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Inauguré il y a bientôt deux décennies, le Stade de France est l’infrastructure numéro 1 en termes sportif en France. En quasi 20 ans, elle aura vu passé des moments qui ont forgé l’histoire des Bleus. Retour sur ces événements gravés dans le marbre.

Il n’est peut être pas un formidable outil mais en bientôt 20 années, le Stade de France s’est mué comme LE point de rendez vous des plus grandes stars en France, quelles soient issues du showbiz comme du monde du sport. Inauguré sous la mandature chiraquienne en 1998, son passé parle pour lui et a traversé les générations. La génération 98, la génération 2006, la houleuse de 2010, la génération Blanc, et désormais, la génération Deschamps (bientôt rebaptisée génération Griezmann).

AFP PHOTO DANIEL GARCIA
AFP PHOTO DANIEL GARCIA

 

Le Stade de France a accueilli l’Equipe de France à 84 reprises. Le bilan des Bleus est plus qu’élogieux : 53 victoires, 19 nuls, 12 défaites. Même si un tiers de ces défaites sont intervenues sous le mandat de Deschamps, le Stade de France est globalement à l’avantage des Bleus. Plus qu’être à leur avantage, le Stade de France se nourrit d’histoires. Il a vécu et participé à de nombreuses pages de l’histoire des Bleus. Et tous ces souvenirs vont forcément rentrer dans la balance ce dimanche lors de la finale de l’Euro opposant les Bleus à des portugais assoiffés de titres.

Fief de la Coupe du Monde 98

Crée pour l’occasion, le Stade de France a été, en 1998, un 12ème homme bien plus important que les médias critiques à l’égard de Jacquet ou une population qui n’avait pas encore fait la bascule vers le supporterisme de masse. L’Equipe de France, qui a inauguré ce stade quelques mois auparavant (victoire 1-0 contre l’Espagne, but de Dieu Zizou), a joué 4 de ses 7 matchs de Coupe du Monde au Stade de France. Tour à tour, l’Arabie Saoudite, la Croatie et le Brésil se sont heurtés à la forteresse Dionysienne. Seule l’Italie a accroché les Bleus jusqu’aux tirs au but, pour le résultat qu’on connait tous.

Mandatory Credit: Doug Pensinger /Allsport
Mandatory Credit: Doug Pensinger /Allsport

 

De cette Coupe du Monde, certaines images resteront à jamais gravés en nous. Zidane qui s’essuie les crampons sur un saoudien, Henry qui se cache dans le maillot de Trezeguet lors de France Italie, le pénalty de Di Biagio sur la barre, le doublé de Thuram, le doublé de Zidane, le play-back de Chirac en tribunes lors de l’annonce des compos, la folie après le but de Petit … Des moments qu’on ne vit qu’une fois et que ce Stade a gravé en lui, quelque part dans sa mémoire.

Les heureuses qualifications

Car toutes les compétitions européennes et internationales ne se déroulent pas en France, il est parfois rare de voir dans l’enceinte de Saint-Denis un vrai match à enjeu. Ce genre de matchs qui soudent un groupe, qui font l’Histoire, les matchs charnières, qui marquent joueurs et supporters. Des matchs de ce type, le Stade de France en a accueilli deux : France-Irlande en 2009, et France-Ukraine en 2013.

18 novembre 2009, la France accueille l’Irlande en barrages de qualification à la Coupe du Monde Sud-Africaine. Après une courte victoire à l’aller, les Bleus se font surprendre par de coriaces irlandais qui emmènent la bande à Evra en prolongations. On connait tous la suite, Henry fait main et dépose le ballon pour Gallas qui propulse la France en Coupe du Monde. Le peuple se sent trahi, lynche Henry, et les Bleus vont exploser en route, dans un bus à Knysna.De ce match, seuls 6 joueurs sont encore présents : Tonton Pat’, Lloris, Sagna, Mandanda mais aussi Sissoko et Gignac.

