[Premier League] La galère de Benitez

En août 2017, Newcastle United FC fait son grand retour en Premier League. L’équipe termine à la dixième place : le club retrouve de l’ambition et les supporters se remettent à rêver. Aujourd’hui 17ème à seulement deux points de la zone rouge, les fans des Magpies déchantent. Entre un effectif trop juste et une vente du club qui traine, l’opération maintien ne s’annonce pas simple pour Rafael Benitez.

Mardi à 21h00 Newcastle reçoit Manchester City dans son antre de St James’ Park. Tout sauf un cadeau pour les hommes de Rafael Benitez. 17ème au classement avant cette 24ème journée, seuls deux petits points les séparent de Cardiff City, premier relégable. La zone de relégation, ils l’ont justement quittée la semaine dernière en battant les hommes de Neil Warnock 3-0 sur leur pelouse. Une bouffée d’oxygène providentielle dans un match déjà décisif dans la perspective de la lutte pour le maintien. Car c’est bien cela la réalité de Newcastle cette saison : se battre pour rester dans l’élite. Honorables 10ème la saison passée pour leur retour en Premier League, les Magpies vivent une saison galère.

Une attaque en berne

Rafael Benitez ne trouve pas la solution pour relancer son équipe. Le coach espagnol vit certainement la saison la plus compliquée de sa carrière d’entraineur. Lucide sur les forces et faiblesses de son effectif, l’ancien entraineur de Liverpool privilégie un schéma de jeu très défensif. Ses joueurs évoluent régulièrement à cinq derrière et s’en remettent le plus souvent à un contre éclair ou à un bon coup de patte de Matt Ritchie pour débloquer la situation. Disons que le manager des Magpies fait avec ce qu’il a. Et si la défense, construite autour du capitaine Jamaal Lascelles tient la route, ses hommes éprouvent les pires difficultés à développer leur jeu. Au milieu de terrain, l’équipe manque cruellement d’un créateur. Christian Atsu peine à confirmer les espoirs placés en lui malgré une qualité technique individuelle évidente. En attaque, l’inefficacité chronique d’Ayoze Perez se fait ressentir sur les résultats du club. Arrivé cet été pour renforcer un secteur offensif déjà problématique, Salomon Rondon fait ce qu’il peut mais ses cinq buts suffisent à peine à maintenir le club à flot.

Benitez attend « un miracle »

L’équipe s’enlise alors dans une crise de résultats. Avant la victoire face à Cardiff, Newcastle restait sur cinq matchs sans victoire consécutifs. Son incapacité à faire le jeu constitue un frein considérable quand il s’agit d’aller chercher la victoire contre les autres équipes du bas de tableau. En témoigne leur nombre important de matchs nuls face à des concurrents directs dans la course au maintien : 0-0 face à Fulham en décembre dernier, même résultat face à Cardiff City, Southampton et Crystal Palace plus tôt dans la saison. Un manque d’options tactiques qui donne des maux de tête à Rafa Benitez et nourrit la morosité ambiante dans laquelle baigne le club. Ces dernières semaines, le technicien espagnol est souvent apparu le visage fermé en conférence de presse. Après le nul concédé à domicile face à Fulham le 22 décembre, il s’est montré très pessimiste quant aux chances de maintien de son équipe : « Nous devons être réaliste et comprendre que nous allons passer la saison entière dans la second moitié du classement […] Si nous pouvions être meilleur que trois équipes, cela serait un miracle ».

Et si ce miracle venait du recrutement ? Rafael Benitez a appelé de ses vœux des renforts, notamment en attaque. Pour l’instant, le président du club Mike Ashley n’a fait aucun geste montrant qu’il était décidé à dépenser cet hiver pour consolider l’équipe. De son côté, le coach espagnol goûte de moins en moins l’inertie de son boss. Jeudi 23 janvier, il a tenu à prévenir son dirigeant dans une déclaration aux allures d’ultimatum : s’il ne recrute pas cet hiver, il quittera le club à la fin de son contrat, c’est-à-dire l’été prochain, rapporte le Telegraph. Des propos révélateurs d’un agacement grandissant chez le manager de 58 ans, qui a pourtant décliné de belles offres financières en fin d’année dernière. Dragué par des clubs chinois, il a choisi de continuer l’aventure à Newcastle pour « rester près de sa famille » qui vit en Angleterre. Toujours est-il que Rafa veut croire au maintien et attend des renforts. Doublé par l’AS Monaco sur le dossier Gelson Martins, les Magpies s’intéresseraient à Martin Terrier, peu utilisé à l’OL par Bruno Génésio. Le paraguayen Miguel Almiron, serait aussi dans les petits papiers du club. Champion 2018 de MLS avec Atlanta United, le meneur de jeu a inscrit 13 buts en 34 rencontres.

Un propriétaire (trop) gourmand

Le mercato d’hiver va bientôt fermer ses portes et il ne reste plus beaucoup de temps aux Magpies pour faire leurs emplettes. Rien n’assure cependant que l’arrivée de sang neuf suffise à redresser durablement l’équipe. Une problématique plus grande accapare les esprits dans la ville qui a vu naître un certain Paul Gascoigne. Cela fait maintenant plus d’un an que Mike Ashley, propriétaire depuis 2007, cherche à vendre le club. Début décembre, il déclarait même à Sky Sports « avoir bon espoir » de céder le club avant la fin de l’année 2018. Il est vrai que les prétendants ne manquent pas. Selon ecofoot.fr, PCP Capital Partners, un consortium américain mené par Peter Kenyon, ancien patron exécutif de Manchester United et Chelsea aurait récemment fait une proposition à hauteur de 200 millions de Livres pour reprendre les rênes. Problème : le patron des Magpies se montrerait très gourmand et réclamerait un chèque de 400 millions de Livres pour céder le club.

Une impasse qui pourrait bien mettre fin aux négociations entre Mike Ashley et les investisseurs américains. Ces blocages sont loin de réjouir Rafael Benitez. Une vente du club avant le début de l’année 2019 aurait sans doute assurer au manager un budget bien plus conséquent pour renforcer son équipe. Face à l’urgence sportive, il espère tout de même que son dirigeant va mettre les moyens sur la table pour assurer le maintien de son équipe en Premier League. Une relégation en Championship porterait un sérieux coup à la valeur du club. On imagine que le propriétaire actuel va chercher à tout prix à éviter cette situation. En attendant, Rafael Benitez peut compter sur le soutien inconditionnel de ses supporters. Début janvier, ils ont envoyé une lettre ouverte au propriétaire dans laquelle ils lui demandent d’accéder aux requêtes de leur manager sur la question du recrutement. Une lettre restée sans réelle réponse pour le moment. Rafael Benitez peut continuer de ramer.

Crédit photo : Paul Ellis / AFP.