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Marseille, symbole phare du multiculturalisme, dotée d’une beauté difficilement égalable, avec des paysages à couper le souffle, ses calanques et ses plages illuminant la cité phocéenne, son climat à faire pâlir de jalousie bon nombre de villes. Marseille dispose comme toutes autres contrées, d’un nombre d’atouts et d’inconvénients facilement identifiables. Mais une chose n’est que difficilement contestable, Marseille est une véritable terre de football, où de nombreux prodiges ont fait étalage de toute leur classe avant de s’envoler vers de nouveaux cieux et représenter fièrement la terre qui les a vu naître. Le football et Marseille ne font qu’un, c’est bien connu, mais qu’en est-il du football amateur Marseillais, et plus particulièrement, de la nouvelle génération de jeunes pépites qui viendront bientôt tapoter à la porte des plus grandes cylindrées européennes ?

Bien que le football fasse partie intégrante de Marseille, le football amateur Marseillais ne vit pas ses plus belles heures. En effet, il souffre désormais de la concurrence toujours plus grandissante des voisins de la Côte d’Azur, disposant de ressources toujours plus importantes, et n’hésitant en rien à fusionner afin de rêver plus grand. La concurrence fait aussi rage sur le sol Marseillais. Depuis quelques années, le nombre de clubs locaux n’a cessé d’augmenter, affaiblissant inéluctablement le niveau moyen de chaque club.
Plusieurs exemples cristallisent ce bouleversement dans le paysage footballistique local. Plusieurs clubs mythiques de la ville éprouvent les pires difficultés du monde à retrouver leurs succès d’antan comme Le Burel, les Caillols, Endoume, Aubagne ou encore Vivaux (récemment devenu Vivaux-Sauvagère) pour ne citer qu’eux.
De manière irrémédiable, les rivalités se perdent, les clubs phares ne représentent plus les destinations privilégiées par les joueurs, et une multitude de clubs s’arrachent un nombre limité de bons joueurs. Dans ces conditions, difficile de monter un projet capable de rivaliser avec les centres de formation.

Dès lors, le malheur des uns fait le bonheur des autres, à l’image d’Air Bel qui doit bien se frotter les mains en observant ses principaux rivaux s’engluer continuellement vers les profondeurs des divisions. S’affirmant comme le second club de Marseille niveau jeunes, depuis plusieurs années, Air Bel confirme son statut de concurrent numéro 1 de l’OM. A l’instar d’Air Bel, Gemenos club en vogue dans la région, a pris un malin plaisir à profiter des largesses de ses voisins, pour gravir progressivement les échelons et s’imposer comme un club à prendre au sérieux. Contrairement à Air Bel qui est uniquement consacré aux jeunes, Gemenos se situe en National 3 en Senior. Comment ne pas évoquer Marseille Consolat, qui est passé proche d’une montée en Ligue 2 et qui poursuit sa structuration interne. Plus porté sur l’équipe Senior que sur les jeunes (pour le moment), la bande à Niang-Diawara espère pouvoir briguer une place dans le microcosme marseillais et sortir de jeunes pépites dans les années à venir.

Allant toujours plus loin dans l’innovation en termes de régression, le football amateur marseillais est fortement gangrené par des présidents avides d’argent et de pouvoir tout en n’ayant que très peu d’intérêt pour l’aspect sportif. D’où l’apparition de plusieurs clubs devant déposer le bilan, quelques années seulement après leurs créations.

Mais alors, cette évolution du paysage local, a-t-elle chamboulé la formation des jeunes Marseillais ? Difficile à dire, mais une chose est certaine, les bons entraîneurs si on peut les appeler ainsi, se comptent sur les doigts d’une main. Le copinage, l’injustice, et bien d’autres superlatifs peu reluisants, symbolisent parfaitement les pseudos entraîneurs marseillais, où on observe plus des recruteurs acharnés dignes d’un joueur invétéré de Football Manager que de véritables formateurs ayant une bonne connaissance de leur sport.

Les jeunes sont très souvent livrés à eux-mêmes, et n’espèrent qu’une seule chose, taper dans l’œil des recruteurs afin de s’envoler vers un centre de formation, de progresser et de percer dans le milieu. L’attachement aux clubs amateurs marseillais, n’est qu’un vague souvenir. En effet, celui-ci est nettement plus volatile de nos jours, tant l’appât du gain semble présent dans le milieu. On ne cherche plus à représenter fièrement le club de nos débuts, de notre quartier, à le faire évoluer dans les divisions supérieures. Non, cette ère est bel et bien révolue. Désormais, l’unique obsession ou presque des jeunes joueurs est de rejoindre un club évoluant dans la catégorie supérieure. Le temps et les mentalités changent, à l’image du football professionnel. Promesses et pré-accords ne signifient plus grand chose. Les détections se multiplient pour les joueurs, qui en véritables agents rationnels, choisissent la meilleure option au terme de cette période-là, tout en étant prêt à revenir plusieurs fois sur leurs décisions précédentes, et en laissant des clubs dans un véritable bourbier.

