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Au début de la saison 2016-2017, les regards étaient braqués sur le Bayer Leverkusen qui était considéré comme l’une des équipes majeures du championnat. En effet, avec l’affaiblissement de ses concurrents directs et ses derniers mercatos fructueux associés à la montée de jeunes talents, le club allemand avait tout pour réussir. Mais rien ne s’est passé comme prévu et les performances sont loin de répondre aux attentes.

Toutefois, si l’on remonte dans le temps, ce n’est pas la première fois que le Werkself traverse des moments délicats. Qui plus est, le club n’a eu de cesse d’accumuler les déceptions, les défaites et autres grandes désillusions. Cette image colle d’ailleurs à la peau du club, et cette année ne fait pas mentir ce triste historique. Pour la troisième saison de Roger Schmidt à la tête du club, tout fonctionne de travers sur le terrain et également en dehors de ce dernier. Pourtant depuis l’arrivée de l’entraîneur en provenance du RB Salzbourg, le Bayer avait acquis une certaine stabilité, qui restait malgré tout fragile. Avec un jeu attrayant, ils étaient presque devenus redoutables. Mais depuis août, le soufflé est retombé assez violemment. Et la machine s’est enrayée.

Lors de ses deux premières saisons, le coach allemand a connu de belles choses, et en Bundesliga, son équipe a toujours été en haut du classement. Mais cela n’avait rien de surprenant puisque le club était devenu un habitué de cette position. En naviguant entre la troisième et la quatrième place, la participation aux diverses coupes d’Europe a toujours été assurée. Et globalement, le seul grand changement aura été le style de jeu. Puisqu’en Ligue des champions, la poisse et les performances en demi-teintes se sont répétées. Encore et encore. En coupe d’Allemagne, le scénario est relativement similaire puisque cette année le club a encore été éliminé de façon prématuré par le VfL Sportfreunde Lotte (club de 3. Liga qui est toujours en lice), après un match dantesque qui s’est terminé aux tris au but. Une séance encore ratée par le club rhénan qui est coutumier du fait d’envoyer le ballon dans les nuages plutôt que dans les cages. Finalement, le côté Neverkusen n’a jamais quitté le club en dépit d’un jeu alléchant au pressing dantesque et d’un effectif haut en couleur.

(AP Photo/Martin Meissner)

Au-delà de ce côté poissard qui leur colle à la peau, des défauts ont toujours été perceptibles ces dernières années, principalement sous Roger Schmidt. En effet, les hommes du coach allemand ont toujours encaissé pas mal de buts chaque saison, environ 40. Mais ça ne posait pas franchement de problème jusque là puisque le double était marqué voire plus. Toutefois, cette saison, ce n’est pas le cas et le club a encaissé 32 buts pour 34 marqués. Une vraie régression est perceptible, pourtant on peut se poser des questions lorsque l’on voit la qualité de l’effectif (si l’on omet Ömer Toprak). Les arrivées de Charles Aranguiz, Kevin Kampl, ou Chicharito qui correspondent au jeu demandé par Schmidt ont permis de solidifier l’effectif. A côté de cela, des jeunes joueurs comme Julian Brandt, Jonahtan Tah, Kai Havertz ou Benjamin Henrichs ont eux aussi renforcé l’équipe et apporté une dose de talent supplémentaire. Un savant mélange entre des joueurs expérimentés et de jeunes talents a donc été effectué. Et de ce fait, lorsque l’on est face à cela, on ne voit pas comment cette équipe ne peut pas réussir.

Sur le terrain, le club est terriblement irrégulier, peine à avancer, à enchaîner les victoires et cela se fait sentir. Puisqu’après une énième défaite à domicile face au FSV Mainz samedi 25 février, le club n’est qu’à la huitième position, soit loin de ses standards habituels. Les performances sont tristes et même en cas de victoire, il est difficile de se réjouir de ce qui a été produit. Si Chicharito avait comblé tout le monde lors de son arrivée, sa deuxième saison en terres allemandes n’est pas aussi sympathique. Et pendant ce temps, les autres attaquants ne répondent pas aux attentes, et ce n’est pas le vieillissant Stefan Kiessling qui va pouvoir sauver les meubles. En défense ce n’est guère plus réjouissant puisque si le défenseur turc est fidèle à ses habitudes, son compagnon Jonathan Tah connaît des difficultés, mais du fait de son jeune âge, il est difficile de lui jeter la pierre chaque semaine.

Avec cela, on peut se dire que l’entraîneur pourrait être en danger mais rien ne va dans cette direction. Effectivement, Rudi Völler, le directeur sportif, répète sans cesse qu’il lui fait totalement confiance, bien que ces dernières semaines la presse allemande ait révélé que le Werkself aurait contacté Martin Schmidt pour lui succéder. Rumeur ou fait réel ? Difficile de discerner le vrai du faux avant la fin de cette 54ème édition de la Bundesliga.

Crédit photo : goal.de

Si l’équipe fait pâle figure, les événements extra-sportifs n’aident en rien le Werkself à retrouver le droit chemin. La suspension d’Hakan Calhanoglu pour quatre mois, donc jusqu’à la fin de la saison, a dû également être déstabilisante. Cette suspension fait suite à une décision du tribunal arbitral du sport qui a décidé de sanctionner le joueur pour une affaire remontant à 2011. A cette époque, le joueur évoluait pour Karlsruher SC, il avait alors accepté de rejoindre Trabzonspor avant de signer une prolongation avec son club puis de rejoindre Hambourg. Même si le joueur était loin de réaliser une belle saison, moralement, cette perte doit être douloureuse puisqu’il restait un acteur clé de l’équipe de Schmidt depuis son arrivée au club.

En plus de perdre un joueur clé, le Bayer Leverkusen a aussi perdu le soutien de ses ultras présents dans la Nordkurve. Cela fait suite à un différend avec la direction du club d’après le communiqué qui ne précise aucune autre information. Le boycott des ultras a débuté avec le match contre l’Atletico Madrid ce mercredi et devrait se prolonger jusqu’à ce qu’ils annoncent de nouveau la fin de ce dernier. Mais en attendant, le stade sonne creux au moment même où les joueurs auraient besoin d’être poussés. Si le club veut accrocher l’Europe encore une fois, il est urgent de réagir puisque sans un réveil imminent, il sera trop tard. Et avec les pauvres performances produites actuellement où rien ne va, dans la tête comme dans les pieds, on a du mal à savoir quand ce réveil arrivera.

 

Crédit photo : goal.de