman s’est fait en quelques mois un nom outre-Rhin en même temps qu’une place dans la rotation de l’effectif du Bayern. Grâce à ses belles performances sur les pelouses de Bundesliga et de Ligue des Champions il a même gagné une place dans le groupe des Bleus pour l’Euro français. Au grand dam des « Benarfistes » certes, mais pour le plus grand plaisir des spectateurs qui découvriront le potentiel d’une pépite du football français.

(FRANCK FIFE/AFP/Getty Images)
(FRANCK FIFE/AFP/Getty Images)

 

Quatre apparitions sous le maillot de l’Équipe de France auront convaincu Didier Deschamps d’emmener le parisien aux origines guadeloupéennes à l’Euro. Sa prestation de haute volée contre la Russie aura grandement contribué à faire pencher la balance en sa faveur au détriment d’un Ben Arfa qui aura tout de même été l’auteur d’une excellente saison de Ligue 1. Il n’en fallait pas plus pour lancer un débat à l’échelle nationale où chacun y va de son grain de sel, d’Eric Cantona à Jamel Debbouze. Kingsley Coman n’est jamais directement visé par les partisans de Hatem, mais il est implicitement ciblé lorsqu’une place dans l’effectif est réclamée pour celui qui va quitter l’OGC Nice cet été. Pourtant, Coman dispose de toutes les qualités pour justifier sa convocation dans les 23 français.

Rapide au point où ça en devient gênant pour ses adversaires directs, l’ancien du PSG et de la Juve n’est pas non plus embêté avec le ballon et est loin des stéréotypes de joueurs rapides mais peu adroits qui polluent de plus en plus le football européen, particulièrement en Angleterre. Comme il l’avait annoncé lors de son arrivée au Bayern, le « King » est un joueur qui fait des différences. Critiqué un temps en Allemagne pour cette déclaration mal interprétée et donc jugée arrogante, il aura vite mis tout le monde d’accord. Car Coman est un joueur versatile, à l’aise sur l’aile droite dans un rôle d’ailier plus traditionnel mais également sur l’aile gauche en tant qu’ailier inversé. Quel que soit son poste, il fait parler sa vitesse, ses appuis, sa puissance et ses dribbles déroutants pour déstabiliser la défense adverse et créer des espaces pour ses coéquipiers. Il manque certes encore trop souvent de lucidité dans le dernier geste et gagnerait à se précipiter moins dans certaines situations, mais c’est un aspect de son jeu difficilement critiquable chez un jeune de même pas 20 ans. Sa progression sous la tutelle de Pep Guardiola parle d’ailleurs pour lui. Kingsley est un joueur à l’écoute de son entraîneur et au service de son équipe. Un joueur qui ne fait pas de vagues et qui est désireux de sans cesse s’améliorer pour atteindre son objectif : devenir un des meilleurs du monde.

(Photo by Daniel Kopatsch/Getty Images For MAN)
(Photo by Daniel Kopatsch/Getty Images For MAN)

 

Coman a sans aucun doute le potentiel pour devenir une référence à son poste dans les années à venir. Décrié par moments pour son rôle de « simple remplaçant » au Bayern, Coman a pourtant participé à pas moins de 35 rencontres avec le club bavarois, dont huit en Ligue des Champions et seulement sept en tant que joker. Joker ! C’est ainsi qu’il est perçu par une bonne partie de l’opinion publique. Il faut dire que ses qualités correspondent à merveille au rôle. Né avec le vent dans les jambes (copyright Grégoire Margotton), il a le profil idéal pour faire mal en entrée de jeu à des joueurs déjà fatigués par les minutes engrangées sur le rectangle vert. Pourtant, Coman peut être bien plus qu’une simple alternative en sortie de banc pour Didier Deschamps. Habitué au plus haut niveau du football mondial avec le Bayern, il côtoie au jour le jour de grands joueurs et ne cesse d’apprendre à leurs côtés, se positionnant comme le successeur désigné du fameux duo d’ailiers « Robbéry ».

Que ce soit en club ou avec la sélection, le jeune Kingsley a rapidement pris ses marques et montré que ni l’enjeu ni la concurrence ne lui faisaient peur. Cette rude concurrence en attaque chez les Bleus fait qu’il devrait probablement se voir octroyer le rôle de joker de luxe cet été. En effet, les Griezmann, Martial et autres Payet risquent d’avoir la priorité sur le virevoltant ailier au dossard numéro 20. Pour cet Euro du moins. Car si Coman continue de progresser à ce rythme vertigineux, il ne devrait pas tarder à s’imposer comme un élément indiscutable de l’Équipe de France. De quoi définitivement mettre fin aux interrogations sur sa légitimité avec les Bleus.

(Photo by Matthias Hangst/Bongarts/Getty Images)