Martin Terrier veut faire son trou dans le Rhône

Le mercato hivernal est qualifié par les acteurs du football de marché d’ajustement. En effet, il est très rare pendant cette période de voir des transferts retentissants : les mouvements opérés le sont essentiellement par des clubs dans une situation délicate et cherchant à dénicher des joueurs qui pourraient leur permettre de se maintenir en Ligue 1 Conforama. Des achats d’opportunité sont également réalisés par des clubs mieux classés pour accrocher une place européenne. C’est le cas pour la révélation lilloise Martin Terrier qui va rallier l’écurie de JMA pour la saison 2018-2019.

Martin, aka le Rookie de la phase aller

Le natif d’Armentières au LOSC depuis ses six ans a gravi les échelons un à un jusqu’à signer son premier contrat professionnel avec son club formateur le 24 juin 2016. Quatre mois plus tard, il réalise son baptême avec l’équipe première face au SC Bastia. Sur la saison 2016 -2017 Martin Terrier a réalisé quinze apparitions et 2 buts toutes compétitions confondues. A l’issue de cette première saison prometteuse, l’ailier gauche a prolongé jusqu’en 2021 son contrat avant d’être prêté au Racing Club de Strasbourg qui retrouvait l’élite du championnat hexagonal après 10 saisons de disette. Durant l’intersaison, l’espoir lillois a suscité l’intérêt d’Everton mais a n’a pas succombé aux sirènes de la Premier League, privilégiant l’option alsacienne qui lui offrait un temps de jeu plus important. Bien lui en a pris puisqu’à ce jour l’attaquant s’est imposé sur le front de l’attaque alsacienne avec mille minutes au compteur toutes compétitions confondues, ponctuées de trois buts et deux passes décisives.

Ses belles performances lui ont permis d’intégrer la sélection Espoirs et on peut dire que le Ch’ti a réalisé des débuts plus que remarqués puisqu’il a permis de sortir les Bleuets d’un traquenard face au redoutable Kazakh avec un triplé en seize minutes chrono. Martin n’est pas ce qu’on qualifie parfois vulgairement d’un feu de paille puisque sur les trois cents douze minutes passées avec le maillot Bleu étoilé l’attaquant est impliqué sur soixante pour cent des buts inscrits par les U-21 tricolores (sept buts et deux passes décisives). Ces performances plus qu’encourageantes conjuguées à la situation financière délicate (pour ne pas dire plus) ont suscité l’intérêt de plusieurs clubs français et européens.

Un trade inévitable

Compte tenu de la phase aller plus que décevante de son club formateur, le prêt en Alsace lui a permis de briller dans l’une des équipes révélations de cette première partie de championnat. A la vue de ses prestations, on peut se dire qu’il aurait pu rendre pas mal de services à la bande de Bielsa. En outre, son volume de jeu, son investissement, sa polyvalence (capable de jouer à tous les postes sur le front de l’attaque) et son QI football sont des caractéristiques recherchées par le feu maître du domaine de Luchin. Cette rencontre manquée est un des regrets de ce début de saison.

La descente aux enfers du LOSC ayant mené à l’éviction de Marcelo, remplacé par une vielle connaissance de la Conforama Ligue 1 en la personne de Christophe Galtier, a mis le club dans une position financière inquiétante. En effet, la direction lilloise a construit son budget d’exploitation à la DNCG sur un classement final au cinquième rang. Force est de constater que l’issue de l’exercice 2017-2018 ne se soldera pas avec les prévisions du board au gendarme financier de la ligue professionnelle. Pis encore, cette saison la course au maintien est plus serrée que jamais et Gérard Lopez a dû changer son fusil d’épaule pour maintenir son club en parmi l’élite.

Ayant emprunté à taux d’intérêts prohibitifs auprès du fonds d’investissement Elliott, à l’instar des nouveaux propriétaires rossoneri, M. Lopez n’a dorénavant pas d’autres alternatives que de vendre plus tôt que prévu ses joueurs à la plus forte valeur sur le marché des transferts. Citons pêle mêle Amadou, les deux Tiago et Terrier donc.

