[Premier League] Unai Emery et Alex Iwobi, je t’aime, moi aussi

Le 23 Mai 2018, Arsenal officialisait l’arrivée d’un certain entraineur basque en provenance du Paris Saint-Germain pour remplacer l’illustre Arsène Wenger. Après deux années mi figue-mi raisin dans la capitale, l’Espagnol arrivait avec la lourde tâche d’assurer la succession d’une légende des Gunners. Une signature qui ne laissait personne indifférent. Une signature qui allait faire un bien fou et revigorer certains joueurs, dont Alex Iwobi.

Après quelques saisons contrastées sous le maillot des canonniers, Alex Iwobi se devait de passer la vitesse supérieure afin de confirmer tous les espoirs placés en lui. Cette rencontre avec le tacticien basque allait donner naissance à une idylle évidente entre les idéaux de l’Espagnol, et l’envie du Nigérian. Focus sur un des hommes forts d’Arsenal depuis le début de saison.

Des débuts remarqués

Neveu du légendaire Jay-Jay Okocha, Alex Iwobi fit ses classes à Arsenal jusqu’en 2015, date de la signature de son premier contrat professionnel. Dès lors, le grand public se mit à surveiller de près ce jeune feu follet auteur de bonnes performances avec les jeunes d’Arsenal. Dans la lignée de cette progression, il disputa sa première rencontre chez les professionnels en octobre 2015, dans le cadre d’un match de FA Cup face à Sheffield Wednesday. Une première mitigée, en atteste la lourde défaite subie par Arsenal, 3-0. Quelques jours plus tard, il foula pour la première fois, les pelouses de la Premier League, en remplaçant Mesut Ozil face à Swansea.

Grapillant de plus en plus de temps de jeu dans le monde professionnel, il goûta aux joies de disputer un match de Champions League quelques semaines plus tard. En somme, cette saison 2015-2016 était l’occasion pour Alex de se montrer au grand jour avec l’étiquette d’une petite pépite, neveu d’un joyau qui a fait le bonheur de nombreux observateurs de football par le passé. Régulièrement positionné en neuf et demi, il se fit remarquer pour son aisance balle au pied, et sa facilité à éliminer ses vis-à-vis.

Néanmoins, du fait de son jeune âge, il paraissait encore trop tendre pour résister aux plus grandes joutes anglaises. Digne d’un joueur en plein apprentissage, il ne réalisait pas les meilleurs choix, et se devait de progresser dans le dernier geste. Malgré cela, il ouvrit son compteur buts, en concluant cette première saison avec 2 buts en championnat.

Cette montée en puissance dans le groupe professionnel ne resta pas sans bruit. Cela fut sans surprise qu’il connut sa première sélection avec le Nigéria en 2015. Une première sélection qui mit en orbite l’enfant prodigue. Une sélection pleine d’avenir, qui allait miser gros sur l’avènement de Kelechi Iheanacho et d’Alex Iwobi, les futurs fers de lances des supers aigles. Après une saison de découverte du plus haut niveau, la pression allait indéniablement se faire plus forte sur les épaules du jeune Nigérian.

Les saisons 2016-2017 et 2017-2018 se suivirent et se ressemblèrent pour Iwobi. Véritable diamant à polir, il réalisa quelques coups d’éclats de grande classe, mais de manière trop irrégulière pour véritablement inverser la hiérarchie au sein du 11 d’Arsenal. Repositionné sur l’aile gauche ou droite, Alex connut quelques passages à vide. Afin de déloger la concurrence à son poste, Alex connaissait les ingrédients qu’il manquait à sa véritable éclosion. Oublier le joueur sur courant alternatif, capable du pire comme du meilleur. Alex devait prendre du poids devant, et s’affirmer comme un joueur régulier, plein de panache, capable d’apporter une véritable plus-value tout au long de la saison.

Malgré des largesses évidentes, notamment dans le secteur défensif, Arsenal disposait d’une force de frappe intéressante offensivement parlant. Néanmoins, cette équipe ne possédait pas de véritables ailiers, des joueurs de cotés pouvant élargir le jeu quand il le fallait. Avec l’arrivée du technicien basque sur le banc, couplée à une prise de maturité, Alex Iwobi a su tirer son épingle du jeu pour devenir l’un des joueurs les plus réguliers de cette saison 2018-2019.

