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Il aurait été inconcevable, illogique, de ne pas faire un petit tour chez nos amis Portugais lors de nos présentations pour cet Euro. Car avant de se pencher sur ce championnat incroyable, vivier des grands clubs européens, il était obligatoire de suivre l’aventure de cette sélection en plein renouveau pendant un mois. Comme le disait Paul Eluard, « un rêve sans étoiles est un rêve oublié ». Faites donc que le notre soit une constellation, pleine de lumière, et que ce rêve reste accroché tout en haut, dans l’histoire du football portugais.

Les qualifications : une banalité

    (Photo credit should read FRANCISCO LEONG/AFP/Getty Images)
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Confrontée aux petites nations du football actuel que sont l’Albanie, la Serbie, le Danemark et l’Arménie, l’équipe de Renato Sanches a survolé le groupe I avec une toute petite défaite 1-0 contre l’Albanie, dans un match sans enjeu pour eux. Le reste, des victoires avec un but d’écart, sous les conseils de Leonardo Jardim. Les voilà qualifiés pour l’Euro 2016, pas vraiment une grande surprise donc.

Le groupe F : l’hors-d’œuvre avant les maux de ventre

Dans une phase de poules où ils affronteront l’Islande, puis l’Autriche, et la Hongrie à Lyon pour finir, la qualification en pôle position ne devrait pas poser d’énormes soucis. La première équipe, révélation des qualifications, est peut-être la seule à pouvoir réellement les contrarier. Le reste, une simple balade de santé en théorie, un peu comme Paris contre Manchester City…

Les huitièmes : la belle ou la bête ?

        (Photo credit should read PATRICIA DE MELO MOREIRA/AFP/Getty Images)
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Deux possibilités attendent cette équipe du Portugal, si elle parvient à atteindre la tant convoitée première place du groupe. La première est difficile, la seconde encore plus. Mais que choisir entre une équipe italienne amputée de ces talents mais toujours présente au haut niveau. Et une équipe belge qui empile les talents et les maîtrise à merveille, à la manière d’une symphonie de Schubert qui ferait lever la salle Pleyel dans une nuit d’hiver.

Mais après tant de superlatifs pour qualifier ses adversaires, cette équipe a-t-elle encore ses chances ? Pendant des années dans l’ombre de son voisin espagnol, le pays n’attend qu’une chose de son messie, ou plutôt de son Ronaldo : qu’il se mette au niveau de son homonyme brésilien, et fasse gagner des titres internationaux à sa patrie. Alors pourquoi ne pas créer LA sensation du tournoi ? Car après une campagne totalement ratée au dernier mondial, ils doivent bien cela à leur pays. Une revanche, non. « Il n’y a pas de revanches, il n’y a que des nouvelles opportunités » comme le dit notre maître à tous, Cholo Simeone. Il ne faut donc pas vouloir à tout prix chasser les vieux fantômes, mais seulement profiter de cette nouvelle aventure pour prouver que ce petit pays, qui a donné naissance à Luis Figo et CR7, n’est pas que l’ami que l’on invite pour remplir le vide. Parce qu’à force de tout faire pour éviter les mauvaises surprises, on finit par rater les bonnes, aussi. Alors au lieu de tout faire pour ne pas se ridiculiser devant le monde du foot, pourquoi ne pas se mettre à nu, et tenter pour une fois de jouer, de profiter, de donner de la joie, de donner un sens à ce sport.

Fraîcheur et expérience : le mélange parfait

    (Photo credit should read PATRICIA DE MELO MOREIRA/AFP/Getty Images)
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Pour sa liste des 23, Fernando Santos avait dû composer avec les absents, tout en gardant une équipe compétitive. Pour ceux qui resteront tranquillement à la maison avec les enfants ou avec leur copine, les monégasques Bernardo Silva et Fabio Coentrao. Les deux autres sont Danny et Tiago, eux qui auraient pu apporter leur expérience des joutes européennes. Maintenant, parlons des cracks, de ceux qui vont se révéler pour de bon, de ceux qui vont faire cauchemarder les analystes adverses.

Dans les buts, le jeune lyonnais Lopes, pourrait bien doubler son aîné Rui Patricio pour garder les remparts lusitaniens.

En défense, le jeune Guerreiro, lui aussi issu de Ligue 1, pourrait profiter de l’absence de Coentrao pour prendre une nouvelle dimension sur le plan européen.

Au milieu, beaucoup de talents bruts, pour peu de places : Renato Sanches, William Carvalho, Joao Mario, Adrien, Danilo, Andre Gomes. Ils ont tous un ticket pour un club du très contesté « Top 5 » à composter. Pour finir, le joueur le plus sous-côté de l’effectif. Mais un artiste exceptionnel. Le grand Picasso a un jour dit : « Dans chaque enfant, il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant ».

Rafa Silva a résolu ce problème depuis longtemps. Joueur libre de toutes pressions, de toutes contraintes, il n’est jamais passé par un centre de formation et a fait ses gammes en deuxième division portugaise. Il tape rapidement dans l’œil des grosses écuries, et signe à Braga il y a un an. Cette saison, il humilie par exemple le triste OM en Europa League avec ses dribbles insolents. Dans le viseur de Porto et Benfica, il est même observé par des cadors du vieux continent. Alors si un joueur doit éclabousser l’Euro de son talent dans cette équipe, j’espère que ce sera lui. Il ne débutera certainement pas titulaire, mais pour son style, son histoire et son jeu. Pour ses skills et ses feintes de corps. Pour sa classe et son aura. Viva Rafa Silva !

Liste des 23 :

Gardiens : Anthony Lopes (Lyon), Eduardo (Dínamo Zagreb), Rui Patrício (Sporting).

Défenseurs : Bruno Alves (Fenerbahçe), Cédric (Southampton), Eliseu (Benfica), José Fonte (Southampton), Pepe (Real Madrid), Raphael Guerreiro (Lorient), Ricardo Carvalho (Monaco), Vieirinha (Wolfsburg).

Milieux : Adrien (Sporting), André Gomes (Valencia), Danilo Pereira (FC Porto), João Mário (Sporting), João Moutinho (Mónaco), Renato Sanches (Benfica) William Carvalho (Sporting).

Attaquants : Cristiano Ronaldo (Real Madrid), Éder (Lille OSC), Nani Fenerbahçe), Rafa (Sporting de Braga), Ricardo Quaresma (Beşiktaş).

Groupe F :

Portugal
Islande
Autriche
Hongrie

Il ne reste plus qu’une chose à faire maintenant: rêver, et profiter. Rêver pour cette équipe, pleine de cracks, qui devrait nous faire vibrer. Et profiter, de son jeu, son ambiance, et son parcours. Un parcours que je vous conterai avec toute la passion dont je dispose, dans un mois, à la fin de cet Euro. Un article XXL, qui vous fera revivre l’aventure portugaise de CR7&Co comme si vous y étiez.

(Photo credit should read PATRICIA DE MELO MOREIRA/AFP/Getty Images)