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Alors que l’Ukraine a ENFIN brisé sa malédiction d’avec les barrages, elle se retrouve dans un groupe accessible, où l’équipe d’Allemagne, championne du monde en titre, fera office de favorite. Entre les polonais de Lewandowski et les Nord-Irlandais, l’Ukraine fait office de 3ème désigné. Pour espérer mieux, il faudra un grand Konoplyanka. Portrait.

À la recherche d’un passé qui aurait pu (dû ?) être plus glorieux. Voilà dans quelles dispositions arrivent en France la nouvelle génération ukrainienne, emmenée par ses figures de Proue : Konoplyanka (FC Séville) et Yarmolenko (Dynamo Kiev), les nouveaux Rebrov et Shevchenko. L’Ukraine, qui essaie de bâtir après de nombreux échecs en barrages (malgré un joli 1/4 de finale à la Coupe du Monde 2006) se repose pour beaucoup sur le talent de ses deux pépites. Si Yarmolenko, bien que courtisé, est toujours au pays, son compatriote a, lui, décidé l’été dernier de passer un cap, prendre ses bagages et s’installer en Andalousie, à Séville (à défaut d’aller à Liverpool, club où il rêvait d’atterrir).

Toi, toi ma belle Andalouse

 

Pour une première saison loin du froid de son Ukraine natale, Yevhen (prononcez le comme vous le sentez) s’est plutôt bien acclimaté à la chaleur andalouse. 7 buts, 6 passes décisives pour une petite cinquantaine de matchs, nous dirons que c’est pas mal. Pas fou, la Liga étant sensiblement plus concurrentielle que l’Ukraine, mais « pas mal » pour une première saison, dans une équipe longtemps décimée pas les blessures, obligée d’effectuer un gros turnover et qui a eu très longtemps et jusqu’au bout dû jouer sur plusieurs tableaux.

 PATRIK STOLLARZ/AFP/Getty Images
PATRIK STOLLARZ/AFP/Getty Images

 

S’il ne s’est pas imposé comme un titulaire en puissance dans sa belle Andalousie, il a pu jouir d’une belle côte de popularité, lui qui est, comme beaucoup dans cette équipe, un enfant de Monchi. Celui qui n’a de cesse de répéter que son objectif est de jouer au Barça n’en finit pourtant pas d’être adulé dans son pays, et pour cause, il est le miroir à l’européenne du football ukrainien, un football qui n’a de cesse de progresser et qui semble toujours autant « méprisé » par les clubs d’Europe occidentale.

Le joyau de la nation

 

On l’a donc compris, si l’Ukraine veut avoir une chance d’atteindre les 1/8èmes de finale, ça passera presque fatalement par de bonnes performances de Yevhen le magnifique. Fer de lance de l’attaque des hommes de Mykhailo Fomenko, c’est dans sa complémentarité d’avec son copain Yarmolenko que Konoplyanka se distingue en sélection. Si tout les joueurs de FUT le connaissent pour sa vitesse, Konoplyanka est en réalité un esthète, doté d’une extraordinaire capacité de changement de rythme et d’une technique des deux pieds bien au dessus de la moyenne des ailiers modernes. Possédant aussi une condition physique irréprochable, ce petit bonhomme d’un mètre soixante seize est un véritable bâton de dynamite. Capable de mettre n’importe quel latéral sur les fesses sur un crochet ou une accélération, l’ukrainien de poche tentera de distiller de nombreux caviars à son collègue Andriy.

 ANATOLII STEPANOV/AFP/Getty Images
ANATOLII STEPANOV/AFP/Getty Images

 

Niveau expérience, le bonhomme est rôdé. Médiatisé très jeune, sous pression dès l’adolescence, Konoplyanka n’a peur de rien ou presque. Son pain noir, il l’a déja mangé, plus jeune, et son expérience internationale joue aujourd’hui en sa faveur. Pour rappel, il était déjà de la campagne ukrainienne de 2012, à domicile, et avait été accrédité d’une bonne compétition sur le flanc gauche de l’attaque ukrainienne, alors emmenée par Dieu Andrei Shevchenko.

Capable du meilleur, sa tendance à vouloir trop porter le ballon et à se la jouer soliste peut parfois agacer. Son statut d’indéboulonnable, de maître à jouer et à faire jouer, cette pression qui s’accumule sur ses épaules, tous ces éléments se retourneront-ils contre lui et annihileront-ils son explosivité et sa créativité ?

Celui qui a longtemps hésité entre le karaté et le football voit dans cet Euro, une formidable vitrine pour enclencher une deuxième saison en Liga de la meilleure des manières. Et d’entrer un peu plus dans le cœur de ses supporters et dans la légende de ce tout jeune pays de football …

Crédits photos : Laurence Griffiths/Getty Images