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Alors que les 24 nations de l’Euro 2016 se livrent une lutte acharnée, retour sur les faits marquants de l’édition 2012, qui a vu l’Espagne conserver son titre.

Co-organisé par la Pologne et l’Ukraine, l’Euro 2012 fut le dernier à utiliser la fameuse formule à 16 sélections. Comme tous les quatre ans, la compétition a réservé son lot de surprises, de promesses, et de confirmations.

L’échec hollandais

Finaliste, du mondial 2010, les Pays-Bas figurent parmi les équipes favorites de ce championnat d’Europe, avec l’Espagne et l’Allemagne notamment. Son armada offensive, qui a fait ses preuves en Afrique du Sud, est présente. Le tirage au sort leur offre le fameux « groupe de la mort », aux côtés de l’Allemagne, le Portugal et le Danemark. Un groupe piège mais qui n’a pas de quoi faire peur à la bande d’Arjen Robben.

Pourtant, les Néerlandais se font surprendre dès leur premier match face au Danemark. Pourtant dominateurs, Mark van Bommel et ses coéquipiers sont défaits (0-1) et voient la qualification très compromise avant même d’affronter l’Allemagne. La Mannschaft ne fait aucun cadeau aux Oranje (1-2), qui conservent cependant une dernière chance de se qualifier pour les quarts de finale. Mais là encore, le Portugal s’impose (1-2) et envoie les Hollandais en vacances dans les campings ardéchois. Au final, un bilan bien triste de 3 défaites en autant de matchs, bien loin du niveau d’une équipe vice-championne du monde 2 ans plus tôt. Mais les mauvaises langues pourraient dire que c’est déjà un meilleur bilan qu’en 2016.

La surprise italienne

Au contraire des Pays-Bas, la Squadra Azzurra sort d’une coupe du monde 2010 ratée et débute un cycle avec le nouveau sélectionneur Cesare Prandelli. Après une campagne de qualification sans encombre, l’Italie est frappée, à quelques jours seulement de l’Euro, par une affaire de matchs truqués impliquant de nombreux joueurs et entraineurs de Serie A, et qui secoue la sélection.

Difficile alors d’évaluer les chances italiennes, alors que la Nazionale débute son tournoi face aux tenants du titre espagnols. Probablement encore un peu ballonnés après avoir mangé trop de churros au petit déjeuner, les joueurs de Del Bosque sont tenus en échec par une équipe italienne convaincante (1-1), qui arrachera finalement sa qualification pour les quarts après un nouveau nul contre la Croatie (1-1) et une victoire contre l’Irlande (2-0).

Malgré une nette domination italienne en quart de finale face à l’Angleterre, c’est aux tirs-au-but que se fait la décision (0-0, 4-2 T.A.B). La Squadra se présente alors en demi-finale contre l’Allemagne en qualité d’outsider, et crée la sensation grâce à un doublé de Mario Balotelli (2-1). La finale face à l’Espagne sera ensuite à sens unique (0-4). Mais malgré un Euro réussi, l’Italie échouera de nouveau lors du mondial 2014.

La déception allemande

Depuis 2006, les compétitions se suivent et se ressemblent pour l’Allemagne. Toujours placée, jamais gagnante, la Mannschaft semble maudite : en 2006, c’est l’Italie qui élimine l’Allemagne de son mondial en demi-finale. En 2008 puis 2010, c’est cette fois l’Espagne qui brise le rêve allemand. En 2012, Manuel Neuer et ses collègues font une nouvelle fois parti des grands favoris. Mais encore une fois, l’aventure s’arrêtera trop tôt.

Après un parcours sans faute dans le groupe de la mort, l’Allemagne étrille la Grèce en quart de finale (4-2) et fait forte impression. Pourtant, comme en 2006, les Allemands échouent en demi-finale contre l’Italie (1-2). Une déception qui sera vite oubliée deux ans plus tard avec un succès en coupe du monde.

Le coup de génie tactique de Lolo White

Dans la vie il y a deux sortes d’entraîneurs : ceux qui se contentent de suivre les modes, et ceux qui les inventent. Laurent Blanc, dit Lolo White, est de la trempe de ces génies qui réinventent le football. Et ce 23 juin 2012 est une date marquante dans l’histoire du football. Opposés à l’Espagne en quarts, les Bleus sont condamnés à l’exploit. Pour y arriver, Lolo White invente la désormais célèbre tactique appelée « el doble lateral », avec Mathieu Debuchy en soutien d’Anthony Réveillère sur le côté droit.

Un coaching gagnant : dès la 19e minute, Mat’ Debuchy, dit la Buche, lancé en profondeur par Andres Iniesta, effectue une glissade sur le ventre parfaitement maîtrisée pour laisser Jordi Alba centrer vers Xabi Alonso. En fin de match, c’est Antho’ Réveillère, dit Toto, qui s’illustre en obtenant un pénalty pour une charge du dos de Pedro sur l’épaule du français, permettant le doublé de Xabi Alonso. Preuve de la réussite de la tactique, c’est comme cela que Séville remportera sa 3e Europa League en 2016. Lolo White, lui, continue de réinventer le football pour le plus grand plaisir des supporters.

Eternelle Espagne

Championne d’Europe et du Monde en titre, l’Espagne aborde la compétition dans la peau de l’équipe à faire tomber coûte que coûte. Un statut d’ultra favori difficile à assumer, d’autant que la Roja arrive en Pologne sans David Villa, blessé, un Fernando Torres en panne de confiance, et est donc obligée de faire confiance à Cesc Fabregas en faux 9. Les Espagnols débutent leur Euro par un match nul contre l’Italie (1-1) qui laisse présager quelques doutes sur leur niveau actuel.

Des doutes qui seront rapidement dissipés : si l’Espagne ne brille plus que par intermittence elle fait preuve d’une exceptionnelle maîtrise tactique et n’encaissera plus un but de la compétition. Après deux victoires contre l’Irlande (4-0) et la Croatie (1-0), la Roja balade l’équipe de France en quarts (2-0) et croise le chemin de leurs voisins portugais en demi-finale. Après un match très tendu les joueurs de Del Bosque s’imposent aux tirs-au-but et retrouvent l’Italie en finale. Au terme d’un match fantastique, l’Espagne ne fait qu’une bouchée de l’Italie (4-0) et réalise un triplé historique. L’hégémonie espagnole s’arrêtera brutalement lors de la coupe du monde 2014. Mais cet échec aura été nécessaire afin d’amorcer une transition avec la nouvelle génération qui jouera de nouveau un rôle très important lors de l’Euro 2016.