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De retour à l’AS Roma, celui qui évoluait autrefois à Boca aux côtés de son idole Juan Roman Riquelme doit aujourd’hui prouver à Luciano Spalletti qu’il a sa place chez les giallorossi. Si le départ de Pjanic semble ouvrir une porte à l’Argentin, c’est bien lors de la préparation estivale qu’il jouera sa place à Rome. Mais à quel poste ? Sûrement celui de regista.

Le début du périple

  (Photo by Gabriele Maltinti/Getty Images)
(Photo by Gabriele Maltinti/Getty Images)

En Argentine, les supporters de Boca voyaient en lui l’illustre successeur de la légende Riquelme, à tel point que Leandro Paredes s’est vu offrir le surnom de Parediez. Mais malgré un talent incontestable et incontesté, la progression du natif de Buenos Aires se voit ralentie par quelques blessures. Malgré tout, après 28 matchs et 5 buts sous la tunique de Boca, l’Europe s’intéresse au jeune crack et la Roma obtient son prêt durant 18 mois avec une option d’achat aux alentours de 6 millions d’euros. A peine arrivé dans la capitale, Paredes est envoyé au Chievo Verone car le club dirigé par Rudi Garcia à l’époque ne peut pas accueillir un nouvel extra-communautaire en cours de saison. Dans la ville de Roméo et Juliette, l’expérience de Leandro Paredes tourne plus au semestre d’intégration qu’à une aventure footballistique. Au terme du prêt, Leandro Paredes n’aura joué qu’une fois en faveur des hommes d’Eugenio Corini. Ce faible temps de jeu s’explique par quelques soucis physiques mais également parce que le numéro 10 n’entre pas dans les plans de l’entraîneur italien. Au bout de sa première saison en Europe, une question se pose, Parediez a-t-il réellement sa place dans un football européen où les numéros 10 ne jouent jamais à leur place ?

Une saison de frustration

 (Photo by Gabriele Maltinti/Getty Images)
(Photo by Gabriele Maltinti/Getty Images)

De retour dans la ville aux sept collines, Leandro est déterminé à prouver sa valeur. Malgré la confiance que lui accorde le club, l’Argentin ne trouvera pas vraiment sa place, la faute à un milieu indiscutable composé de Radja Nainggolan, Daniele De Rossi et Miralem Pjanic, sur lequel l’équipe de Rudi Garcia base sa force. De plus, la présence de Seydou Keita sur le banc pousse Salih Uçan et Leandro Paredes à se contenter des miettes laissées par les 4 milieux beaucoup plus expérimentés. L’argentin comptabilise 13 matchs et un but, splendide, inscrit face à Cagliari d’une reprise de volée croisée à l’entrée de la surface, à la fin de la saison 2014-2015. Si les performances de Leandro sont finalement plutôt bonnes elles sont sans éclat, Garcia semble lui avoir trouvé un poste provisoire en tant que relayeur dans un 4-3-3. Mais Paredes ne paraît pas encore vraiment épanoui footballistiquement.

Vient le mercato estival. Paredes est prêté au club d’Empoli qui a assuré son maintien grâce à un jeu chatoyant et à un coach atypique aux commandes : Maurizio Sarri. Cependant les Azzurri assistent au départ de Sarri vers le Napoli. Le club a également vu son regista, Mirko Valdifiori, quitter le navire pour le Napoli en compagnie de Maurizio Sarri, et se retrouve donc orphelin du joueur le plus important de son système, le 4-4-2 en losange.

Le grand replacement

 (Photo by Gabriele Maltinti/Getty Images)
(Photo by Gabriele Maltinti/Getty Images)

Dans une équipe composée de jeunes joueurs et pratiquant un jeu très apprécié pour sa verticalité, mais aussi parfois pour ses très belles séquences collectives, Paredes est d’abord relayeur dans le fameux 4-4-2 en losange, au départ instauré par Sarri puis repris par Giampaolo. Celui qui est d’abord chargé de remplacer Mirko Valdifiori se nomme Assane Dioussé, seulement âgé de 17 ans. Si le Sénégalais semble plutôt à l’aise techniquement, sa prise de risque balle aux pieds face au pressing adverse est parfois très dangereuse et le natif de Dakar ne semble pas avoir les épaules pour dépanner en tant que regista tout au long de la saison.

C’est alors que Marco Giampaolo décide enfin d’utiliser le génial argentin dans ce fameux rôle de regista. Et si l’idée peut paraître folle, ce choix s’avère être une grande réussite. Paredes s’illustre par sa capacité à se débarrasser du pressing adverse par sa qualité de dribbles et de feintes de corps mais aussi son impressionnante sérénité dans certaines situations chaudes. Si ses contrôles orientés dos au jeu régalent le public et dégoûtent les joueurs au pressing, ils sont aussi la marque des grandes sentinelles, ces joueurs qui même ayant une pression constante dans le dos préfèrent aller de l’avant plutôt que de se contenter de jouer en retrait. Dans une équipe qui excelle en contre, Paredes devient la pièce maîtresse du système en temps que rampe de lancement pour les joueurs offensifs d’Empoli. Le joueur alterne jeu long et jeu court avec une facilité consternante et casse des lignes avec simplicité. Si il fait désormais parler ses qualités naturelles, Leandro progresse notamment dans le domaine défensif, l’ex numéro 10 n’hésite pas à tacler et à faire parler son agressivité pour gratter quelques ballons et vite relancer vers l’avant.

Si on peut considérer qu’aujourd’hui Leandro Paredes a une carte à jouer à la Roma, c’est notamment parce que Spalletti adore utiliser un meneur de jeu assez bas (Pizarro autrefois, Pjanic depuis son retour) et un gratteur de ballons positionné très haut (Perrotta autrefois, désormais Nainggolan) et si Pjanic était assez à l’aise dans ce rôle, Paredes parait plus taillé pour ce costume que le Bosniaque car il possède désormais de meilleures qualités d’un point de vue défensif.

Celui qui était jadis appelé Parediez ne semble plus pouvoir porter ce nom, l’ex-numéro 10 ressemble désormais davantage à Thiago Motta qu’à son idole de jeunesse Riquelme. Leandro s’est finalement adapté à son époque, celle où les numéro 10 à l’ancienne prennent le rôle du regista moderne. Vamos Pareseis !