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Depuis des mois, il est dans toutes les bouches des Wag des supporters de l’Equipe de France et de son cercle proche. Il est depuis l’éclosion de l’affaire Benzema, la victime collatérale la plus célèbre d’Europe. Héros pour les uns, escrocs pour les autres, le cas Giroud fait débat dans une France du foot qui semble divisée de toutes parts (et ce quelque soit le sujet). Alors, quel est le véritable niveau d’Oliv’ le magnifique ? Quel est sa réelle importance dans le groupe France ? Tentative de réponse.

Une saison en dents de scie

Depuis maintenant presque dix ans, la France se cherche un nouveau tueur à la pointe de son attaque. Personne pour prendre la suite du duo Henry-Trezeguet qui résonnera à jamais dans nos coeurs. Parmi les joueurs qui ont tenté de prendre cette succession se trouve le Gunners. Relativement intéressant par son profil durant la longue tournée amicale de l’Equipe de France, Giroud l’est aussi avec son club d’Arsenal. Il y brille même, avec parcimonie. Mais ces derniers mois, Giroud nous a fait le coup de la panne. Muet et stérile durant une bonne partie de la phase retour de Premier League, notre bon vieux Olivier en a même temporairement perdu sa place de titulaire. De quoi inquiéter à quelques mois d’un Euro à la maison.

 (Photo credit should read IKIMAGES/AFP/Getty Images)
(Photo credit should read IKIMAGES/AFP/Getty Images)

Dans le même temps, de nombreux neuf font des malheurs. Véritable pilier du Real de Zizou, KB9 enchaine perf sur perf, à tel point qu’il se mue, dans son club, comme l’un de tous meilleurs 9 du monde. Dans le même championnat, l’ex paria parisien Kevin Gameiro est dans la forme de sa vie et emmène Séville à la conquête d’une nouvelle Ligue Europa. Grizi, repositionné dans l’axe par Simeone flambe avec l’Atletico …
En France, Alex Lacazette termine fort le championnat et permet à son club d’être le solide dauphin du PSG. Et à l’autre bout du monde, APG, mes que une mascotte, est le symbole de la France qui triomphe en pointe des Tigres. La question se pose alors, Olivier Giroud doit-il faire partie du groupe de Deschamps ?

Cette question, le sélectionneur des Bleus ne se l’est sans doute jamais posé. Installé dans le groupe depuis des années, ne rechignant pas sur son statut de doublure de Benzema, Olivier Giroud a fait ses preuves aux yeux de l’ancien coach de l’OM. Son profil de pivot joue également en sa faveur, Deschamps n’ayant personne dans ce registre. Entouré de petits gabarits, une tour de contrôle est importante, Deschamps le sait et fait tout naturellement de Giroud son titulaire indiscutable à la suite de l’affaire de la Sextape, tant pis si la #TeamMaitreChanteur ne l’entend pas de cette oreille.

Des doutes puis des espoirs

Giroud débarque donc en juin, titulaire dans une Equipe de France qui a pour quasi obligation de soulever la coupe sous peine de se faire eux-mêmes soulever par des médias et un public qui n’attendent que ça. Avec son profil de pivot, balourd balle au pied, ayant une vista restreinte, Giroud inquiète. A vrai dire, non, il n’inquiète personne. Tout le monde sait ce qu’il est et n’est pas capable de faire. Ce qui fait chier une partie de la populace, c’est la non selection de Benzema. Alors Giroud est pris en grippe. Sifflé, conspué, il subit un acharnement gratuit et irréfléchi. Mais le bonhomme tient le cap, et dès le premier match, score sur une sortie ratée du gardien roumain. Un signe d’un mental de guerrier pour les uns, un coup de chatte pour les autres.

(Photo credit should read FRANCK FIFE/AFP/Getty Images)
(Photo credit should read FRANCK FIFE/AFP/Getty Images)

Muet contre l’Albanie, Giroud retombe dans l’anonymat. S’il est moins sifflé, la confiance ne règne pas autour du numéro neuf des Bleus. A l’aube du 1/8ème de finale contre l’Irlande, sa place de titulaire est presque actée par défaut. Mais lors de ce match, Giroud se montre, à défaut d’être grandement brillant, décisif et utile. En somme ce que l’on demande à une pointe. Dimanche, contre une faible équipe d’Islande, il inscrit un doublé. Son premier but ne doit rien à personne, le deuxième est encore inscrit sur une sortie fantôme du gardien. Qu’importe, avec trois buts au compteur, et titulaire indiscutable dans la meilleure attaque de l’Euro, Giroud a presque déjà réussi son Euro et assuré son futur chez les Bleus. Quoique …

Et maintenant Olivier ?

Il est commun d’entendre des parallèles avec Benzema. Indubitablement, l’argument « La France joue mieux avec Giroud » revient. Bon c’est vrai. Mais la France joue également mieux depuis l’explosion de Griezmann et l’avènement de Payet. Incomparable donc. A quelques heures d’affronter l’Allemagne dans ce qui est le match le plus important des Bleus depuis très longtemps (non non France-Ukraine ne compte pas), Olivier Giroud a pour beaucoup, changé de dimension en Equipe de France. Loin de renier ses bons matchs depuis un match, et à l’image de l’équipe toute entière, le peuple attend maintenant un match référence contre une vraie nation de football.

La « chatte de Deschamps » a permis aux Bleus d’atteindre les demis finale sans encombre, contre la Mannschaft, ce sera une autre paire de manche. Dans ce genre de match, seuls les hommes se révèlent et sont brillants. Reste à Olivier Giroud de répondre au défi physique de Boateng et (sans doute) Howedes, de faire briller ses coéquipiers par des remises et des déviations (même si tu le fais pas exprès Olivier, promis), et de trouer les filets d’un Manuel Neuer qu’il a déja affronté et contre qui il a déja marqué. En somme Olivier, si tu nous lis dans le car te menant au Vélodrome cet après-midi, tu as un ou deux matchs pour rentrer dans le coeur de tes détracteurs, voir d’écrire une page de l’histoire de l’Equipe de France. Tu tiendrais là ta revanche, et ça, même une sombre affaire de mœurs ne pourrait pas te l’enlever …

 

Crédits Photos : Mike Hewitt