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Après le scandale Wanda Nara, le grand Mauro Icardi, dont l’humilité n’a décidément d’égale que la loyauté, s’attire à nouveau les foudres du monde du football.

Cette fois-ci, c’est du côté de l’Italie et plus précisément de la Curva Nord que les esprits s’échauffent. La raison ? L’autobiographie récemment publiée par le joueur, et particulièrement une anecdote qu’il commente avec beaucoup de tact, de maturité et d’objectivité. On vous laisse apprécier.

« J’ai trouvé le courage d’affronter la Curva avec Guarin. J’ai enlevé mon maillot et mon short pour les donner à un enfant. Un mec lui a arraché des mains et m’a relancé le tout avec dégoût. Je suis devenu fou, j’aurais pu le frapper pour ce geste de bâtard. J’ai commencé à l’insulter et à lui dire qu’il devrait avoir honte. Je lui ai jeté mon maillot au visage. Les dirigeants ont eu peur qu’ils viennent chez moi pour me le faire payer. Je leur ai dit: « Je suis prêt à les affronter un par un. Ils ne savent pas que j’ai grandi dans des quartiers avec le plus haut taux de criminalité en Argentine. Ils sont combien ? 50 ? 100 ? 200 ? Dis leur que je vais ramener une centaine de criminels argentins pour les tuer, et après on verra ». J’ai exagéré exprès pour faire comprendre à tout le monde que je ne céderais pas aux menaces ».

Alors on est bien d’accord, niveau intérêt littéraire on est proche de zéro, mais niveau détails croustillants et potentiel polémique c’est un chef d’oeuvre.

Du coup c’est le drame. L’Inter est au fond du trou (une jolie onzième place au classement à la fin de cette huitième journée de Serie A), les tifosi sont sur les nerfs, et cette déclaration met le feu aux poudres. L’attaquant nerazzurro est d’abord renié par la Curva Nord dans un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche qui proclame : « un individuo del genere non può indossare la fascia di capitano » (comprenez : un tel individu ne peut pas porter le brassard de capitaine), puis blâmé par Zanetti qui annonce des sanctions à son encontre, et surtout violemment sifflé et insulté par les ultras lors du match contre Cagliari.

icardi-1« Tu n’es pas un homme. Tu n’es pas capitaine. Tu es seulement une sale merde. » C’est beau.

Décidément très inspirés, les tifosi ne se sont pas arrêtés là et ont décidé de remettre un coup de pression sur leur capitaine, en bravant la menace que représentaient les potentielles représailles des plus grands criminels argentins et en allant assiéger la maison du baron Icardi. Ils ont même laissé un petit souvenir de leur descente :

cu6puwcweaa1hlvAmbiance cartel de Medellin hier soir en Lombardie.

A court terme, on espère que Mauro a bien dormi.

A moyen terme, on attend maintenant l’exécution des sanctions prises par le club (une « lourde amende » et le retrait de la vente de l’autobiographie jusqu’à ce que le passage litigieux en soit supprimé) et la réaction de la Curva au maintien d’Icardi en tant que capitaine.

A long terme terme, reste à savoir si Mauro l’enfant terrible saura, par ses paroles ou ses actes (pour le moment avec son match dégueulasse d’hier et son pénalty raté ça semble mal parti de ce côté-là), calmer les esprits des tifosi et regagner le coeur de la Curva. Sinon, il ne lui reste plus qu’à faire ses valises et à s’en aller cracher sur d’autres supporters, dans un autre club, et de préférence le plus loin possible des ultras milanais.

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