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A Diezistas exceptionnels, articles exceptionnels. Pour le lancement de cette rubrique « Bienvenue au pays d’Ederzitogol », qui se veut décalée et loufoque, un tout nouveau concept a été adopté. Celui d’une fiction sur la carrière d’un joueur ayant évolué en Liga Nos. Jusque-là, rien de déboussolant. Sauf que celle-ci sera dévoilée partie après partie, semaine après semaine, pour finir sur une interview de l’international congolais Christopher Oualembo, héros de cette histoire. Alors ne ratez rien de ce premier épisode, qui n’est rien comparé au deuxième. Qui lui-même n’est rien comparé au dernier et troisième. Qui lui-même n’est rien comparé à l’interview… Enfin, vous avez compris!

« Il tire sa révérence après un match HE-RO-ÏQUE ! » ; « Un dernier au revoir dans un Parc bondé » ; « Merci Monsieur Oualembo ! ».

Au lendemain de son dernier match, les quotidiens sportifs français adoubent le futur ex-parisien. Alors que nous l’avions laissé sans club à la fin de l’été 2016, il raccroche les crampons quelques années plus tard sous le maillot du Paris-Saint-Germain, le club le plus charismatique de la capitale. De l’ombre à la lumière, il n’y a qu’un pas. Mais comment le franchir ?

Juillet 2016, la fin est proche pour Christopher qui n’arrive décidément pas à trouver un point de chute digne de ce nom pour poursuivre l’aventure d’une vie. Désespéré, il pense plus que jamais à la fin de sa carrière. Avec un beau parcours derrière lui, ce serait le bon moment pour fermer le livre et tout claquer. Pourtant, il reste à l’intérieur de son âme cette petite flamme qui ne veut pas s’arrêter de briller. Cette petite lueur d’espoir qui lui fait croire que sa vraie carrière n’a pas encore commencé. Cette petite voix qui lui dit que tout n’est pas fini, qu’il ne doit pas en rester là. L’ange sur l’épaule gauche, le démon sur la droite, il ne sait pas qui suivre, ne sait pas en qui croire.

C’est alors que surgit son idole de toujours, le coach qu’il aurait voulu avoir, l’homme qu’il aurait voulu être : Cholo Simeone. En une vision de quelques secondes, qui pour lui dura des heures, des jours, peut-être des années, il lui redonna l’envie de continuer. A travers un discours enflammé, digne des plus grandes scènes hollywoodiennes, il lui a ouvert les yeux, lui a redonné la vie alors qu’il ne pensait qu’à la mort. Un discours dont les thèmes étaient l’amour du football, le courage, l’abnégation, et le sacrifice pour le collectif.

Telle une prouesse venue du ciel, c’est un homme nouveau qui se réveille chaque matin dans sa ville natale de Saint-Germain en Laye. Un homme sur-motivé, comme renaissant de ses cendres.
Son agent, trop laxiste, ne décroche pas un contrat. C’est à ce moment-là que Christopher décide de tourner la page. Il se sépare de cet agent devenu un poids, et se lance dans une ascension vertigineuse, tel un cycliste qui lâcherait son coéquipier d’échappée pour viser la victoire finale.
CV en mains, talent dans les jambes, il se lance dans un porte à porte interminable, qui se révélera fructueux. En véritable globe-trotter du football, le lointain ne lui fait pas peur. Il est même une adrénaline particulière, qui le pousse à se dépasser chaque jour pour gagner sa place loin de ses bases.

(Photo by Nikolay Doychinov/EuroFootball/Getty Images)
(Photo by Nikolay Doychinov/EuroFootball/Getty Images)

A l’aube d’une saison qui s’annonce encore plus belle que les autres, les rumeurs vont bon train quant à son futur club. Cholo toujours dans un coin de la tête lorsqu’une décision importante se présente à lui, il ne veut qu’une seule chose : un club qui respire le football, un club avec une histoire. Un grand club de football. Un groupe au sein duquel il pourra tout donner pour son camarade.
Voilà une idée qui le taraude depuis cette fameuse nuit pendant laquelle il a pu parler avec son mentor. Le goût de l’effort, la solidarité. Depuis quelques semaines, il ne cesse de répéter ces mots quand un club vient taper à la porte de son appartement parisien. Cela intrigue sa famille qui le voit jour après jour, refuser les offres de clubs où le salaire dépassait largement les attentes initiales. Jeune, il avait toujours voulu jouer à Dubaï, car pour lui le football était avant tout une question de plaisir. Et d’argent, aussi. Aujourd’hui, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Il est subitement écœuré par ces joueurs qui sacrifient le football au détriment des gains.

Un beau jour en plein milieu du mois d’Août, alors qu’il se lance dans un match de FIFA qui s’annonce plus qu’enflammé, son téléphone se met à sonner. Il se lève pour aller décrocher. Comme à l’accoutumée, il commence par se présenter, lorsqu’une voix atypique l’interrompt. C’est bien lui, le Dieu du football en personne, Marcelo Bielsa. Une main tenant le téléphone, il s’aide de l’autre pour s’asseoir comme il le peut sur le sofa, déboussolé et dépassé par la tournure que prend SON histoire. Après un appel qui dura des heures, il s’installe au volant de sa voiture, direction l’aéroport. Sans prévenir ses proches, il s’en va, avec ces mots qui tournent toujours en boucle, comme un mauvais disque rayé : goût de l’effort.

Après quelques heures de conduite éprouvantes, il s’envole vers l’Angleterre, le championnat de toutes les folies, de toutes les utopies, où l’attend le chef de guerre qu’il désirait, accompagné de ses plus loyaux soldats, prêts à mener des batailles qui resteront pour toujours dans l’histoire de leur sport, de leur vie…

(Photo credit should read FRANCISCO LEONG/AFP/Getty Images)