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Jeudi matin, 5h, le réveil sonne, c’est le moment de se préparer avant de s’envoler en direction de Düsseldorf pour 4 jours en immersion au pays du football. Oui coucou l’Allemagne, c’est toi. Chaque semaine, la totalité du pays vibre pour son équipe : qu’elle soit en Bundesliga ou en Regionalliga (4e division allemande), la ferveur est présente de toutes parts. Tout le monde est là, avec sa bière à la main pour regarder, applaudir, s’agacer ou chanter. Et c’est peut-être ce qui rend le football allemand si spécial à mes yeux : la popularité subsiste malgré le temps et l’évolution de ce sport ces dernières années. Un côté traditionnel est encore là, bien ancré, qu’on le veuille ou non. Maintenant place au récit de ce voyage entre Düsseldorf, Dortmund et Mönchengladbach.

En partant de Lyon jeudi matin à 8h55 j’étais supposée arriver tôt à Düsseldorf, première étape du voyage, afin de visiter la ville. Mais c’était sans compter sur les 2h de retard de mon vol… La rigueur allemande hein. Après deux petits heures à courir un peu de partout entre l’Altstadt et la Königsallee il faut songer à aller à la gare pour se rendre à Dortmund. En théorie le voyage est rapide mais encore une fois j’ai eu de la chance. Sans la moindre explication je suis arrivée avec 30 minutes de retard par rapport à ce qui était normalement indiqué. Fabuleux n’est-ce pas ? Alors si vous pensez que la SNCF c’est l’enfer alors n’essayez même pas d’imaginer la Deutsche Bahn puisque c’est pire. Enfin après ces péripéties j’ai pu rejoindre mon très cher Tom qui lui était arrivé à l’heure.

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Königsallee – Düsseldorf.

Vendredi 23 septembre : jour de match. A 20h30 le Borussia Dortmund affronte le SC Freiburg pour le compte de la 5e journée de Bundesliga. Mais avant de se rendre dans le plus beau stade du monde (oui je suis objective) il faut trouver quelque chose pour s’occuper et pour ça rien de mieux qu’une longue balade en ville et dans les musées avec son appareil photo. Au fil de la journée nous pouvons nous apercevoir que la ville se remplit lentement, que les maillots jaunes et noirs (mais aussi rouges et noirs) apparaissent à chaque coin de rue. Ceci contraste d’ailleurs avec le calme de la veille. On voit rapidement que le football est au cœur de tout, cela rythme la semaine comme un métronome. C’est un rituel précieux que l’on ne loupera pour rien au monde. Et nous ne le louperons pas non plus d’ailleurs puisque nous avons dû troquer nos appareils photos contre nos écharpes, maillots et bien-sûr nos places pour entrer au Westfalenstadion.

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17h30, nous y sommes, les alentours du stade sont déjà bondés mais c’est juste normal. Chaque jour de match ça se passe comme cela. Tout le monde possède sa touche de jaune sur le dos, autour du cou. Une véritable marée humaine qui converge vers un même point, dans un même but : voir gagner son équipe. Lorsque nous arrivons, le stade n’est pas encore ouvert, nous nous dirigeons donc vers le Fanwelt parce que nous n’allons quand même par repartir les mains vides. Nous jetons notre dévolu sur le maillot Ligue des Champions de cette saison avec de jolis noms dans le dos parce que c’est quand même mieux ainsi. Une fois le shopping fini et notre dîner acheté nous partons nous installer à notre place dans la Nordtribüne. De nos places nous pouvons observer le stade se remplir lentement, les joueurs venir reconnaître le terrain puis s’échauffer. Les premiers chants commencent à résonner, d’abord du côté du bloc de Freiburg qui donne de la voix avant d’être éteint par la Südtribüne qui commence a gronder lentement mais sûrement. Nobby Dickel fait quelques annonces dans le stade pus vient le moment de se lever. Les premières notes de You’ll never walk alone s’élèvent, les écharpes aussi et tout le monde se met à chanter. Ce moment-là dure pendant trois petites minutes à peine mais que c’est puissant, surtout lorsque l’instrumental disparaît pour laisser la place aux seules voix des supporters qui chantent tous en cœur les dernières phrases. Cet instant prouve d’ailleurs qu’il n’y a rien de mieux qu’un stade rempli – surtout celui-là –  et qui résonne ainsi juste dans l’optique de soutenir son équipe.

