En traversant la Manche pour rejoindre le club du nord de Londres, Serge Aurier semble avoir fait le bon choix. L’international ivoirien a retrouvé un championnat et un rôle qui collent parfaitement avec son style de jeu.

Après trois années mouvementées au PSG où il a enchaîné les débordements, et pas que sur le terrain – insulte envers l’arbitre Björn Kuipers, « Aurier Gate » sur Periscope, rixe en sortie de boîte, entrée en jeu retardée à Lorient – Serge Aurier a naturellement dû se poser la question d’un départ de la capitale l’été dernier. Dans un contexte où le PSG devait dégraisser son effectif et Tottenham compenser la perte de Kyle Walker, envolé pour Manchester City, le destin a donc propulsé « Sergio » chez les Spurs de Mauricio Pochettino. Si la finalisation de ce transfert a été effectuée le 31 août, dans les derniers instants du mercato, elle résulte d’une longue réflexion et d’un choix judicieux. Explications.

Retrouvailles avec le 3-5-2

Dans la foulée de sa signature chez les Lilywhites, Serge Aurier a retrouvé le système qui l’avait révélé à Toulouse : le 3-5-2. Principal rouage de ce schéma mis en place par Alain Casanova en 2013-2014, l’Ivoirien avait alors terminé la saison avec 6 buts et 9 passes décisives, ainsi que le statut de défenseur le plus prolifique d’Europe. Aujourd’hui, il est certes loin de ces stats (1 but et 2 passes dé à mi-saison avec Tottenham) mais son épanouissement est total.

Le natif d’Ouragahio, petite ville du sud-ouest de la Côte d’Ivoire, est comme un poisson dans l’eau au sein du système de Pochettino. Collé à la ligne de touche, Aurier a la totale liberté de se projeter vers l’avant à condition d’exercer un pressing constant pour gêner la relance adverse. Grâce à son gros volume de jeu et à sa bonne qualité de centre, il remplit plutôt bien cette mission, amenant régulièrement le danger de son côté droit tout en harcelant son vis-à-vis sur les phases défensives. Aussi, Serge Aurier a retrouvé une simplicité de jeu qu’il avait parfois abandonnée à Paris. Ses déviations en une touche et propositions de dédoublement font souvent la différence.

Sergio est donc devenu le piston inusable du côté droit de Tottenham. Il devra néanmoins faire avec la concurrence relevée de Kieran Trippier. L’expérimenté international anglais a livré plusieurs prestations convaincantes cette saison, qui devraient inciter Pochettino a effectuer le turn over dès qu’il en aura l’occasion.

Un championnat fait pour lui

Serge Aurier a du mal à canaliser son énergie, son engagement. Abonné aux cartons, il n’a jamais vraiment su se défaire de son addiction aux contacts musclés. C’est ce qui fait sa personnalité de joueur, diront certains, mais on peut également considérer cela comme un défaut qu’il n’a jamais su gommer, à l’image de ses frasques répétées en dehors du rectangle vert.

En intégrant le monde à part de la Premier League, où le jeu dur jouit d’une impunité certaine – sans pour autant nuire au spectacle -l’Eléphant de Côte d’Ivoire a sûrement trouvé le bon filon. Car depuis son entrée en matière manquée contre West Ham (deux avertissements qui ont abouti à une expulsion), il passe entre les mailles du filet. Mieux, il a même compris que ses courses à répétition pouvaient lui servir à obtenir des fautes utiles.

Aussi, la Premier League est réputée pour son jeu direct, simple (basique ?) misant sur la verticalité des transmissions. Un style qui convient parfaitement au football parlé par Serge Aurier. Ses appels sont souvent récompensés par une bonne passe entre les lignes d’Eriksen, Winks et Cie. Enfin, le roc du flanc droit fait preuve d’une rigueur défensive louable. En témoigne le peu de solutions trouvé par Marcelo lors du match Real-Tottenham, au Bernabeu, en octobre :

Vous l’aurez compris, Serge Aurier est reparti sur des bases saines dans un club sain. Il affiche même une réelle complémentarité avec le reste de l’effectif de Tottenham, notamment Harry Kane qui est très friand de ses centres tendus. Si l’Ivoirien n’aura pas la joie de connaître les émotions de la Coupe du Monde cette année, il peut nourrir l’ambition d’un beau et long parcours en Ligue des Champions, que le PSG n’a pas été en mesure de lui offrir. Pour faire oublier un passé pas toujours glorieux et un envisager avenir radieux, un avenir de latéral sûr du vestiaire.

 

Photo credits : AFP PHOTO / Adrian DENNIS