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Un match, voilà ce qu’il reste au Portugal pour décrocher sa qualification. 90 minutes de pure tension, de pur suspens, où la moindre erreur enverra les lusitaniens en enfer. Mais que faire, que changer, alors que rien n’a concrètement fonctionné jusqu’ici ? En quel Dieu croire, pour que la prophétie se réalise ?

Dans quelques heures, le groupe Portugais sera devant le livre de son histoire, avec deux possibilités: l’ouvrir, prendre la plume, et écrire un nouveau chapitre. Plus intense et plus fort en émotions que les précédents… Ou bien le refermer, pour le brûler et en jeter les cendres.

Un leader naturel qui doit se révolter

(Photo credit should read FRANCISCO LEONG/AFP/Getty Images)
(Photo credit should read FRANCISCO LEONG/AFP/Getty Images)

Annoncé comme le patron offensif de cette formation, Cristiano peine à confirmer et à mener son équipe vers les sommets. La comparaison facile, marque de fabrique des médias sportifs français, serait de le rapprocher de son coéquipier en club, Gareth Bale. Alors que le lusitanien n’a toujours pas marqué, le gallois, de son côté, en a déjà planté trois. Mais ce serait trop facile, trop footix.

Comment expliquer la méforme du natif de Madère ? Comment justifier que, seulement un mois après avoir planté le penalty victorieux contre l’Atleti, il envoie celui de la gagne contre l’Autriche en plein sur le poteau gauche ? Certainement aucune explication, à part peut-être le célèbre adage des buts et du ketchup…
Le plus inquiétant, c’est que CR7 n’est que le catalyseur de l’attaque portugaise. Car derrière lui, c’est bien toute une attaque qui n’est pas performante. Souvent décrié, il n’est pas le seul à manquer de concrétiser tous les espoirs mis en ce groupe au potentiel quasi-infini. Son compère d’attaque, Nani, n’est pas non plus à la hauteur, malgré son but contre l’Islande.
Une chose est sûre : si les hommes de Fernando Santos visent une qualification, ou bien plus dans cet Euro, cela passera indiscutablement par le talent sans limites du madrilène.

De jeunes talents laissés sur le banc

Manque de courage, ou manque de confiance ? Voilà la question que l’on se pose lorsque sort la composition de Fernando Santos, ou quand il effectue ses changements. Renato Sanches, Joao Mario, Rafa Silva… Autant de noms qui semblent inconnus pour monsieur le sélectionneur. Entrés en jeu très tard contre l’Autriche, ils n’ont pas pu débloquer la situation. Certes, le jeu était là, et Fernando Santos pouvait croire que le ballon finirait par faire trembler les filets. Mais maintenant, maintenant que l’équipe est dos au mur, avec deux malheureux points au compteur, pourquoi ne pas tenter un coup ? Pourquoi ne pas changer ? Comme le disait le Dom Juan de Molière : « Tout le plaisir de l’amour est dans le changement ». Si vous aimez votre équipe Mr. Santos, proposez autre chose, et rajeunissez-la. De jeunes pépites, vous en avez, il est donc temps de les utiliser, et d’en faire profiter tout un pays.

Un système qui n’avantage personne

Cela ne date pas d’hier : le Portugal ne possède plus de numéro neuf. Pauleta semble être un lointain souvenir pour un pays qui aligne désormais deux ailiers de formation en haut de son traditionnel 4-4-2.
Pourquoi utiliser un système à deux pointes, alors que le seul à pouvoir réellement y évoluer, s’appelle Eder, et se trouve sur le banc de touche ? Une question qui mériterait également d’être posée au coach portugais.
Un 4-3-3, un 4-2-3-1 ? Des dispositifs qui seraient plus qu’intéressants lorsque l’on connaît le potentiel portugais pour dynamiter les ailes. Rafa Silva, Quaresma, Nani, André Gomes, Joao Mario. Des joueurs qui se prêteraient à merveille à ce type de dispositif. Encore une fois, un changement (ou du moins les prémices de celui-ci) pourrait être bénéfique.

À quelques heures de ce match crucial, le destin de tout un peuple est entre les mains de 23 hommes. 23 hommes qui devront provoquer la chance, jouer avec elle, pour faire retomber la pièce du bon côté. Afin que le lendemain de ce match contre la Hongrie, ils se réveillent en huitièmes de finale, et non dans l’avion du retour à la maison. Afin qu’ils se réveillent pleins de rêves, de certitudes et non pleins de regrets. Afin qu’ils se réveillent en héros de la nation, plutôt qu’en ennemis publics numéro un.