Il y a bien longtemps que l’on n’avait pas compté la Lazio parmi les pricipaux protagonistes de la Serie A. Coïncidence ou pas, cela concorde avec la retraite du rival Francesco Totti. Aujourd’hui, la troupe de Simone Inzaghi est considérée comme une des valeurs sûres d’Italie.

« Pendant que tu enfilais record sur record, tandis que les stades du monde entier t’applaudissaient, pendant que tu pensais à quel message nous dédicacer sur tes T-shirts pendant les derbys… la Lazio a gagné un Scudetto, une Coupe des vainqueurs de coupe, une Supercoupe d’Europe, quatre Coupes d’Italie et trois Supercoupes d’Italie.« 

En rendant hommage à Totti, les tifosi de la Lazio ont aussi rappelé que leur club enquillait plus de trophées que son rival historique. Malgré les moqueries des ennemis et du reste du pays, les biancocelesti arrivent toujours à glaner des trophées. La victoire la plus remarquable reste celle de 2013 face à l’AS Roma. Ce fameux 26 mai 2013, qui fait désormais partie du patrimoine de la ville de Rome au même titre que le Colisée et le Stadio Olimpico. Les tifosi ne remercieront jamais assez Senad Lulic, devenu une vraie légende du côté de la Curva Nord.

Malheureusement, ces victoires en coupes ne sont que des parenthèses dorées. Avant l’arrivée de Simone Inzaghi, le club ne tournait pas rond. La tension entre les Tifosi et le président Claudio Lotito en était la principale cause. Sa communication, sa politique sportive et ses caprices ont eu raison du peuple Laziale. Le pic a été atteint le 14 juillet 2016 (une autre grande date dans l’histoire du club), la non-arrivée de Marcelo Bielsa dans la capitale ayant forcé les supporters à manifester dans la rue et exprimer leur mécontentement.

Le président Lotito en prend pour son grade et épuise le peu de crédit qu’il lui restait. Sa politique de l’autruche ne passe plus et on veut sa tête sur un piquet comme celle de Louis XIV. Lorsqu’on lui demande ce qu’il pense de la manifestation des Tifosi contre lui, il juge qu’il ne s’agit que d’une minorité. Ce sont finalement 5000 supporters qui vont descendre manifester dans les rues de Rome. Un tel rassemblement pour demander la tête d’un président, c’est du jamais vu

Le cas Bielsa est le reflet de 13 ans de gestion basée sur des fausses promesses, du rêve et des paroles non tenues.

Si tout était prévu pour que la Lazio passe une saison en enfer, un homme va sauver le club à lui tout seul.

Simone Inzaghi, petit frère a grandi trop vite

« Petit frère n’a qu’un souhait, devenir grand ».

Akhenathon a résumé en une phrase la carrière de Simone Inzaghi. L’actuel entraîneur de la Lazio Rome a longtemps vécu dans l’ombre de Pippo. Que ce soit en tant que footballer mais aussi en tant qu’entraîneur. En effet, l’ancien bomber de l’AC Milan a commencé à coacher avant lui. Après un premier échec au Milan et un détour dans les divisions inférieures pour se faire les dents, l’aîné de la fratrie Inzaghi va pendant un temps monopoliser la lumière sur lui. Jusqu’à l’année dernière. Pour la première fois en  25 ans, c’est Inzaghinho qui va être la star de la famille.

Parachuté en tant qu’entraîneur principal de la Lazio Rome à la place de Stefano Pioli le 6 avril 2016, l’ancien buteur va sauver les meubles durant les dernières journées de championnat. Mais le club ne le conserve pas et l’envoie à la Salernitana, le club de Serie B appartenant à Claudio Lotito. Après la démission de Bielsa et le retrait logique de Prandelli, le club se retrouve à poil avant la pré-saison. Le président décide de rapatrier d’urgence Inzaghi pour reprendre la Lazio. Une situation invraisemblable mais qui correspond parfaitement au contexte laziale. Les tifosi sont désabusés et s’attendent déjà à une saison galère. Et pourtant…

Une 5ème place inespérée, une défaite en finale de coupe d’Italie face à la Juventus et une victoire en super coupe en août toujours contre les Turinois, tel est le résumé de la saison des biancocelesti. Mais le plus important reste le bilan positif face à la Roma. En effet, avec Inzaginho, le club remporte deux derbys, pour un nul et une défaite. Des belles stats quand on sait que le club restait sur une série de défaites face au rival. L’équipe va terminer avec 55% de victoires toutes compétitions confondues, rien que ça. Une première saison plus que réussie pour celui dont le plus grand fan  reste son grand frère, qui suit tout ses matchs depuis la Vénétie.

