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Fabien Canu disait: « Beaucoup de sportifs ont des choses à dire. Peu sont entendus. ». C’est pourquoi j’ai décidé, à travers cette rubrique, de rendre la parole à ceux qui la méritent tout autant que les autres, à ces sportifs de l’ombre. A l’ombre du show-business. C’est pourquoi j’ai décidé de donner la parole à ces joueurs pas assez bling-bling et vendeurs pour mériter ne serait-ce qu’une brève dans les « médias sportifs » français, si on peut encore les appeler de la sorte. Cette initiative est la première d’une longue série, qui aura pour but de vous faire découvrir celles et ceux que l’on ne veut pas dévoiler aux yeux du monde, l’argent comme cause principale. « L’Homme est parole, ses silences ne durent pas. »

Il fait partie de cette nouvelle génération dorée belge. Il a fait le choix de s’exiler pour éclore au grand jour. Il est l’arrière droit de l’équipe B de Braga, et compte bien faire déjouer la concurrence en équipe première cette saison. Il a accepté, pendant une année, d’ouvrir les portes de son quotidien au Portugal pour Ultimodiez, avec une interview par mois. Son nom: D’Alberto. Son prénom: Anthony. « Un diable rouge au pays d’Ederzitogol », le nouveau créneau original d’Ultimo où vous vous trouverez dans la peau d’un joueur professionnel pendant des mois. Un jeu en réalité virtuelle pour lequel vous ne devrez pas débourser un seul centime. De ses doutes à ses joies, de ses galères à ses réussites, de ses vacances et voyages exotiques à ses séances de physique, de son entrée à son dessert, vous saurez tout de lui. Tout, sans détour.

U10 : Salut Anthony, comment vas-tu après cette première saison au Portugal ?

Je suis très satisfait de ma première saison. J’ai joué énormément de matchs et j’ai beaucoup progressé en un an. Pour moi, c’est le plus important.

U10 : Que retires-tu, au niveau footballistique, de ta première expérience à l’étranger ?

Les portugais prêtent beaucoup d’attention à la tactique. C’est là où j’ai le plus progressé cette année, et surtout dans le secteur défensif. Moi qui avais l’habitude de jouer dans une équipe offensive auparavant, où on avait toujours la balle, où on attaquait comme on le voulait, ici je suis arrivé dans une équipe bien organisée qui en récupérant le ballon, sait exactement ce qu’elle doit faire : jouer le contre. Aussi, le football est plus engagé ici qu’en Belgique, surtout en deuxième division.

U10 : Tu n’as encore jamais évolué dans la première équipe d’un club, enchaînant les matchs en équipe jeune ou en équipe B. Est-ce un objectif pour toi au niveau de l’ascension pour la saison prochaine ?

Oui, pour moi c’est une étape difficile que je vais franchir. Je me donne le temps et les moyens pour. L’année dernière, j’ai pu goûter à l’équipe A pendant quatre matchs. J’étais sur le banc mais cette année je compte bien faire mes premières minutes. Tout ça passe bien sûr par de bonnes performances en équipe B.

U10 : En partant de ton pays formateur, la Belgique, qu’étais-tu venu chercher au Portugal ?

J’avais quelques lacunes défensives en Belgique, donc j’espérais venir au Portugal pour combler ça. Deuxièmement, j’avais envie d’apprendre une nouvelle culture, une autre façon de voir le football.

U10 : La Belgique était annoncée comme l’un des grands favoris de l’Euro, mais elle n’a finalement pas su concrétiser les espoirs mis en elle. Qu’est-ce qui a manqué à cette équipe pour rivaliser avec les plus grands ?

Je pense qu’il ne manque pas grand-chose à cette équipe. N’oublions pas que le pilier de cette équipe, Vincent Kompany, était absent durant le tournoi. Pour moi, sa présence aurait totalement changé l’équipe. Mais je ne vous cache pas que je n’étais pas un grand fan de la tactique du coach.

