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Depuis plusieurs semaines maintenant, vous avez suivi la fiction réalisée sur Christopher Oualembo, véritable globe-trotter du football formé au PSG. Il est venu le moment de lui rendre la parole, le temps d’une interview pleine de souvenirs. Entre sa formation parisienne, sa saison au Portugal, ses matchs en sélection, il vous fera parcourir un panel d’émotions que vous ne soupçonnez pas encore.

Ultimo Diez: Salut Christopher ! Comment vas-tu après cette saison au Portugal où ton club a été relégué en Division 2 ? Malgré tous les efforts effectués, vous n’avez pas réussi à réaliser l’exploit, que l’on appelle maintenant en France « Dupraz Time » ?

Salut ! Je vais très bien Dieu merci. Je ne me sens pas trop mal. Bien sûr la descente attriste un peu tout le monde mais il faut se relever. On n’a pas réussi l’exploit, mais espérons que le club remonte rapidement car les fans le méritent.

U10 : En parlant du « Dupraz Time », que penses-tu de l’épopée toulousaine, et surtout du mémorable discours de Pascal Dupraz ?

Nous avions nous aussi eu le droit à cette vidéo-surprise avant un match crucial, avec nos familles qui nous laissaient un message sans que nous le savions auparavant. Je pense que c’est une méthode très stimulante, qui a bien fonctionné avec Toulouse. Au vu de leur fin de saison, mon avis est qu’ils n’ont pas volé leur maintien.

U10 : Revenons à ton parcours personnel. Tu as été formé en France, au PSG, et tu as effectué plusieurs aventures à l’étranger, dont ces deux saisons au Portugal. Pourquoi cette carrière de globe-trotter ? C’était voulu au départ ou non ?

J’ai appris à accepter le football et ses règles. Ce sport n’est plus le même qu’il y a vingt ans. J’aurais aimé faire une carrière à la Paolo Maldini ou Totti en jouant toute ma carrière dans le même club. La réalité de ce milieu a fait que pour X ou Y raisons, j’ai dû m’exiler hors de la France pour m’épanouir footballistiquement. Je suis mon destin sans aucun complexe, je jouerai là où il faudra que je joue.

U10 : Tu as donc passé deux ans au Portugal. Comment s’est passé ton accueil et ta vie là-bas ? Une vie plus tranquille que celle de parisien j’imagine…

Magnifique. Humainement c’était vraiment très tranquille, très agréable. Les portugais sont accueillants et savent vivre. Une famille géante. Certes, le milieu du football est quasiment le même partout, mais généralement c’était vraiment bien.

U10 : Si tu devais garder une chose du championnat portugais, quelle serait-elle ?

Nos supporters, et mes matchs à Dragao et Luz.

U10 : Tu as parcouru beaucoup d’univers sportifs. Dans quel pays le sens de la tactique que prônent les Simeone, Bielsa ou encore Klopp, est le plus présent ?

Je dirais la Pologne. Le football là-bas se développe considérablement bien. Ils calquent un peu le football phare de leurs voisins allemands. Ainsi, la rigueur tactique est assez prononcée. J’y ai beaucoup appris.

U10 : Que penses-tu de la fiction qui a été réalisée sur ta fin de carrière, et de la dernière partie où tu rencontres ton héros de toujours, Mister Simeone ?

Pas mal du tout, j’ai vraiment apprécié. Des amis m’ont même dit que dorénavant ils vous suivraient. Franchement, votre concept claque !

U10 : « Quelle drôle d’idée que le football ». Voici les mots de la fiction. Dernièrement, le monde tourne au ralenti à tous les étages. Terrorisme, tensions sociales, manifestations mouvementées, bavures policières… D’après toi, où se trouve le football dans tout ça ? Quelle est sa place, son rôle, dans le XXIè siècle ?

Il aurait dû avoir le rôle de piston. Le football aurait dû être l’élément qui mélange le plus les cultures, les couleurs, les religions, les classes sociales et j’en passe.

Une anecdote. En janvier 2015 il y avait une guerre chez nous au Congo, même si vous ne le saviez pas. On joue le quart de finale, et on le gagne. Figurez-vous que ce match a arrêté cette guerre. Oui, cette guerre a cessé le soir de la victoire.
Ce sont ce genre de moments-là qui, malgré le fait qu’il y ait d’innombrables atrocités dans le monde, nous permettent de garder espoir en un avenir plus que meilleur. J’y crois.

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U10 : Une fin de carrière dans ton club formateur du PSG, comme dans l’histoire, ça te tente ou non ?

Ça ne me tente pas, non. J’en rêve.

