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Si la gagne avait un visage, elle aurait la dentition et le sourire de Didier Deschamps. Cette phrase pourrait faire rire mais elle représente parfaitement l’actuel plus grand palmarès du football Français. Après 15 ans à glaner des titres et disputer des finales, la Deche est en phase d’accomplir le plus grand exploit de sa carrière d’entraineur. Face au Portugal, Didier Deschamps peut devenir définitivement une icone pour les Français, un chemin tout tracé pour celui dont la destinée était de briller.

Personne n’échappe à son destin

(Photo credit should read FRANCK FIFE/AFP/Getty Images)
(Photo credit should read FRANCK FIFE/AFP/Getty Images)

La définition du  » destin » : une puissance qui réglerait le cours des choses à venir. Dans la société de nos jours, le destin est un mot qui n’a plus lieu d’être. La chance ou la coïncidence ont plus de crédit que le destin. Dans un monde ou plus personne ne croit au compte de fée et à la puissance Divine,  le parcours de Didier Deschamps fait preuve d’exception. Traité de chanceux par les plus malhonnêtes, de cocu pour les plus virulents, le sélectionneur des Blues est juste victime de sa destinée. Le natif de Bayonne transpire la gagne et la réussite. Que ce soit à Monaco, Marseille, la Juventus ou à Chelsea, sa seule présence est un gage de sécurité. Avec un tel personnage, on peut l’emporter quelque soit les circonstances, le contexte ou l’environnement.

Celui qui est considéré légitimement comme un enfant d’Aimé Jacquet tient un discours étrange pour le football Français. Alors que la plupart des entraineurs de Ligue 1 se vantent de « jouer la gagne », aucun n’a réalisé si ce n’est que la moitié de la carrière de Deschamps. L’ancien coach de la Juventus n’est pas comme les autres, la victoire est dans son ADN. Ca ne s’invente pas, la vie de Deschamps allait se faire à travers des finales et des succès. Quand les plus grands coachs excellent tactiquement, l’ancien numéro 7 brille par ses talents d’orateurs et de meneur d’homme. Plus proche de Jacquet que de Guardiola, il sait sublimer ses joueurs l’espace d’un instant.

Que ce soit pendant 90 minutes ou 2 saisons, Deschamps sait tirer le maximum de ses joueurs sans pour autant en faire des tonnes. Les meilleures exemples resteront son épopée en 2003 avec Monaco et ses coups d’éclats avec l’OM en Ligue Des Champions. Sans tomber dans l’excès à l’image d’un Bielsa, Deschamps reste dans la simplicité et parle aux joueurs en tant qu’homme. Alors qu’un Guardiola va motiver ses joueurs à base de parole cru ou des vidéos du film Gladiator, Deschamps va faire dans la simplicité en montrant une feuille vierge et dire à tout son groupe « On vient, on gagne et on repart, tout simplement ». Une méthode archaïque et risqué mais qui a fait son trou. La majorité des joueurs entrainés par la Deche ont été marqués par certains de ses discours d’avant-match. Malheureusement, cette méthode a ses limites quand l’adversaire est supérieur mais cela fait parti de la destinée de cette entraineur incroyable qu’est Deschamps. 15 ans après sa défaite en finale de Ligue des Champions, l’ancien joueur du FC Valence peut rentrer dans le cercle très fermé des entraineurs ayant remporté l’Euro en tant que joueur puis entraineur.

La victoire lui va si bien

(Photo by Handout/UEFA via Getty Images)
(Photo by Handout/UEFA via Getty Images)

Ce soir, la France affrontera un Portugal avide de victoire. Face au pays hôte, les Portugais seront en position de force. Plus dans la destruction que la construction, les Portugais ont renié leurs principes et ont abandonné l’idée de faire du beau jeu. Logiquement favorite, la France va faire face à sa sœur siamoise. Portugais comme Français ne rêvent que de la victoire finale depuis 2 mois. Le jeu étant devenu secondaire dans l’esprit des deux coachs, seule la victoire compte. Deschamps est au courant de ambition de Fernando Santos. Pour la première fois de sa longue carrière d’entraineur, Deschamps va trouver sur son chemin un coach qui voit le football exactement comme lui. Alors que ses grandes désillusions en club face à Mourinho ou Jupp Heynckes était du à un sur classement tactique, Deschamps n’a aucune excuse face à un Fernando Santos  connu pour sa passion de la gagne et son approche pragmatique. La France devra faire le jeu et prendre le taureau par les cornes. Alors que le destin lui a donné des équipes de seconde zone, il a su sublimer ses joueurs face à la grande Allemagne.

Critiqué pour son approche tactique limité et la méconnaissance de son effectif, lui et son staff ont su régler la mire au bon moment. Pragmatique jusqu’au bout, la gestion des cas Umtiti, Payet, Sissoko parlent pour lui.  Malgré les années, le Bayonnais reste indéboulonnable en tant que meilleur entraineur Français. Dans un stade de France qu’il ne connait que trop bien, Didier Deschamps voudra marquer le coup. Devant ses hommes, il n’oubliera pas de leur rappeler qu’en cas de victoire finale, ils pourraient raconter leur épopée à leur famille, enfants et petits-enfants. Il n’oubliera pas de parler des personnes qui n’ont pas cessé de les incriminer sans raison. Il demandera aux 11 joueurs de gagner pour les blessés et les autres copains qui cumulent 0 minutes depuis le début de l’Euro. Mais surtout, devenir une génération qui aura définitivement marquer le football Français et rentraer dans le cercle très fermé des équipes qui auront remporté un trophée en Bleu.

La génération 98 peut enfin avoir une relève, cette génération 2016 composée de futur grands joueurs et d’autres cadres plus expérimentés a tout pour remplacer la génération de Zidane et compagnie. Une côte de popularité énorme, des joueurs de qualités, une bande de pote et la présence de l’homme au destin tracé. Tout est du coté des Français pour l’emporter, à eux de marquer le coup. A Deschamps de rentrer encore un peu plus dans l’histoire du foot Français.

(Photo credit should read FRANCK FIFE/AFP/Getty Images)