Unai Emery, une rencontre décisive

Dans les petits papiers du coach, il commença dans la peau d’un titulaire la deuxième rencontre face à Chelsea, une chance qu’il n’allait pas manquer. Malgré un début de match chaotique d’Arsenal, les Gunners renversèrent la vapeur et rentrèrent aux vestiaires sur un score de parité. Alex n’était pas étranger à ce renversement de situation. Auteur d’un but et d’une performance XXL, il venait d’envoyer un message fort à son entraineur.

Malgré cette performance de haute volée, Alex retombait dans ses travers, et reprit place sur le banc. Vint le 7 Octobre 2018, et un déplacement chez les voisins Fulham. Arsenal, alors en pleine bourre, poursuivait sa série de victoires consécutives qui était au nombre de 8 avant ce derby londonien. De son côté, Fulham était en quête cruelle de points, après un début de saison cataclysmique malgré un jeu séduisant et différent du stéréotype anglais. L’entraineur, alors sur la sellette, connaissait l’importance de cette rencontre, et comptait bien faire chuter les voisins.

Il n’en fut rien, Arsenal déroula, et l’emporta sur un score sans appel de 1-5. Outre l’excellente performance des hommes d’Unai Emery, Alex venait de ressortir le bout de son nez. Titulaire sur l’aile gauche de l’attaque, il fut l’auteur d’une partie extrêmement aboutie, tant dans l’activité, que dans la justesse de ses actions. Une partie rondement menée par le Nigérian, mais qui ne fut pas créditée d’un but ou d’une passe décisive ô combien importante pour marquer réellement les esprits.

Dès lors, le plus dur arriva pour le fantasque Iwobi, à savoir, confirmer sur la durée. Un fléau de longue date pour ce talent. Une donnée qui semblait visiblement bien enregistrée par le principal intéressé. De manière irrémédiable, son temps de jeu s’améliora au même titre que ses déboulés incessants sur les côtés.

Avant la réception de Liverpool, candidat au titre, les Gunners vivaient un véritable conte de fées. Un match d’une importance capitale pour Arsenal, puisque c’était l’occasion de se jauger face à une grosse cylindrée du championnat. Toujours auréolé d’une série sans défaites intéressante, Arsenal jouait gros avant d’accueillir un adversaire qui ne lui réussit que trop moyennement depuis quelques années. Pour cette rencontre, Iwobi commença sur le banc. Arsenal prit le jeu à son compte, et mis Liverpool en difficultés sur plusieurs actions.

Malheureusement, Liverpool haussa le ton, et ouvrit le score par James Milner à l’heure de jeu. Un véritable coup de massue pour des Gunners qui faisaient plus que jeu égal avec leurs adversaires. Sentant le match lui échapper, Unai Emery fit entrer des forces vives, dont Alex Iwobi. Il ne mit pas longtemps pour se mettre en scelle, et distilla une passe décisive pour un autre Alex, Lacazette qui ne se fit pas prier pour inscrire un but de toute beauté. Evoluant dans un rôle d’arrière gauche, Iwobi venait de prouver sa polyvalence et son état d’esprit irréprochable. Un énième message positif envoyé à Emery, qui n’allait pas tomber dans l’oreille d’un sourd, loin s’en faut.

Encore une fois, preuve de son manque d’expérience, il fut remplacé à la mi-temps du choc face à Tottenham, à la suite d’une performance en demi-teinte. Mais, grâce à une complicité de tous les instants avec son coach, il se releva bien plus rapidement que par le passé de cet échec.

En ce mois de décembre, Arsenal allait connaitre ses premières déconvenues, mettant fin à une série de 22 matches sans défaites sur la pelouse de Southampton. Une période d’une importance capitale pour les clubs anglais, avec notamment le Boxing Day. Arsenal éprouva les pires difficultés du monde à enchainer les résultats positifs, et connut une terrible désillusion à Anfield, en s’inclinant lourdement 5-1. Néanmoins, un joueur sortait de marasme collectif en la personne d’Alex Iwobi. Auteur d’un débordement et d’une offrande sublime pour l’ouverture du score d’Arsenal, Alex prouva, dans cette période contrastée, qu’il n’avait plus rien à envier aux autres joueurs évoluant dans le secteur offensif, et qu’il pouvait clairement s’imposer comme un cadre dans les semaines à venir.