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Peu de temps après nous découvrons enfin la composition… Et nous avons la surprise de voir que Julian Weigl est titulaire alors ce que nous étions presque persuadés qu’il allait être ménagé en vue du match contre le Real Madrid le mardi suivant (le plus beau jour de la vie de Tom, sans aucun doute). Nous allons aussi pouvoir observer Emre Mor qui fête sa première titularisation. En bref, une composition sacrément sympathique qui présage de bonnes choses pour cette soirée.

Christian Dingert, l’arbitre de la rencontre, porte le sifflet à sa bouche et lance la partie. Le BVB monte doucement en puissance après quelques frayeurs, Ousmane Dembélé et Emre Mor enflamment leurs côtés respectifs pendant que Weigl nous offre les premières minutes de son récital du soir. Le jeune milieu défensif allemand a tout simplement été grandiose, chacune de ses passes, de ses feintes, de ses mouvements se fait avec une intelligence et une rapidité hors norme. Il comprend parfaitement le jeu, la situation qui prend place autour de lui, il lit entre les lignes comme peu de joueurs savent le faire. Lorsque la balle est à ses pieds un bref sentiment de sérénité s’installe car l’on sait qu’il ne commettera probablement pas la moindre erreur. A seulement 21 printemps, le numéro 33 joue déjà comme s’il était là depuis longtemps alors qu’il est tout en haut depuis l’année dernière seulement. Mais chez lui ceci ne compte pas tant il est au-dessus du lot. Nous étions déjà sous le charme de Julian Weigl avant cette soirée mais en sortant du stade c’était encore pire. Il nous a littéralement envoûtés à tel point que nous aurions pu le regarder encore et encore sans s’en lasser. Ce garçon est un génie comme on en trouve rarement et l’avoir dans son équipe se révèle être une chance inouïe.

Revenons au match : les occasions face à la Nordtribüne se succèdent, les corners et les fautes aussi d’ailleurs. L’ambiance quant à elle est toujours aussi festive et les supporters du SFC se font bien entendre. Pourtant leur équipe n’est pas au mieux, Schowlow sauve les meubles à plusieurs reprises tout comme la transversale qui empêche le score de bouger. C’est à la 44ème minute que la libération finit par arriver : Götze sert Dembélé qui offre le but sur un plateau à Aubameyang qui n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des filets. Le stade explose, le nom du numéro 17 résonne dans le Westfalenstadion. La joie se lit sur les visages lorsque la mi-temps est sifflée. Le BVB domine largement le sujet et cet avantage est amplement mérité ; il ne reste plus qu’à le confirmer en seconde période. Chose qui est faite rapidement à la sortie des vestiaires. A cet instant on a failli me perdre : Lukasz Piszczek a marqué son deuxième but de la semaine (soit le même nombre de buts qu’il avait marqué jusque-là) et NOUS Y ÉTIONS. Autant vous dire qu’après avoir vu ça on peut mourir en paix car l’arrière droit polonais ne marque presque jamais, encore moins 2 buts en 2 matchs alors être là quand ça arrive c’est sacrément beau. Qui plus est, il est au début de l’action puisque c’est lui qui lance Castro au départ. Le stade explose une seconde fois à la 52ème minute, et tout le monde scande le nom de celui qui est là depuis 2010.

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Echte liebe.

Les chants reprennent de plus belle mais au fil des minutes on sent que le BVB relâche un peu la pression et à peine 5 minutes après avoir dit que Freiburg allait marquer Schmelzer ne suit pas vraiment, Ginter glisse, et Maxi Philipp ne laisse pas passer cette occasion de réduire le score. A partir de la 60e minute, le match ne tient plus qu’à un fil et on se fait plusieurs frayeurs jusque à ce que notre champion d’Europe favori finisse par libérer tout un stade après une superbe action collective entre Guerreiro, Castro, Weigl et Aubameyang. La finition du gauche du jeune portugais est parfaite et c’est imparable pour le portier allemand. Tout le monde saute de joie, tout le monde scande trois fois le nom du numéro 13 qui a conquis encore un peu plus nos cœurs. Le match se termine, le stade célèbre avec les joueurs et tout est bien qui finit bien. Ce stade est bel et bien le meilleur endroit du monde et ce club est aussi le meilleur du monde.