Une lutte entre les Olympiques

Cette saison (pour une fois), les locomotives sont les clubs attendus, ce qui fait émerger un big four dans notre championnat. Derrière un PSG détaché qui a retrouvé sa place, les trois poursuivants (Monaco, Lyon et Marseille) se livrent une bataille acharnée pour accrocher une place sur le podium synonyme de qualification à la Ligue des Champions (deuxième place directement et troisième place en tour préliminaire). Cette course effrénée devrait nous tenir en haleine jusqu’aux derniers instants de la trente-huitième journée.

Le point commun entre ces trois équipes est la politique de transfert qui anime leurs directions sportives. En effet, ils cherchent à attirer dans leurs filets les jeunes talents de Ligue 1 afin de réaliser de belles plus-values à moyen terme. Par conséquent, ce n’est une surprise pour personne que de voir le nom de Martin Terrier associé à ces équipes dans la presse spécialisée.

Après les investissements consentis sur le marché estival par le club monégasque, cette piste a rapidement été écartée.

Après s’être affrontés sur Twitter durant la trêve hivernale au sujet d’une éventuelle protection arbitrale du club présidé par notre JMA national, les présidents marsaillais et lyonnais ont de nouveau croisé le fer, cette fois-ci sur le marché des transferts, pour signer la révélation lilloise.

Côté marseillais, cette arrivée permettait à Rudi Garcia de pouvoir compter dans ses rangs un attaquant capable de faire oublier le flop Mitroglou et par la même occasion d’être en mesure d’évoluer sur les flancs de l’attaque à trois, schéma tactique privilégié par le technicien français. Cette palette de possibilités pouvait permettre de concurrencer Ocampos et de faire souffler le fer de lance de l’attaque olympienne et nouvel international français : Flotov (10 buts et 9 passes décisives en prêt de 1700 minutes en championnat). Régler le montant réclamé par le LOSC ne posait pas de problème à JHE ; le point de blocage sur ce dossier résidait dans le souhait des marseillais de voir leur nouvelle recrue rejoindre le centre RLD dès à présent. L’arrivée du joueur ne pouvant qu’être effective qu’en fin de saison, on pourrait légitiment s’interroger : l’amateur d’Ultra boost ne s’est-il pas intéressé à ce joueur uniquement afin d’affaiblir son concurrent dans sa négociation en faisant grimper les enchères ?

Coté lyonnais, comme à son habitude, JMA, sur les conseils avisés de Florent Maurice, a pris un temps d’avance dans ce dossier. « Gouverner c’est prévoir ». Cette maxime, le président de l’OL l’a bien en tête et a de nouveau activé l’axe Lille – Lyon afin de compenser le futur (déjà) probable départ de Mariano au mercato estival ou concurrencer un Memphis trop souvent sur courant alternatif (solution privilégiée). Cette option permettra également à la révélation lyonnaise de l’année, j’ai nommé Houssem Aouar, de redescendre d’un cran et d’évoluer au « Mi-Tar ». Laisser Martin finir sa saison en Alsace a facilité la transaction.

D’un point de vue comptable, il est intéressant d’analyser le fait que les derniers transferts entre Rhône et Saône ont un point commun : la durée du contrat (généralement 5 ans) et un montant rarement supérieur à la dizaine de millions d’euros. Cette intelligence financière permet d’avoir une valeur d’amortissement qui ne péjore pas le bilan financier du groupe OL. En effet, la valeur reprise dans chaque bilan correspond au résultat de l’opération suivante : montant du transfert / durée du contrat.

Il sera maintenant intéressant de voir si cette nouvelle acquisition ne va pas ralentir la progression des jeunes pousses de l’Académie lyonnaise qui ont pour habitude de garnir les rangs de l’effectif professionnel et qui occupent une place prépondérante dans le modèle économique du club rhodanien.

 

Menottiste je dirais même plus Bielsiste bref l'amour m'a rayé comme le maillot de l'Argentine