Bis repetita quelques semaines plus tard, avec la défaite d’Arsenal à West Ham (0-1). Une équipe d’Arsenal aux abois face à des Hammers survoltés, qui venaient sonner le glas des belles promesses d’Arsenal en début de saison. Mais encore une fois, Iwobi surnagea dans une équipe amorphe et en réelle perte de vitesse. Précis dans ses dribbles, doté d’un abattage nettement supérieur à ce qu’il proposait par le passé, Iwobi devint peu à peu une pièce maitresse du jeu d’Arsenal.

Un jeune joueur en pleine progression

Capable d’apporter autant défensivement et offensivement, il assure un équilibre là où il évolue. Son aisance technique, lui permet d’éliminer avec une facilité déconcertante une ribambelle d’adversaires. Bien qu’étant un joueur individualiste aux premiers abords, il ne cesse d’envoyer des ballons dans la surface pour servir Lacazette et Aubameyang, deux des meilleurs artilleurs du Royaume. Dribble, percussions incessantes, replis défensifs, jeu dans les petits espaces, abattage de haut niveau, Alex Iwobi dispose de plus d’une flèche à son arc, et peut se targuer d’être un réel motif de satisfaction dans la saison contrastée d’Arsenal. Capable d’évoluer sur tous les fronts de l’attaque, Alex Iwobi peut rendre de fiers services de partout.

Pour poursuivre sur cette belle lancée, Alex doit se montrer plus décisif, et doit améliorer des statistiques moribondes, que ce soit en buts inscrits ou en passes décisives. Couplé à cela, il doit prouver dans les grands moments le large panel de ses qualités pour devenir l’un des, si ce n’est le premier choix offensif dans la tête de son entraineur. Enfin, il doit progresser dans le dernier geste, afin de réaliser le bon geste au bon moment, ce qui va de pair avec son manque de statistiques.

Lui qui ne fait clairement pas l’unanimité parmi les supporters d’Arsenal, doit élever son niveau de jeu lorsque l’adversité est coriace. Auteur de performances remarquées entre décembre et janvier, il fut à la peine face aux Cityzens de Pep Guardiola. Fautif sur le premier but, et brouillon comme à ses débuts, il relança inéluctablement un certain pessimisme ambiant auprès de ses plus fidèles détracteurs.

Quoi qu’on en dise, Alex Iwobi est en constant progrès sous les ordres d’Unai Emery. Bien qu’étant encore perfectible, cela reste un jeune joueur, en plein apprentissage et qui dispose d’une belle marge de progression. Dans une saison où Arsenal oscille entre lumière et obscurité, Iwobi avance, et ne cesse de gravir les échelons dans le groupe Londonien. Pour convaincre l’ensemble des observateurs, il lui reste encore de nombreuses traversées à accomplir.

L’idylle naissante entre Unai et Alex n’en est qu’à son commencement. Leur belle complicité provoquera, à n’en pas douter, de belles étincelles, et des matchs mémorables dans l’enceinte des Gunners. Après quelques saisons mitigées, le neveu d’Okocha semble fin prêt pour marcher sur les traces de son illustre oncle, afin de marquer son territoire définitivement sur toutes les pelouses d’outre-Manche et du vieux continent. A seulement 22 ans, Iwobi a encore une grosse marge de progression. Son association avec Unai Emery lui permettra de titiller les étoiles afin d’éclore définitivement sur la scène internationale. Unai Emery n’en est pas à son premier fait d’armes, il a relancé Xhaka, et Kolasinac, deux joueurs qui touchaient le fond la saison dernière.

Alex Iwobi est le représentant d’une génération dorée de wonderkids à Arsenal. Comment ne pas citer Reiss Nelson qui se montre à son aise à Hoffenheim, Maintland Miles, ou encore le prodigieux Smith-Rove qui risquent de faire les beaux jours d’Arsenal, un club qui cherche éperdument à renouer avec son illustre passé.

Crédit photo: PROSPORTSIMAGES / PRO SPORTS IMAGES LTD / DPPI

Sinon, c'est si cool que ça d’être champions ?