PSG-Lyon : une rivalité atypique et unique en Ligue 1

Le PSG et l’Olympique Lyonnais s’apprêtent à en découdre ce dimanche soir dans un choc entre le 1er et le 3e de Ligue 1. Paris-Lyon, ce n’est ni un derby, ni un «classique». Mais alors que se cache-t-il derrière cette rivalité si particulière ?

Chaque saison, la France et ses amateurs de ballon rond vibrent au rythme du Classique, sont pris dans l’effervescence de l’Olympico ou se surprennent à rêver devant le Derby du Nord. Autant de rivalités qui animent aussi bien la Ligue 1 que les conversations passionnées au boulot le lundi matin. Forgées par des décennies d’histoires, de matches d’anthologie et de buts mémorables, ces oppositions ont toujours un parfum particulier. Au milieu de tout cela, on retrouve le Paris Saint-Germain et l’Olympique Lyonnais. Récente et sans nom particulier, la rivalité entre ces deux mastodontes du football tricolore reste unique. Explications.

Paris-Lyon, un match sans histoire, vraiment ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Lyon et Paris, c’est une très vieille histoire. Avant le match de ce dimanche 13 décembre, Parisiens et Lyonnais se sont affrontés pas moins de 100 fois. Dès la première opposition des deux clubs en Première division (l’ancien nom de la Ligue 1), de grands joueurs étaient au rendez-vous. Les Rouge et Bleu pouvaient compter sur Jean Djorkaeff en défense, père d’un certain Youri, quand Jean-Louis Leonetti illuminait l’entrejeu parisien. Côté Gones, c’est le jeune Raymond Domenech, 19 ans à l’époque, qui gardait le couloir droit. Pendant ce temps-là, Fleury Di Nallo et Bernard Lacombe faisaient des merveilles sur le front de l’attaque. Dès lors, les matches entre le PSG et l’OL seront toujours l’occasion de voir des talents balle au pied.

17 novembre 1971, premier match officiel entre Lyon et le PSG. Jean-Louis Léonetti est à la lutte avec Fleury Di Nallo (Crédit photo : Presse Sport)

La rivalité entre ces deux clubs prend un nouveau tournant dans les années 2000. Le 15 avril 2006, Lyon s’adjuge un cinquième titre consécutif de champion de France sans même jouer, profitant d’une défaite de Bordeaux face à Lille (3-2). Le soir même, les hommes de Gérard Houiller affrontent le PSG au Parc des Princes. Dans un match sans enjeu, le coach des Gones aligne son équipe-type et les Lyonnais se défont facilement des Parisiens (1-0) grâce à une reprise de la tête de Fred sur corner. Juninho, Malouda et consorts iront fêter leur titre dans les rues de Paris, aux côtés des 1.500 spectateurs ayant fait le déplacement. Côté parisien, la pilule est dure à avaler.

L’arrivée de QSI, le feu à la poudrière

La rivalité entre deux clubs ne naît pas du jour au lendemain. Pendant longtemps, les matches entre le PSG et l’OM n’avaient pas l’enjeu qui peut exister aujourd’hui. Et l’antagonisme entre Paris et Lyon semble marcher sur ces traces. Il faut attendre 2011 et le rachat du PSG par des investisseurs qataris pour voir naître un nouvel enjeu entre les deux clubs. Depuis ce moment-là, Jean-Michel Aulas, président historique de l’Olympique Lyonnais, multiplie les piques à l’encontre de la nouvelle direction. Tweets corsés ou déclarations fracassantes dans la presse, JMA devient un véritable trash-talker.

«Ou vous avez la chance d’avoir du pétrole et du gaz sous les pieds et vous pouvez vous payer tout ce que vous voulez, ou vous ne les avez pas, et dans ce cas-là, vous êtes obligés de combattre pied à pied pour avoir les deux places européennes qui rapportent de l’argent

Jean-Michel Aulas, évoquant l’arrivée de Neymar au PSG en 2017.

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L’affrontement passe aussi par le terrain. Après avoir régné sans partage sur le championnat français entre 2002 et 2008, l’Olympique Lyonnais est l’équipe qui a le mieux résisté à l’hégémonie parisienne. Si les rencontres au Parc des Princes sont difficiles, l’OL sait se transcender à domicile et provoquer de belles surprises. Sur les 5 derniers déplacements de Paris au stade des Lumières (enfin, Groupama Stadium), Lyon l’a emporté par 3 fois. Et systématiquement sur le score de 2 buts à 1. Beaucoup de Lyonnais se souviennent encore du but salvateur de Memphis Depay dans le temps additionnel en 2018. Lancé sur son côté gauche, il élimine habilement Giovanni Lo Celso avant de repiquer dans l’axe. Il arme alors une frappe qui laisse Areola pantois.

En 2020, à nouveau copains

C’est là que la rivalité entre Lyon et le PSG diffère d’une opposition classique. S’il y a donc bien une histoire et un enjeu sportif entre les deux clubs, il y a aussi beaucoup de respect. Et 2020 a marqué un réchauffement des relations entre les deux clubs, en particulier entre Jean-Michel Aulas et Nasser Al-Khelaïfi. Pendant le premier confinement, les deux présidents ont fait front commun face aux décisions prises par la LFP et son directeur général de l’époque, Didier Quillot.

«J’ai essayé de renouveler des liens de confiance avec les dirigeants du PSG pendant l’épidémie. Les réponses de Nasser ont souvent été positivesIl s’est engagé dans cette crise de manière permanente. Il a toujours été au feu. J’espère que dans le futur on sera encore plus proches pour essayer de tirer le football français vers le haut.»

Jean-Michel Aulas, évoquant un réchauffement des relations avec son homologue parisien Nasser Al-Khelaïfi.

Seuls représentants français en Ligue des champions la saison passée, le PSG et l’OL se sont soutenus mutuellement lors du Final 8 à Lisbonne. Si l’OL s’est arrêté en demi-finale, le PSG est allé jusqu’en finale. Et s’il n’a pas réussi à accrocher la C1 à son palmarès cette fois-ci, Nasser pourra toujours se targuer d’avoir reçu des encouragements de la part de son homologue lyonnais quelques heures avant le match. Chose inimaginable il y a encore quelques années.

https://twitter.com/JM_Aulas/status/1297455018208120836?s=20

En définitive, Paris et Lyon ont cette relation particulière, comme entre chien et chat. Redoutables adversaires sur le terrain mais aussi capables de s’allier quand il le faut. Si les divergences restent grandes entre les clubs, et qu’on n’est jamais à l’abri d’un tweet surprise de JMA, les boards parisiens et lyonnais ont cet amour commun pour le football français. Le Lumièrico restera donc un choc à part. Pas un derby, pas tout à fait une rivalité non plus. On parlera simplement de PSG-Lyon, un match qui, on l’espère, nous fera vibrer encore longtemps.

Crédit photo : Abaca / Icon Sport

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