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« Alors qu’il prépare ses valises pour rentrer se ressourcer chez lui, près de ses proches, le téléphone de l’infatigable latéral droit vibre sur la table de chevet. Au bout du fil, une voix argentine, encore… ».
C’est incontestable ! Cette voix est bien celle d’El Cholo, Mister Simeone. Là où certains auraient tergiversé pendant des heures, pendant des jours, lui n’y voit que du positif, et signe les yeux fermés.
Mais où signe-t-il ? L’Atletico Madrid de Diego Simeone ? Ou alors, peut-être que le coach argentin est parti pour une nouvelle aventure ? Voilà les questions que vous vous posez certainement, et qui méritent donc des réponses claires.

Premièrement, le cas de l’entraîneur albiceleste, qui conditionnera celui de l’autre personnage de l’histoire, Christopher Oualembo. Après une saison plus que décevante sur le plan international, à la manière de Lolo White, Unai Emery est remercié du poste le plus convoité de France tant pour le salaire que pour le prestige : celui d’entraîneur du PSG. Dans le même temps, de l’autre côté des Pyrénées, la séparation se précise de plus en plus entre le pitbull argentin et l’Atletico. Il paraîtrait que ce dernier ne supporte plus les agissements de Diego Costa, trop tendre sur le terrain. Malgré cela, la direction prend partie pour l’hispano-brésilien, ce qui a le don d’agacer l’homme de valeurs que représente l’argentin. Après plusieurs semaines de pourparlers, il décide finalement de rompre le contrat qui le liait jusqu’ici au club de la capitale espagnole.

La capitale française entre alors dans la danse, d’une manière qui en dérangera plus d’un. Si dérangeante qu’elle sera même déclarée « injuste et immorale » par un certain Jean-Michel, habitant de la sublime ville de Lyon et habitué de ces conflits infantiles.
Pour conclure un deal qui semblait bien mal engagé, le club qatari déboursera une somme restée secrète, mais que l’on qualifiera d’hors-norme. Pourquoi, quelqu’un vous avez déjà dit que les investisseurs avaient des normes vous ?

Quelques mois plus tard, Diego prend place dans ses nouveaux quartiers parisiens, accompagné de son plus fidèle gladiateur, directement envoyé d’Angleterre sur les conseils de Monsieur Bielsa : Christopher Oualembo. A l’annonce de cette nouvelle, la ville s’est noyée dans une bipolarité sans précédent. Les plus réticents d’abord, les plus enthousiastes ensuite. Heureusement pour l’image du président, ainsi que son portefeuille, l’affaire s’avère vite être très rentable. Après trente-sept journées de championnat, le PSG possède deux longueurs d’avance sur l’ennemi marseillais. Sauf qu’il reste une rencontre, et non des moindres. Le Classico opposant « sudistes » et « parigos », à domicile, au Parc des Princes. Un match qui fait peur à tous, sauf au Cholo Oualembo, lui qui était de la fête un an plus tôt à Anfield Road. Un artiste n’ayant plus le trac après avoir réalisé la première représentation.

Afin de préparer cette rencontre au mieux, Diego décide d’emmener l’équipe sur ses terres natales, dans les profondeurs argentines. Un séjour où toutes technologies seront bannies, où le « football » se vivra entre être-humains, sensibles et censés.

Le « football », quelle drôle d’idée dans les temps qui courent. Dans des temps où les tensions sociales sont à leur paroxysme, et ne cessent d’éclipser, bien justement, le « football ».
Quelle drôle d’idée que le « football » comme seule unité. Un « football » qui ne représenterait que le ballon, sans rien d’autre autour.
Quelle drôle d’idée que le « football » sans amour, sans passion d’ailleurs.
Sans culture non plus, sans appel au passé. Un passé fait pour nous aider dans la quête d’un meilleur futur.
Quelle drôle d’idée que le « football » business, un « football » qui tourne autour du profit. Encore et toujours ce satané profit, qui guide le monde actuel.

El Cholo est bien conscient de tout cela, et va retourner tous ces questionnements à ses joueurs, dans un discours, un vrai. Pas un discours où l’on brasse du vent, où l’on crie à tout va, où l’on pense posséder la seule vraie pensée universelle. En quelque sorte, pas un discours de Donald Trump.

Il se lance donc, avec cette crainte maîtrisée qu’il est le seul à posséder. Dès les premiers mots, il transporte ces joueurs vers un monde parallèle. Savamment, il expose une thèse que tous avaient oublié : le football n’est pas fait pour le footballeur, il est fait pour ceux qui le regardent. Il est fait pour ceux qui en ont besoin pour s’évader d’un présent bien terne. En résumé, il est fait pour ceux qui n’ont pas eu la chance de le pratiquer, mais qui ont la chance de le voir et de le vivre d’une manière annexe : par le biais d’Hommes, avec ce grand « H » qui englobe tout ce qu’il a de plus beau.

Un seul joueur n’est pas pendu aux lèvres du coach. Un seul ne boit pas docilement l’eau qu’on lui verse. Un seul n’attrape pas la main qu’on lui tend. Car c’est lui qui la tend, cette main. A chaque mot du Boss, la voix du congolais se fait entendre plus fort. Un écho persistant qui emplit les montagnes argentines. Les mots lui reviennent un à un, comme une chanson oubliée dont les paroles reviendraient instinctivement, pour finalement toutes les posséder et les coucher sur la feuille.
Le grand Simeone, et le soldat Oualembo. Un Dieu, et son prophète.

Au moment du grand final, du dernier coup d’épée venant percer le cœur des joueurs, il se lève et rejoint son fidèle compagnon. Ça y est, il se souvient d’où viennent ses lointains souvenirs. Cette fameuse nuit, ce fameux rêve, il y assiste, sous les étoiles des plaines d’Amérique du Sud. Chaque mot, chaque expression, résonne maintenant plus fort que les autres. Les larmes lui viennent, les frissons parcourent son corps. Cet instant qui a fait de lui un homme nouveau, il a bien fini par le vivre. Une simple vision ? Il n’y a rien de simple dans la vie.

« – Est-ce que tout ça est réel, ou est-ce que ça se passe dans ma tête ?
– Bien sûr que ça se passe dans ta tête Harry, pourquoi ça signifierait que ce n’est pas réel ? »

Pour la suite de l’histoire et l’issue de la rencontre, je vous laisse vous faire votre propre opinion. Rappelez-vous juste les premiers mots de l’histoire.

« Il tire sa révérence après un match HE-RO-ÏQUE ! » ; « Un dernier au revoir dans un Parc bondé » ; « Merci Monsieur Oualembo ! ».

N.B : Merci à Christopher Oualembo pour les précieuses informations sans lesquelles la fiction n’aurait pas pu se faire. Retrouvez-le vendredi en interview exclusive pour Ultimo Diez !

(Photo credit should read PIERRE-PHILIPPE MARCOU/AFP/Getty Images)