Réussir à la Lazio n’est pas donné à tous mais l’ancien chouchou de la Curva Nord sait mieux que quiconque comment se mettre les tifosi dans la poche. Avec lui, tout marche au mérite. Les meilleurs aux entrainements et pendant les matchs joueront. Il n’hésitera pas au faire jouer des jeunes de la Primavera qu’il a eu sous ses ordres. Strakosha, Lombardi, Murgia, Rossi et plus recemment Palombi se sont vu offrir une place dans l’effectif Laziale. Sa gestion des hommes plaît énormément en Italie.

S’il a parfaitement remis en selle Keita Baldé et Ciro Immobile, sa plus grande réussite est en train d’avoir lieu. Luis Alberto, recruté 7 millions à Liverpool par Igil Taré et Claudio Lotito n’entrait absolument pas dans ses plans (à l’instar de Mortiz Leitner, déjà reparti). Jugé en dessous, Inzaginho va s’occuper de son cas personellement et le faire progresser petit à petit. Alors qu’il n’avait joué que 9 matchs la saison précédente, l’ancien sévillan est déjà à 4 matchs dont une magnifique partition face au Milan de Montella. Numéro 10 de formation, il est utilisé comme second attaquant, ailier gauche voire en tant que relayeur. Le coach est en train de remporter son pari et l’Espagnol de devenir un élément principal de son équipe.

D’un point de vue tactique, le 3-5-2 est devenu le schéma préférentiel du coach laziale. Mais il n’hésite pas à utiliser des variantes comme le fameux 3-6-1 avec seul Keita Baldé en pointe, qu’il a utilisé face à la Roma (véritable oeuvre d’art tactique). 3-5-2, 3-4-2-1, 3-5-1-1 voire 4-3-3, Simone Inzaghi a inculqué de nombreux schémas à ses joueurs et ça marche.

Quand les schémas ne passent plus, il reste le mental à toute épreuve qu’il a inculqué à ses joueurs. Capable de renverser des montagnes, la Lazio vient de l’emporter deux fois à l’extérieur malgré un turn-over et un match compliqué. On n’oublie pas la victoire face à la Juventus en super coupe, à l’issue d’un match fou.

Contrat de conscience

« Je suis tenu par les liens d’un contrat de conscience », Ciro Immobile, 5 avril 2016.

Cette citation aurait très bien pu sortir de la bouche de l’ancien bomber du Torino. Elle correspond parfaitement à la relation fusionnelle qui le lie à son entraîneur. Depuis son arrivée à Rome, l’ancien flop du Borussia Dortmund marche sur l’eau. Transformé en l’une des pièces maîtresses du système laziale, le numéro 17 est redevenu la terreur qu’il était avant de rallier l’Allemagne. 23 réalisations la saison dernière, l’Italien en est déjà à 8 en 6 matchs dont un triplé retentissant face à l’AC Milan. Il est désormais la star de l’équipe et a la confiance de tout un peuple derrière lui, en grande partie grâce à son entraineur. Ciro est désormais rentré dans l’histoire du club

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Mais un autre joueur fait de l’oeil à toute l’Europe et risque d’exploser tous les compteurs en Serie A. Sergej Milinkovic-Savic est en train d’éblouir l’Italie de sa classe. Le milieu de terrain serbe a tout pour devenir l’une des attractions des prochains mercato. Grand comme Matic (1m92) avec la finesse technique d’un Dejan Stankovic, l’ancien de Genk est en train de passer un cap sous Inzaghi. Lotito jure avoir refusé des offres démesurées le concernant et a racheté les 50% de revente à son ancien club pour 9 millions (première bonne idée du président depuis des années). Le club sait qu’il détient une pépite, plus grosse encore que Keita Baldé peut être tant son volume de jeu et sa personnalité sont fortes. Milinkovic-Savic possède une marge de progression énorme et semble prêt à passer encore un cap cette saison avant de sûrement s’envoler vers d’autres cieux.

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Les deux joueurs représentent parfaitement cette nouvelle Lazio, des éléments talentueux qui se mettent au service du collectif. Derrière les Keita Baldé, Felipe Anderson, Ciro Immobile ou Mauro Zarate il y a quelques années, il y a des joueurs qui sont au club depuis un moment et bossent pour eux. Les Tifosi sont fiers de compter dans leurs rangs des joueurs comme Stefan Radu (qui va fêter ses 10 ans au club), Senad Lulic, Marco Parolo ou Dusan Basta.

Ce soir, la Lazio accueille le Napoli et peut passer devant les coéquipiers de Dries Mertens. Pour ça, il faudra sortir une partie XXL. On peut compter sur Ciro Immobile pour continuer sur sa lancée, face au club de son enfance.

Photo credits : Claudio Pasquazi / Anadolu Agency

« Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois.»