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Que la France se prépare, la marée verte (celle de nobles irlandais, pas celle avec les perruques de 76) va envahir la France, tout comme elle avait envahi la Pologne (lol tu l’as ?) et l’Ukraine lors de la dernière édition. L’Irlande va jouer son deuxième Euro de suite et s’apprête à émerveiller nos tribunes certes, mais qu’en est il de son équipe ? Oui cet article va vous forcer à vous intéresser aux joueurs de l’équipe nationale irlandaise.

Les 23 guerriers :

Gardiens: Shay Given (Stoke/ANG), Darren Randolph (West Ham/ANG), Keiren Westwood (Sheffield Wednesday/ANG/D2)

Défenseurs: Seamus Coleman (Everton/ANG), Cyrus Christie (Derby County/ANG/D2), Ciaran Clark (Aston Villa/ANG), Richard Keogh (Derby County/ANG/D2), John O’Shea (Sunderland/ANG), Shane Duffy (Blackburn/ANG/D2), Stephen Ward (Burnley/ANG/D2), Robbie Brady (Norwich/ANG)

Milieux: Aiden McGeady (Sheffield Wednesday/ANG/D2), James McClean (West Bromwich Albion/ANG), Glenn Whelan (Stoke/ANG), James McCarthy (Everton/ANG), Jeff Hendrick (Derby County/ANG/D2), David Meyler (Hull/ANG/D2), Stephen Quinn (Reading/ANG/D2), Wes Hoolahan (Norwich/ANG), Jonathan Walters (Stoke/ANG)

Attaquants: Robbie Keane (Los Angeles Galaxy/USA), Shane Long (Southampton/ANG), Daryl Murphy (Ipswich/ANG/D2)

Le 11 supposé :

L’équipe de l’actif Martin O’Neil devrait s’articuler autour d’un 4-3-2-1 / 4-4-1-1 arborant deux lignes de 4 compactes en phase défensive et un électron libre derrière l’attaquant en la personne de Hoolahan, l’âme créatrice (la seule…).

Randolph

Coleman, O’Shea, Keogh/Clark, Brady

McCarthy, Hendrick

Walters, Hoolahan, McClean

Long

En terme de style de jeu, ne vous attendez pas à voir une philosophie de jeu révolutionnaire du côté de la « green army », le style de l’équipe reste très défensif et l’équipe est essentiellement disciplinée.  Offensivement l’Irlande use de longs ballons vers Walters et Long et essayera d’utiliser les courses de ce dernier en contre attaque. Les joueurs ayant le plus le potentiel pour créer du jeu dans cette équipe seront issus de Norwich : la doublette Hoolahan – Brady. Deux gauchers de qualité, capables d’amener une touche technique. Le premier en tant que meneur de jeu derrière Long, possède une belle technique couplée à une bonne vision du jeu malheureusement ternies par une condition physique douteuse. S’il est au niveau pendant l’Euro, l’Irlande pourra être dangereuse. Son coéquipier Brady est lui arrière gauche et pourtant une des plus importantes armes offensives de cette équipe. Très offensif, le produit de Manchester dédoublera souvent, pouvant compter sur la débauche d’énergie de McClean pour le couvrir défensivement.

Si ces deux joueurs pourraient nous sauver d’une équipe très austère offensivement, il faut également citer Coleman, le polyvalent latéral d’Everton est vu comme le joueur le plus côté de cette équipe, énorme coffre, solide défensivement et propre techniquement, les suiveurs de Premier League le connaissant déjà, les autres découvriront.

Meilleure performance à l’Euro :

L’Irlande a fait un quart de finale en 1964. Oui, mais c’était une phase éliminatoire un peu spéciale permettant de décider des qualifiés pour la phase finale de l’Euro qui se joue à partir des demies, donc techniquement ils n’étaient même pas qualifié à la phase finale d’un Euro remporté par l’Espagne, qui avait éliminé l’Irlande en quart sur le score cumulé de 7-1 aller/retour.

Sinon c’est deux participations aux phases de poule en 1988 et 2012 sans saveur. Donc on dira que leur meilleure performance à l’Euro c’est lors de l’Euro 2012 en Pologne où leurs fans chantaient « The Fields of Athenry » face à l’Espagne alors que leur sélection perd 4-0.