(Photo by Harry Engels/Getty Images)
(Photo by Harry Engels/Getty Images)

 

15 novembre 2013, la France a rendez-vous avec l’histoire. Battu 2-0 à Kiev, elle doit faire ce qu’aucune équipe n’a jamais fait, remonter 2 buts, dans l’objectif de se qualifier pour la Coupe du Monde au Brésil. Cette folle soirée, beaucoup de joueurs actuels l’ont vécu (10 au total : Lloris, Sagna, Evra, Mandanda, Sissoko, mais aussi Pogba, Matuidi, Cabaye, Giroud et Payet). Elle avait marqué un tournant dans le mandat Deschamps. Rappel des faits : très vite Sakho ouvre le score, Benzema double la marque dans la foulée et de nouveau Sakho à 15min de la fin, envoie les Bleus au Brésil. Un soir qui avait définitivement clôt la carrière de Pascal Praud, expert ès pronostic.

Des soirs moins heureux

Au delà des belles soirées sportives, le Stade de France reste un lieu de vie où des événements marquants et poignants viennent parfois faire reléguer le sport au second plan.

Le 6 octobre 2001, la France accueille l’Algérie. Vendu par Chirac et Zidane, ce match doit permettre de redéfinir une union sociale à quelques mois des présidentielles. Manque de chance, tout ne se passa pas comme prévu. Sur le terrain, les Bleus dominent une équipe d’Algérie, à l’époque pas ultra costaud. Le score est de 4 buts à 1 lorsque la pelouse est envahie. Il reste globalement 10 minutes à jouer mais le match ne reprendra jamais. Un accroc politique plus que sportif.

 (Photo by Henri Szwarc/Bongarts/Getty Images)
(Photo by Henri Szwarc/Bongarts/Getty Images)

 

Deux ans plus tard, le 29 juin 2003, les 22 acteurs présents pour la finale de la Coupe des Confédérations n’ont pas la tête à jouer ce match. Quelques jours plus tôt, Marc Vivien Foé s’est effondré à Gerland. Il ne se relèvera jamais. Cette mort subite avait alors jeté un énorme froid dans la planète football. Alors loin de la compétition, les Lions Indomptables s’étaient inclinés 1-0 dans une finale anecdotique. Le Stade de France avait alors joué le rôle de théâtre pour l’hommage rendu au colosse camerounais.

Il y a quelques mois, c’est à l’extérieur du stade que s’est joué un drame. Le 13 novembre dernier, alors que la France frappait l’Allemagne 2-0, se déroulait aux alentours du Stade et dans la capitale un vaste déploiement terroriste. Un stade coupé du monde, où les infos sur ce qui se jouait à l’extérieur sont arrivés tardivement. Une soirée d’effroi en parallèle d’un match tout ce qu’il y avait d’amical.

Et maintenant dimanche …

Dimanche, à 21 heure tapante, la France a de nouveau rendez vous avec son histoire dans une enceinte qui lui a presque toujours porté chance. L’équipe de Didier Deschamps le sait, elle n’a pas vraiment le droit à l’erreur. Ils pourront s’appuyer sur un douzième homme dans les tribunes (fait de stars invités et de gens lambdas qui auront vendu rein et mère pour avoir un strapontin) mais ils pourront surtout s’appuyer sur une enceinte qui n’a jamais failli lorsqu’ils avaient besoin d’elle.

 (Photo credit should read FRANCK FIFE/AFP/Getty Images)
(Photo credit should read FRANCK FIFE/AFP/Getty Images)

 

Lloris, Mandanda, Evra, Sagna, Sissoko ont le vécu des dernières soirées de légende passées dans ce stade. A l’heure où beaucoup parle du Parc OL ou du bouillant Vélodrome, le Stade de France a l’occasion de montrer qu’il répond toujours présent quand on a besoin de lui. Et les milliers de souvenirs qu’il possède ne seront pas de trop pour marabouter les coéquipiers de Cristiano Ronaldo …

 (Photo credit should read DANIEL GARCIA/AFP/Getty Images)