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Si les yeux se tournent naturellement vers les Andres Iniesta et autres Sergio Busquets lorsque l’on évoque la sélection espagnole, Koke aura pourtant également un rôle important à juin cet été en France. Portrait du colchonero.

L’Atlético dans le sang

Pur madrilène, le milieu de terrain débarque à l’Atlético à seulement 8 ans. Il y fera toutes ses classes, en étant considéré comme l’un des plus grands espoirs du club. Il y débute en pro en 2009, alors qu’il n’a que 17 ans. Seize ans plus tard, il est devenu l’un des cadres de l’équipe finaliste de la Ligue des Champions. Entre temps, Jorge Resurrección Merodio (c’est vrai qu’il vaut mieux l’appeler Koke quand même) a bien grandi.

Pur produit du centre de formation, le milieu représente l’ADN du club : humilité, sens du collectif et du sacrifice… Son bagage physique lui permet ainsi d’enchainer les matchs tout en mettant l’intensité nécessaire au système de jeu mis en place par Simeone. Cette saison, il a par exemple été le joueur qui a le plus couru en Ligue des Champions en moyenne, avec 12,8km parcours par match.

Utilisé aussi bien sur un côté dans le 4-4-2 de Simeone ou milieu relayeur dans un 4-3-3 sans que ses performances n’en soient affectées, le droitier possède également une palette technique très variée, qui font de lui un joueur ultra complet : c’est en général lui qui officie comme meneur de jeu quand l’Atleti a le ballon. Sa vision de jeu et sa qualité de passe font donc de lui un redoutable passeur. Il a ainsi terminé troisième meilleur passeur de Liga cette saison avec 14 passes, auxquelles il a ajouté 5 buts.

Koke vit aujourd’hui un rêve éveillé dans son club de cœur, avec lequel il a pratiquement tout gagné ces dernières saisons. L’histoire d’amour est pourtant encore loin d’être terminée puisque le joueur a récemment déclaré qu’il ne voyait aucune raison de partir. Son destin au club semble déjà tout tracé… et il passera sans doute un jour par le brassard de capitaine.

Xavi en a fait son remplaçant

Koke et la Roja, c’est une histoire qui dure depuis déjà plusieurs années. Habitué des sélections de jeunes, il a finalement débuté avec les A en 2013, avant de s’imposer définitivement lors de la coupe du monde 2014. Il a d’abord profité de l’élimination rapide des Espagnols pour obtenir du temps de jeu au Brésil, avant que les retraites internationales de Xavi et Xabi Alonso notamment ne permettent au milieu de l’Atlético de consolider sa place au sein du groupe espagnol. L’ex-Barcelonais l’avait alors encensé, le désignant comme son remplaçant en sélection.

Au Brésil, il a d’abord pris place comme relayeur dans le 4-3-3 de Del Bosque. Son profil étant bien différent des plaques tournantes qu’étaient Xavi et Xabi Alonso, il a fallu pour le milieu colchonero s’adapter à un style de jeu qui n’est pas le sien en club, même si lui, affirme posséder les deux cultures de jeu. Del Bosque voit en lui un complément parfait à Busquets et c’est à ses côtés qu’il a pratiquement toujours été aligné l’année qui a suivi le mondial. Mais depuis un an il peine à retrouver un poste de titulaire avec la sélection, Vincent Dubois lui préférant généralement Fabregas.

Lors de l’Euro, la Roja devrait selon toute vraisemblance de nouveau évoluer en 4-3-3. Auteur d’une bonne préparation, Nolito se démarque sur l’aile gauche. Au milieu de terrain, Busquets et Iniesta seront indiscutables. Koke se disputera alors la dernière place de titulaire au poste de relayeur avec Thiago et Fabregas. Sa fin de saison avec l’Atlético de Madrid pourrait parler pour lui. Il aura alors à cœur d’effacer le goût amer de cette défaite aux tirs-au-but en finale de la Ligue des Champions. Après avoir pratiquement tout gagné en club et chez les jeunes, il est temps pour Koke de débloquer son palmarès en sélection pour permettre à l’équipe d’Espagne de conserver son titre une nouvelle fois.

(Photo by Clive Mason/Getty Images)