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Trois équipes espagnoles en finale des deux compétitions européennes de club. La domination de la Liga sur le football européen n’est plus à prouver, et c’est sûrement pas Frédéric Hermel qui nous dira le contraire. Mais après un naufrage brésilien impressionnant en 2014, l’heure est à la révolte dans les rangs de l’Equipe d’Espagne. Et quand on a gagné un Euro deux fois d’affilée, on a tendance à penser « Jamais deux sans trois ». Focus sur le pays d’Isco, Saúl et Torres. Qui ne passeront pas leur mois de Juin en France, eux.

Los hombres de Del Bosque :

Gardiens : David De Gea (MU), Iker Casillas (Porto), Sergio Rico (FC Séville)

Défenseurs : Gerard Piqué (FC Barcelone), Sergio Ramos (Real Madrid), Marc Bartra (FC Barcelone), Mikel San José (Athletic Bilbao), Jordi Alba (FC Barcelone), Cesar Azpilicueta (Chelsea), Hector Bellerin (Arsenal), Juanfran (Atlético)

Milieux : Sergio Busquets (FC Barcelone), Andrès Iniesta (FC Barcelone), Cesc Fabregas (Chelsea), David Silva (Manchester City), Thiago Alcantara (Bayern Munich), Pedro (Chelsea), Bruno Soriano (Villarreal), Koke (Atlético), Lucas Vazquez (Real Madrid)

Attaquants : Alvaro Morata (Juventus), Aritz Aduriz (Athletic Bilbao), Nolito (Celta Vigo)

Le 11 supposé :

Casillas

Juanfran – Piqué – Ramos – Jordi Alba

Iniesta – Busquets – Cesc

Silva              –           Nolito

Morata

Du classique pour la Roja. On serait d’ailleurs tenté de dire que le 11 que devrait privilégier Del Bosque est susceptible de manquer de verve, de grinta. Mais certains indéboulonnables sont toujours là, comme Cesc, qui sera sûrement préféré à Koke.

Dans les bois, Casillas s’accroche encore et toujours à sa place malgré un exil pas toujours évident à Porto. De Gea pourra se morfondre sur le banc et disposera du temps nécessaire pour continuer à s’imaginer à quoi aurait ressembler sa saison s’il avait signé au Real en août dernier. La défense s’appuie sur des bases solides et classiques, de quoi faire rêver la Desch’ : Juanfran le maudit de Milan, Piqué le maître de Périscope, Ramos le (… à vous de juger), et Jordi Alba, l’homme le plus détesté du football mondial. Ces quatre là, s’ils se marchent dessus dix mois durant, constituent une des défenses les plus infranchissables d’Europe (normalement).

Au milieu, les clés du jeu seront entre les mains de l’enfant-lune, Andres Iniesta. Après une saison de très haut niveau chez les Blaugranas, le patron sera en charge de distiller les caviars à ses attaquants. Il devrait illuminer l’Euro, comme il l’a fait tout au long de l’exercice 2015-2016 au sein de la meilleure Liga du monde, la Liga española. A ses côtés, son compère du Barça, Sergi Busquets continuera à se faire détester par ses détracteurs et à écœurer les milieux de terrain adverses. David Silva pourra, si le coeur lui en dit, continuer ses âneries, comme ce coup-franc Payetesque inscrit face à la Corée du Sud.

Morata, Mr Clutch, occupera probablement la pointe de l’attaque espagnole. Aritz Aduriz jouera les utilités, après une saison encore une fois stratosphérique à 36 ans (30 buts). Morata a prouvé avec la Juve’ que mettre des ballons au fond d’un but constituait un rafraîchissement indispensable à sa survie, et il pourra compter sur la vitesse de Nolito pour ce faire.

Meilleure(s) performance(s) à l’Euro : 

Pas besoin de présenter l’historique récent des espagnols dans ce qu’ils appellent la « Eurocopa ». Double tenants du titre, ils s’avancent une nouvelle fois comme l’épouvantail de la compétition, malgré un Mondial brésilien raté. Le sacre de 2008 et celui, incontesté de 2012, seront dans tous les esprits au moment de démarrer la compétition. Et la perspective d’un triplé sans précédent devrait suffire à motiver une Roja à la soif de titres, et de revanche, immense.

espagne-euro-2008-1

Le parcours en qualifications :

Dix matchs, neuf victoires, une défaite. C’était en Slovaquie le 9 octobre 2014, la faute à un but de Stoch à la 87ème minute (2-1). Depuis, la Roja a fait un sans-faute, survolant logiquement un groupe à sa portée. Une préparation sans soubresauts, qui a surtout permis à Del Bosque d’affirmer ses certitudes et d’effectuer quelques essais avec les révélations du moment : Nolito, San José ou Aduriz pour ne citer qu’eux.

Attentes et pronostics :

Plus que la liste des 23 en elle-même, c’est celle des joueurs laissés sur le côté par Vincent Dubois qui fait de la Roja un des grands favoris de cet Euro. En figure de proue de ces grands absents, on trouve les prodiges Isco et Saúl. Le premier paye une saison pas à la hauteur des attentes qu’il avait suscitées. Le second devra encore patienter. A 21ans, il aura l’occasion de prendre part aux prochaines aventures de la Selección. Tant d’autres ne sont pas dans les 23, alors qu’ils figureraient probablement dans chacune des listes concurrentes : Torres, Vitolo, Cazorla, Gabi…

roja
Jugez plutôt…

Alors quand on voit ce que les Espagnols peuvent se permettre de laisser sur le côté, difficile d’imaginer autre chose qu’une finale pour eux. Il faudrait cependant ferrailler dur face à des adversaire coriaces, et ce dès les poules. Se farcir des Turcs, des Croates et des Tchèques ressemble à tout sauf à une promenade de santé. Un premier tour qui peut aussi constituer une excellente mise en jambes avant les matchs au couteau qui arriveront en 8èmes ou en quarts.

On préfère cependant avertir les potentiels adversaires des espagnols en finale. Morata est à surveiller. De très près.