(Photo by Charles McQuillan/Getty Images)
(Photo by Charles McQuillan/Getty Images)

Le parcours en qualifications :

Dans un groupe constitué du champion du monde allemand comme favori et de la Pologne en outsider, l’Irlande faisait office de 3ème force potentielle avec leurs amis écossais juste derrière. Le classement final aura bien respecté cette hiérarchie. 3 points derrière la Pologne 2ème mais 3 également devant l’Ecosse, cette 3ème place permettra aux Greens d’arracher les barrages.

Le match fondateur :

Au cours de cette phase de qualifications, l’Irlande battra deux fois la Géorgie et Gibraltar, faisant le travail face aux équipes faibles du groupe. Néanmoins elle ne prendra qu’un point lors des deux « derbies » face à l’Ecosse et un seul face à la Pologne, ce qui aurait pu être rédhibitoire pour la place de barragiste.

L’Irlande devra son salut à une double confrontation parfaite face à l’Allemagne. Arrachant un nul miraculeux à la 93ème à l’aller par John O’Shea, l’Irlande était dans une situation bien compliquée en devant enchaîner l’Allemagne puis un déplacement en Pologne à la dernière journée. Dans un match archi dominé par les Allemands, Shane Long va réussir à marquer un but symbolisant le jeu irlandais à 20 minutes de la fin, sur un long dégagement il va griller la politesse à la défense allemande pour inscrire un but victorieux qui plonge le stade dans une hystérie proche de celle du Parc OL, merveilleux outil. Ce but permettra de sécuriser la 3ème place avant d’aller perdre en Pologne alors que la 2ème était encore jouable. Mais ce que ce match symbolise avant tout, c’est la capacité de cette équipe irlandaise à se sublimer lors des gros matchs, face à des grosses équipes devant jouer face à eux.

(Photo by Alexander Hassenstein/Bongarts/Getty Images)
(Photo by Alexander Hassenstein/Bongarts/Getty Images)

L’obstacle Bosniaque en barrages :

Fort de sa victoire face à l’Allemagne, l’Irlande aborde le barrage sûre de sa valeur mais en tant qu’outsider face à une équipe de Bosnie de meilleure qualité emmené par le petit Mozart, Miralem Pjanic. La physionomie des deux matchs ressemblera à ce que l’Irlande a fait en qualifications et qu’elle sait faire : de la défense à outrance, beaucoup de solidarité et une abnégation pour mener chaque attaque au bout. Après avoir défendu tout au long du match aller, l’Irlande ouvre le score à la 82ème en Bosnie en pensant avoir fait le plus dur, mais se fait rejoindre par Edin Dzeko trois minutes plus tard. Le match est marqué par des échanges d’écharpes entre les supporters irlandais et bosniaques, témoignant de la qualité des supporters que la France va accueillir cet été. En position favorable pour poser le bus au match retour à la maison, l’Irlande va laisser le ballon à la Bosnie et utiliser la fébrilité défensive de leurs adversaires pour inscrire deux buts par l’intermédiaire du bon vieux Walters… L’homme pouvant jouer à tous les postes de la même manière car il n’a pas vraiment de qualités, Stoke City Football Academy mate. 2-0, score final, on remballe le stand à saucisses et on réserve les vols pour le pays du merveilleux Jean-Michel Aulas cet été.

 (Photo by Charles McQuillan/Getty Images)
(Photo by Charles McQuillan/Getty Images)

Attentes et pronostics

C’est ainsi que cette formidable équipe d’escrocs buveurs de bières va jouer l’Euro dans notre pays cet été. Mais attention, si les fans n’ont aucune attente de résultat particulière, leur équipe peut se mettre en mode « gros match » face à l’Italie ou la Belgique et créer une surprise, voire arracher une 3éme place qualificative pour les huitièmes de finale. Même s’il faudrait clairement qu’ils soient en réussite totale. Donc ce qu’on attend de l’Irlande cet été, c’est une marée de supporters, de la bière, des tacles, des chants incroyable et pourquoi pas un Shane Long marquant plus de buts que le numéro 9 de l’équipe de France.