Après ce vendredi riche en émotions, il faut se lever pour partir en direction de Mönchengladbach à l’occasion du match au Borussia-Park contre Ingolstadt à 15h30. Deux trains plus tard (ceux-ci sont à l’heure, chanceux que nous sommes), nous arrivons à destination et nous filons directement au stade grâce aux navettes gratuites mises à disposition. Une fois arrivés à la maison d’Ibo Traoré et après avoir déposé le sac à dos de monsieur dans le local mis à disposition nous partons nous installer dans la Südtribüne.

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Borussia-Park.

Tout se passait bien jusqu’à ce qu’une abeille m’attaque. Visiblement à M’Gladbach elles sont moins sympathiques qu’à Dortmund ce qui fait une raison de plus pour aimer ce club. Après l’étape infirmerie nous retournons nous installer à nos places et c’est à ce moment là que nous apprenons que Mahmoud Dahoud est titulaire. Pouvoir observer deux jeunes milieux allemands aussi talentueux en deux jours est une sacrée opportunité… Et nous sommes encore plus chanceux quand le numéro 8 décide lui aussi de réaliser une performance de haute volée. Il nous étale toute l’étendue de son talent, il joue son rôle chef d’orchestre au milieu à la perfection.  Après avoir vu cela on se dit que la Mannschaft n’a pas de souci à se faire concernant son milieu de terrain. L’ambiance comme la météo sont là, le jeu est moins plaisant que la veille mais nous n’allons pas nous plaindre non plus. Alors ce que Gladbach a déjà eu plusieurs bonnes situations c’est le capitaine, Lars Stindl, qui finit par libérer tout le monde et cette ouverture du score est méritée au vu de la domination de son équipe.

Le match poursuit son cours, le FCI pousse pour égaliser et les Fohlen se font quelques frayeurs mais ils finissent par doubler la mise avec évidemment Mo Dahoud à la baguette. Il sert parfaitement son coéquipier Oscar Wendt qui marque le second but juste sous nos yeux et les 40000 spectateurs entonnent leur éternel « Döp, Döp, Döp » pour la seconde fois de la journée. A vrai dire le seul point noir de cet après-midi de football c’est de ne pas avoir vu Ibo Traoré jouer (et aussi lorsqu’on a vu sur les écrans géants que le Bayern Munich avait ouvert le score à la 88ème minute contre le HSV), tout le reste était vraiment agréable dans ce stade chaleureux qu’est le Borussia-Park.

Après le match la journée tourne au vinaigre avec le mal de dos qui entre en scène. Mais le pire ce n’est pas ça puisqu’après avoir pris notre premier train pour rejoindre la gare de Düsseldorf et avant de prendre le second pour Dortmund nous apprenons que ce dernier a 30 minutes de retard. Ah oui mais la DB s’excuse donc ça change tout. Enfin elle s’excuse pour nous annoncer 5 minutes plus tard que ce sera 40 minutes de retard. Et le temps ne cesse d’augmenter et je peux vous assurer que les sièges de la gare ne sont pas confortables pour faire une sieste. Bon heureusement que j’ai un bon oreiller avec moi. Enfin bref après 1h30 environ le train se décide à arriver. Et la je sais que je ne vais plus pouvoir me plaindre de la SNCF parce que tout est mieux à côté du merdier qu’est la Deutsche Bahn… Alors ne vous plaignez plus, c’est interdit maintenant, on a de la chance.

Le weekend s’achève lentement, le lendemain il faut déjà rentrer à la maison et retourner à l’aéroport après avoir regardé Schalke 04 (non sans plaisir) s’incliner pour la cinquième fois de suite. Le football aura rythmé ces 4 beaux jours à l’heure allemande mais il est temps de se dire au revoir enfin à dans quelques mois plutôt.