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Chaque histoire, aussi banale ou déroutante soit-elle, possède en son for intérieur quelque chose de mystique, portant le nom de « destin ». Gatsby le Magnifique, Winston Smith, et tant d’autres en sont les parfaits exemples. Tout héros extrait de la littérature possède sa propre histoire, dictée par l’Homme qui porte la plume. Dans le football, il est de même pour cette équipe au-dessus du lot, désignée comme « l’Élue ».

Mais comment deviner celle qui recevra la grâce divine avant de débuter l’exercice en Septembre ? Comment déceler la micro-particule qui fera basculer, dans ce cercle très fermé des grands champions, la plus petite des équipes ? La solution, personne ne l’a, et ne l’aura jamais. En revanche, chacun peut y aller de son avis, de sa petite touche de peinture pour achever le tableau.

Alors, pour qui pencherez-vous ?
Tel un téléspectateur avachit dans son canapé lors d’un prime-time de télé-réalité, ou tels les arrogants jurés de Katniss Everdeen dans Hunger Games, ouvrez grand les yeux et les oreilles. Choisissez le bon tribut parmi ceux-ci, car ils sont les « Élus ». Et surtout, ne vous trompez pas, il n’y aura pas de seconde moisson !

Tribut 1 : Quatre à la suite pour Benfica

Un club respecté, un palmarès débordant, et un joueur reconnu de tous : Eusebio. Voici les quelques dénominations qui reviennent en boucle pour qualifier Benfica. Si une équipe devait écraser la concurrence cette saison, ce serait à coup sûr, celle des aigles de Lisbonne. Signe de son emprise totale sur la Liga Nos, elle brigue actuellement un quatrième titre en autant de championnats. Le seul grain de sable pouvant enrayer la machine serait les départs des deux superstars de l’équipe. D’un côté, l’envol de Nico Gaitan vers l’Atletico de Simeone. De l’autre, la signature de Renato Sanches pour la Bavière afin d’y rejoindre Carlo Ancelotti. Malgré cela, les bases de Rui Costa sont encore bien ancrées dans le onze de départ. Jonas et Mitrouglou en pointe, avec le jeune mexicain Jimenez pour les suppléer. Au milieu, Salvio et Pizzi pour dynamiter les ailes, Samaris et Fesja dans le rôle de tours de contrôle. En défense, une continuité bien présente avec cette ossature composée de Lindelöf, Eliseu, ou encore Jardel. En plus de cet effectif pléthorique, un apport de fraîcheur non négligeable de la part des jeunes Grimaldo et autres Carillo ou Celis. La saison s’annonce donc sous les meilleures augures du côté de l’Estadio Da Luz !

Tribut 2 : l’ennemi sportinguista

Les conflits entre les deux équipes de Lisbonne étaient déjà bien présents auparavant, mais un homme n’a rien fait pour les apaiser : Mister Jorge Jesus. Parti du rouge pour le vert, il a usé d’une veste réversible sans aucun état d’âme. Doté d’une équipe talentueuse, il a réalisé une préparation en demi-teinte. Signe encourageant pour le club, la série sur laquelle reste le groupe : sur les six derniers matchs de la saison 2015/2016, elle a pris autant de fois les trois points. Ce qui lui a même permis de titiller les aigles pour le titre. Alors pourquoi ne pas faire de même pour débuter la saison, et ne pas finir tel Raymond Poulidor, comme l’éternel second ? (Depuis la saison 2001-2002, le Sporting n’a plus jamais remporté le titre de champion. En revanche, il a fini six fois à la deuxième place.)

Tribut 3 : Belenenses, invité surprise de la guerria lisboète ?

Trop souvent mises de côté à la faveur des deux ogres lisboètes, les équipes comme Belenenses ou Estoril siègent aussi dans la capitale portugaise. Elles n’ont pas le même impact médiatique que leurs voisines, mais ont autant d’arguments à revendre. En particulier du côté de Belenenses, la team du jeune et talentueux coach espagnol Velazquez. Septièmes la saison passée sous l’ère Ricardo sa Pinto, puis Julio Velazquez, ils ont notamment réalisé un parcours honorable en Ligue Europa, avec cinq points au compteur et une élimination en phase de poules. Nul doute que le jeune arrivant sur le banc de touche voudra prouver ce dont il est capable, et réalisera une performance encore supérieure bénéficiant d’une saison pleine pour construire son projet. Composée de joueurs offensifs talentueux, comme l’ex-joueur de Benfica Carlos Martins, l’atypique attaquant Fabio Sturgeon, ou encore le jeune brésilien Tiago Maia (actuellement à Rio pour participer aux Jo), cette équipe a toutes les chances de produire quelque chose de très intéressant sur le plan national. Belenenses, n’oubliez pas ce nom, il pourrait vous surprendre dans quelques mois. A la manière de cette année 1945 où le club doubla Benfica pour triompher en solo.

(Photo credit should read CARLOS COSTA/AFP/Getty Images)
(Photo credit should read CARLOS COSTA/AFP/Getty Images)

 

Tribut 4 : le réveil de la force pour Porto ?

Il était le digne représentant du football portugais. Il régnait sans partage sur tout le pays. Et tout à coup, patatras. Plus rien, ni son, ni lumière. Le vide, avec une petite deuxième place en trois ans, accompagnée de deux troisièmes places. Un homme a été embauché pour combler ce vide, en la personne de Nuno Espirito, ex-coach de Valence, destiné à faire briller les dragons au plus haut niveau. Alors après des années de disette à se morfondre et à jalouser la réussite benfiquista, est-ce le moment de remettre les pendules à l’heure sous l’impulsion d’André Silva ?

Tribut 5 : Braga, avec ou sans Rafa Silva ?

La question est bien la suivante : Rafa Silva sera-t-il présent cette saison sous le maillot de Braga ?
Car au-delà de l’équipe et du collectif, c’est bien cette homme qui pourrait mener une ville entière vers les hauteurs du classement. Champion d’Europe avec le Portugal, il est le maître à jouer d’un club faisant partie des quatre fantastiques portugais. Cependant, les nombreux départs (Willy Boly, Rafa Silva?) pourraient fortement affecter l’osmose de ce groupe, quatrième du dernier championnat. Alors que les cadors disputeront des matchs à enjeu lors des compétitions européennes, pourquoi ne pas mettre entre parenthèses l’Europe pour aller chercher un titre national jamais obtenu en presque un siècle d’existence ?

(Photo credit should read FABRICE COFFRINI/AFP/Getty Images)
(Photo credit should read FABRICE COFFRINI/AFP/Getty Images)

 

Tribut 6 : Aroucampeoes ?

Aucun grand nom, contrairement aux équipes du top 4, mais un groupe solide et solidaire. Équipe de la banlieue de Porto, Arouca a connu une ascension fulgurante sur ces dernières années. Douzième lors de la saison 2013/2014, elle frôle même la relégation avec une seizième place en 2014/2015. Malgré cela, elle continue de travailler, et en récolte les fruits un an plus tard. Une cinquième place qui surprend tout le monde, et qui leur donne le droit de rêver à une qualification européenne!
Alors maintenant il reste quoi, si ce n’est le titre ?

(Photo credit should read PATRICIA DE MELO MOREIRA/AFP/Getty Images)