U10 : On parle souvent des différences entre flamands et wallons à l’intérieur de l’équipe. Penses-tu que celles-ci ont pu jouer un rôle déterminant pendant la compétition ?

Non je ne crois pas. Ce problème n’est pas d’actualité dans le football belge. D’ailleurs, la plupart des joueurs se connaissent depuis tout petits, c’est une bande d’amis.

U10 : Tu as côtoyé Kevin De Bruyne en équipe nationale jeune n’est-ce pas ? Que peux-tu nous dire sur ce joueur que toute l’Europe s’arrache ?

Non, je ne l’ai pas côtoyé en équipe nationale car nous ne sommes pas de la même génération. En revanche, j’ai eu l’occasion de le côtoyer car nous avions un ami en commun. C’est un garçon très réservé, très humble. Je me rappelle que cela m’avait même surpris qu’un joueur de son calibre puisse être comme ça. D’après moi c’est ça sa grande force : il ne prend personne de haut.

U10 : Plutôt Eden Hazard ou KDB ?

C’est difficile à dire ! Si on pouvait avoir un joueur avec les dribbles d’Hazard et le pied de KDB…

U10 : Tu as donc déjà évolué en équipe nationale jeune. On sait que le poste de latéral n’est pas le plus fourni chez les professionnels. Penses-tu pouvoir être l’élu, le futur de la sélection, à ce poste ?

Le poste d’arrière droit n’a pas toujours été le mien. En jeune, j’étais un joueur polyvalent, je jouais un peu partout. C’est depuis que je suis au Portugal que je suis devenu un vrai latéral, donc disons que je suis encore en formation. Bien sûr que l’équipe nationale est mon objectif. Si je continue à travailler comme la saison dernière, qui sait. Dans le foot tout va vite.

U10 : En mars dernier, la Belgique a été touchée par le terrorisme. Comment as-tu vécu ce moment douloureux pour ton pays, alors que tu te trouvais à l’étranger ?

C’était pas facile car le lieu de travail de ma mère se situe justement à Maelbeek, la station de métro qui a été touchée par la bombe. Mais heureusement, j’ai rapidement eu des nouvelles de mes proches et j’ai pu souffler. C’est vraiment tragique ce qui se passe actuellement en Europe.

U10 : Lorsqu’on voit les jeunes talents belges qui sortent chaque année, on peut se dire que la formation belge est plutôt performante. Quelle est la particularité de cette formation « made in Belgium » ?

Dès leur plus jeune âge, les petits ont l’habitude de jouer au football à l’agora (terrain de five dans chaque quartier), ce qui fait que la plupart ont une technique raffinée. En plus de ça, les grands clubs belges ont beaucoup investi dans des centres de formation et de bons coachs. Tout ça fait qu’il y a chaque année des nouveaux talents. Et je vous rassure, il y en a encore plein qui arrivent !

U10 : Si tu devais choisir un club où tu passerais toute ta carrière, à la Stevie G à Liverpool, quel serait-il ?

Mon objectif ultime est de jouer un jour au Barça. C’est mon club de cœur, je pourrais y jouer toute ma vie.

U10 : On demande souvent aux joueurs de donner leur onze de rêve, mais ça devient un peu lassant et répétitif. Alors pour changer, je te demanderai de me donner ton five de rêve, un five le plus technique possible. 100% formation belge?

Messi reste le meilleur bien sûr. A côté de lui je mettrais CR7, Hazard, Neymar et Sanchez. Un belge dans mon Top 5 c’est déjà très bien !

U10 : Cette saison, je vais donc te suivre dans ta progression et ta vie de footballeur par le biais d’une interview par mois. Prêt à ouvrir les portes de ton quotidien à Braga pour tous les diezistas qui nous lisent ?

Oui, j’ai hâte de vous montrer mon quotidien !

 

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