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18 Septembre 2016, l’Inter Milan vient enfin de battre son rival favori à San Siro. Une première depuis 2009 et une victoire 2-0 des hommes de José Mourinho. La Juventus compte aujourd’hui 15 points sur 18 et reste solide leader devant le Napoli. Mais les coéquipiers de Dybala inquiètent. En manque d’inspiration devant et complètement déboussolée face à la connexion Newellista Banega -Icardi, la Vieille Dame a montré des faiblesses. Parler de crise serait un manque de respect tant le bilan comptable est bon mais l’inquiétude est de mise.

Un nouveau groupe pour une nouvelle aventure

Quand on regarde l’effectif de la Juventus, on peut légitimement penser qu’il s’agit d’un des meilleurs effectifs de l’histoire du club. Exceptée celle de 2006 avant le Calciopoli, aucune Juve ne semble être aussi forte sur le papier. Malgré tout, les tifosi restent sceptiques sur leur équipe et sur le jeu : les Bianconeri s’identifient de moins en moins à leur équipe. Les départs de Vidal, Tevez et Conte ont été difficiles à avaler. Durant le mercato, une page s’est tournée. Simone Padoin est parti rejoindre son ami Storari à Cagliari ; très apprécié par les Tifosi, l’ancien numéro 20 était vu comme un des leaders de l’ombre du vestiaire. Comme Storari, Caceres ou Pepe, il faisait désormais partie des meubles de la Juventus : jamais un mot plus haut que l’autre malgré son statut et répondant toujours présent quand le coach avait besoin. Ces joueurs étaient catalogués « Da Juve » tant leur investissement au quotidien donnait de la joie. Rajoutez les départs de Morata et Pogba qui étaient les têtes de gondoles de la nouvelle politique de recrutement de Marotta et vous avez une Juventus nouvelle. L’arrivée de joueurs de classe mondiale comme Higuain ou Dani Alves montrent bien que la Vieille Dame rentre dans une nouvelle ère. La Juve veut lutter à armes égales pour gagner la LdC. Finie la Juventus qui tente des coups de poker, maintenant la Juventus a décidé d’être plus clinquante. Face à ce changement de politique, les supporters sont plus exigeants envers les joueurs et le font savoir. Le Juventus Stadium n’a pas hésité à gronder face à Sassuolo et Seville devant l’absence de spectacle. La flamme semblait avoir disparu l’espace de deux matchs. Moins d’encouragements, un stade plus silencieux et l’impression que le peuple juventini s’emmerdait devant son équipe. Une situation qui semble exaspérer les cadres qui n’ont pas hésité à monter au créneau. « Nous devons gagner 1-0, 2-0 c’est dans l’ADN de la Juve, nous serons jamais le Real ou le Milan de Ronaldinho » avançait Chiellini, analysant avec lucidité l’histoire de son club. Après la défaite contre l’Inter, les coéquipiers de Mario Lemina ont réussi leur tournant face à Cagliari et plus difficilement face à Palerme, en attendant un déplacement à Séville, où la machine de Sampaoli n’est pas encore réglée. Une Juventus qui pourra bientôt compter sur le retour de Claudio Marchisio, le remède à tous les problèmes ?

Marchisio-dépendance

S’il y a bien une chose qui n’a pas changé entre le premier titre de la Juventus et celui de 2016, c’est l’importance de Marchisio dans le jeu. Pirlo, Vidal, Pogba partis, la seule vraie référence aux yeux des Juventini est il Principino. Sans lui, le milieu de terrain semble manquer de repères. Son intelligence de jeu et sa faculté à s’habituer quels que soient ses coéquipiers rendent les choses plus compliquées. Un Asamoah qui n’avait plus enchaîné les matchs depuis deux ans, Lemina pas à son poste, Pjanic pas encore prêt, et c’est Khedira qui se retrouve à tenir le milieu seul. L’absence de Marchisio plus celle de Sturaro font que le milieu de terrain est le point faible de la Juventus en ce début de saison. L’équipe ne crée pas grand chose à ce niveau. Le nouveau rôle de Dybala qui décroche pour aider les milieux n’est pas encore huilé. Ce nouveau rôle profite à Khedira et profitera surement à Marchisio selon où Allegri l’utilisera. Très à son aise devant la défense en regista la saison dernière, Allegri préférerait mettre Pjanic à ce poste et remettre Marchisio en relayeur avec Khedira. Dans un tel schéma, le vice capitaine Bianconero pourra profiter des décrochages de Dybala pour s’insérer dans la surface adverse. Dans le cas ou Allegri inverserait les rôles, l’international italien pourrait faire profiter Dani Alves, Alex Sandro ou Higuain de ses ballons au dessus de la défense. Reste à voir comment Allegri compte gérer l’équipe quand il aura son effectif à 100% (0.01% de chances ding dong blessure musculaire). Le flou risque d’être garanti, 4-3-3 avec Pjaca et Cuadrado, un 3-4-2-1 avec Dybala et Cuadrado derrière Higuain ou un 4-4-2 à plat risquent d’être envisageables selon les déroulement des matchs. La Juventus a une marge de progression due à son effectif de qualité ;  le retour de Marchisio plus la montée en puissance des recrues devraient dissiper les interrogations du début de saison. En attendant, elle se doit d’engranger des points comme elle l’a toujours si bien fait.

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