U10 : En parlant du PSG. Ça va maintenant faire cinq ans que QSI est à la tête du club. D’année en année, ils parviennent malheureusement à assagir et anesthésier le Parc. Au soir du dernier titre, lorsque Nasser avait le micro, les Ultras ont scandé ces mots de révolte, « Liberté pour les Ultras ». Que penses-tu de ce geste, et de la politique de normalisation des qatari ?

Je ne le vis pas au quotidien, je ne suis pas un Ultra. Ce qui m’importe, c’est que le PSG forme des jeunes, produise du beau jeu et gagne des titres. Je pense qu’un Ultra serait plus à même de répondre à cette question.

U10 : « Rêver plus grand », un slogan qui en dit long. Pourtant, le PSG ne fait plus tellement rêver, comme ce soir d’avril contre Manchester City. Il fait même moins fantasmer depuis qu’il a de l’argent, nous faisant regretter les Pauleta ou autres Ronaldinho. Et toi, t’es plutôt avant ou après QSI ?

Je suis parisien. Avant ou pendant QSI, je suis et resterai parisien. La politique ne m’intéresse pas vraiment, mais ce dont je suis sûr, c’est que les gens changent mais l’institution reste. A partir de là..

U10 : Tu fais partie de la fameuse génération 87 du PSG, avec par exemple Sankharé et Mulumbu. Comment expliques-tu que vous n’ayez jamais atteint le devant de la scène ?

En jeune, nous avions tout gagné. Une belle équipe. Il n’y avait pas de remplaçants, pas de titulaires. Un groupe incroyable. Malheureusement, il est rare que quinze personnes du même âge signent pro en même temps au PSG. Je fais bien évidemment allusion à l’époque 2005/2006. Aujourd’hui, le football est totalement différent. Et je pense que si à cette époque-là nous étions sous la même ère footballistique qu’aujourd’hui, vous auriez connu des Parienté, des Harrouard, des Reine-Adelaide, de Sousa, Habert… et j’en passe. Comme je l’ai dit, le football a énormément évolué.
Sortir pro au PSG avant ? Bon courage.

U10 : La génération 87 en France, c’est aussi et surtout ces talents gâchés en masse, portant les noms de Menez, Ben Arfa, Nasri. Tu crois vraiment à la malédiction qui vous suit à la trace ?

Je ne crois pas à une malédiction. Toutes les générations ont connu de superbes joueurs qui n’ont pas percé, et d’autres moins bons qui ont fait de grandes carrières. Une seule vérité dans le football, c’est le terrain. C’est notre CV. C’est là que l’on montre. Le nom, le talent… on s’en fout un peu. Ce qui compte, c’est la performance.

U10 : Tu es le premier à avoir joué contre Neymar en Europe. Tu te rends compte que depuis il garde ce souvenir de toi qui le hante ? Tu te rends compte qu’il ne confirmera jamais, et ne sera jamais ballon d’or parce que dès ses premiers pas devant les supporters et les journalistes, il s’est fait museler et humilier, qu’il n’a pas pu passer un dribble ?

(Rires) Je pense que le lendemain de ce match, il avait déjà oublié ce à quoi je ressemblais. C’est vrai que j’ai pris beaucoup de plaisir dans ce duel avec Neymar, mais ça reste l’un des tous meilleurs joueurs au monde. En tout cas, c’est un client je peux le confirmer. L’adversaire idéal pour savoir où l’on en est, savoir si on est prêt ou pas.

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U10 : Tu es international congolais depuis quelques temps, comment ça se passe pour toi au niveau de la sélection en ce moment ?

Le coach m’a appelé il y a quelques jours, nous avons des échéances qui arrivent. Pour la CAN 2017, il nous reste un match de qualification en septembre. On est premiers avec deux points d’avance, il faudra gagner pour arriver fort à cette Coupe d’Afrique. Puis les qualifications Coupe du Monde 2018 vont commencer en octobre. Ca ne sera pas facile, mais il va falloir y aller. Pour moi, c’est maintenant ou jamais.

U10 : Quelques questions rapides sur la rivalité PSG /OM.
Plutôt Drogba ou Pauleta ?

Drogba

U10 : Marcelo Bielsa ou Laurent Blanc ?

Plutôt Bielsa.

U10 : Donc plutôt glacière que touillette ?

Il faut croire. (Rires)

U10 : Pour finir, tu es toujours sans club ou tu as des contacts ? Le projet Dortmund de l’OM n’intéresse pas le marseillais qui dort au plus profond de ton âme ?

(Rires) Parisien forever. On ne change rien.
Sinon, je n’ai toujours pas signé, ça ne saurait tarder… si Dieu le veut !

P.S: Remerciements à Christopher Oualembo pour le temps énorme qu’il nous a consacré dans le but de réaliser ce projet. Souhaitons-lui une fin de carrière à la hauteur de son talent et de sa générosité!