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À l’aube de cette grande compétition qu’est l’Euro 2016, beaucoup de questions traversent les esprits des passionnés de football. Mais une seule phrase revient toujours en boucle : « Qui va faire trembler l’Euro » ? Quel joueur va nous faire rêver pendant un mois ? Quel joueur sera capable, sur une action, de faire lever une foule hétérogène, dont tous les supporters, amis ou ennemis, pourront se dire : « J’y étais, le jour où il l’a fait.. » ?

Ce jour là, sera peut-être un jour de finale, comme il pourra être un match lambda, car le principal n’est pas là. Le plus important, c’est que cette rencontre restera à jamais dans la mémoire collective, grâce à un seul homme, portant le nom de « héros ». Et justement, un homme semble avoir le profil recherché par le monde du football, « notre monde », du côté portugais. Nom : Eduardo. Prénom : Joao. Plus connu en Europe sous le nom de Joao Mario, sous la tunique blanche et verte du Sporting.

La concurrence ? Une boisson dont il connaît la saveur

(Photo by Carlos Rodrigues/Getty Images)
(Photo by Carlos Rodrigues/Getty Images)

 

Dans un milieu de terrain composé de joueurs de la trempe de Joao Moutinho, Renato Sanches ou encore Andre Gomes, il a su accélérer dans sa progression, et élever son niveau de jeu au cours de la saison, pour intégrer le onze de départ de l’équipe nationale. En club comme en sélection, il est maintenant un pilier, malgré son jeune âge, lui qui n’a que 23 ans. Pour preuve, il en est à 3,567 minutes jouées et 45 matchs sur cette seule année. Il semble faire partie des meubles, alors qu’il était encore méconnu du football circus il y a quelques mois. Mais de quoi est fait ce joueur ? Comment en est-il arrivé là aujourd’hui ? Quels sont les fondements de son jeu ? Zoom sur un talent atypique, qui pourrait bien éblouir la France de son talent.

1,79 m de pur plaisir

 (Photo credit should read JOSE MANUEL RIBEIRO/AFP/Getty Images)
(Photo credit should read JOSE MANUEL RIBEIRO/AFP/Getty Images)

 

Si nous devions lister toutes les compétences acquises par ce jeune joueur, il faudrait énormément de temps et d’attention. Car même si, comme tout jeune, il est un diamant brut à peaufiner, il possède un talent fou. De la technique à la frappe, en passant par la passe, il est doté de toutes les qualités qui font le milieu hybride contemporain.

Mais reprenons les, une par une. La technique, tout d’abord. Pour apprécier les dribbles de ce joueur que l’on croit si loin, il ne faut finalement pas grand-chose. Juste un peu de temps, et d’envie bien sûr. Direction l’ordinateur, et Youtube, une mine d’or pour apprécier ses skills et autres fantaisies. D’un coup du sombrero et d’un petit pont contre Leverkusen, il a montré l’insolence dont il pouvait faire preuve dans les vingt derniers mètres adverses. La frappe, ensuite. Là aussi, il est possible de l’admirer sur internet, mais les chiffres l’illustreront davantage. Championnat et coupes confondus, il en est à sept buts cette saison, avant d’entamer l’Euro avec son pays de cœur. La dernière facette de son jeu, est sa vista : cette passe qui, à elle seule, pourra briser une défense et créer le décalage : il la sent et il l’exécute. Comme ce centre, qu’il dépose sur la tête de CR7 face à la Belgique, amenant le but du natif de Madère. Avec le Sporting de Jorge Jesus, qui semble l’avoir radicalement transformé, il en est à douze passes décisives sur l’ensemble des rencontres, dont onze en Liga NOS.

L’agressivité : le défaut de tout esthète qui se respecte

 (Photo credit should read PATRICIA DE MELO MOREIRA/AFP/Getty Images)
(Photo credit should read PATRICIA DE MELO MOREIRA/AFP/Getty Images)

 

C’est le seul reproche valable qui pourrait sortir de la bouche de ces observateurs : son agressivité sur un terrain. Toujours à l’initiative pour monter une attaque, ou l’orchestrer, il est en revanche moins friand des tâches défensives et préfère les éviter lorsqu’il en a l’opportunité. Aux antipodes d’un William Carvalho, son coéquipier en club, qui lui, prend place juste devant la défense pour annihiler les vagues adverses. Un défaut largement rattrapé par sa polyvalence, véritable identité de son jeu. Milieu hybride, il peut jouer légèrement reculé dans l’axe, comme avancé sur le côté droit. C’est ce qui fait sa force et son utilité auprès d’un entraîneur. Car il offre de nombreux placements différents, et des opportunités divergentes dans tous les dispositifs qui pourront lui être proposés.

Incontestablement, pour toutes ces raisons, et au vu des garanties qu’il a offerte sur son jeu, Joao Mario ne sera pas un joueur parmi les autres dans cet Euro. Il sera celui qui montrera la voie à son équipe. Ou au moins celui qui aidera Fernando Santos et tout un peuple, à atteindre l’objectif fixé, le rêve auquel ils veulent tous se raccrocher : remporter l’édition 2016 !

(Photo credits PATRIK STOLLARZ/AFP/Getty Images)