Ceci étant, il convient toutefois de rappeler les performances notables chez les seniors avec pas moins de trois équipes se trouvant en National 3 (CFA2), à savoir Aubagne Gemenos et Endoume.
Le fait que l’OM tourne le dos aux clubs locaux, n’avait alors rien arrangé, même si cela tend à changer depuis l’arrivée au club de Mc Court et Jacques-Henri Eyraud.

Mais les jeunes pépites dans tout ça ? Bien qu’il y ait un problème structurel, fonctionnel au sein du football local, le talent en personne ne s’invente pas. Leur mettre des bâtons dans les roues freine leurs progressions et amenuise leurs chances de réaliser leurs rêves. Néanmoins le génie peut surpasser un nombre incalculable d’obstacles afin d’arriver à ses fins.

Alors la question qui est sur toutes les lèvres aux quatre coins de Marseille est : qui seront les successeurs des Nasri, Zidane, Cantona ou autre Tigana ? Voici une liste non-exhaustive, des jeunes talents Marseillais qui risquent de faire parler beaucoup d’eux sur le terrain, si ce n’est pas déjà fait.

1) Jérémie Boga, 21 ans Chelsea-Birmingham :

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Le jeune Franco-Ivoirien, international Ivoirien, n’est plus à présenter. Révélé très tôt sous le maillot de l’ASPTT Marseille, avec qui il s’amusait à ridiculiser toutes les défenses de Marseille, il fit très vite parler de lui, et suscita bon nombre de convoitises. L’OM, Lyon, Bordeaux étaient sur le coup, mais grâce à Guy Hillion, Chelsea rafla la mise et gagna le gros lot. Un transfert qui fit couler beaucoup d’encre à l’époque. En effet Jérémie avait seulement 11 ans. Au fil des années, il a gravi les échelons avec une facilité déconcertante, fut très vite surclassé à l’âge de 15 ans avec les U-21 de Chelsea, et remporta la fameuse Youth League avec les Blues, en étant notamment auteur de deux passes décisives lors de la finale. Successivement prêté à Rennes, puis à Grenade afin de grappiller du temps de jeu, il est désormais à Birmingham jusqu’en juin 2018. Le tout avec un véritable statut de titulaire, en dépit des piètres résultats de son équipe.

Devenir régulier et plus décisif sont les seuls mots d’ordre pour Jérémie afin d’éclore de manière définitive, d’exploser sur le devant de la scène et s’affirmer comme l’un des jeunes les plus talentueux de sa génération.

2) Maxime Lopez, 20 ans Olympique de Marseille :

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Comment évoquer les jeunes joueurs Marseillais, sans citer le nom d’el Famoso Maxime Lopez. Avant d’arborer fièrement les couleurs de son club de cœur, Max a connu un autre club, et pas des moindres, à savoir le Burel. A l’instar de Jerémie, Maxime Lopez a mis peu de temps à se faire connaitre dans la région, pour son talent balle au pied malgré sa petite taille. Il fila à l’OM à l’âge de 13 ans, fit ses classes là-bas. La suite vous la connaissez, il explose au grand jour l’année dernière avec l’arrivée de Rudi Garcia, qui lui accorde une grande confiance et lui octroie une place de titulaire. Maxou en impressionna plus d’un pour sa qualité technique, une tonicité intéressante sur les premiers mètres et sa simplicité dans le jeu. Le début de cette nouvelle saison fut nettement moins redondant, avec en prime, la perte de sa place de titulaire. Mais cela semble déjà bien loin, et le frère cadet des Lopez retrouve progressivement des couleurs, de quoi faire trembler le grand Zambo Anguissa.

3) Zinedine Machach, 22 ans Naples :

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Reconnu pour sa technique balle au pied, et son poste au milieu de terrain, Zinedine fit pourtant ses premiers pas en tant que défenseur. Il remporta le championnat de Provence en Benjamin avec les Caillols en 2007, club hautement réputé localement qui a vu éclore bon nombre de prodiges, dont Eric Cantona et Jean Tigana, excusez du peu. Par la suite, il rejoignit le club de son quartier, Air Bel, alors en pleine expansion, qui ne cessait de gravir les différents échelons, afin de s’imposer comme le concurrent numéro 1 de l’Olympique de Marseille. Auteur de bonnes prestations sous le maillot Airbelois, il signa successivement à l’AS Cannes puis à l’Olympique de Marseille, mais ne fut pas conservé dans les deux clubs. En 2014, il quitte le Sud Est pour son pendant opposé, direction le TFC. Petit à petit, il va grappiller du temps de jeu, et se faire remarquer par bon nombre d’observateurs, notamment pour sa technique. La suite sera beaucoup plus tumultueuse pour Zinedine. En effet, l’arrivée de Pascal Dupraz change complètement la donne, qui ne lui accorde pas la même confiance que son prédécesseur. Le retour au bercail en 2016, sous la forme d’un prêt n’est pas une franche réussite. De nouveau avec les protégés de coach Dupraz, et malgré un début de saison encourageant, Zinedine conclut son aventure toulousaine par la petite porte. En effet, suite à une terrible altercation avec l’entraîneur de la réserve Denis Zanko, il est licencié. Des écarts de comportements qui lui portent préjudice, et qui empêchent très clairement l’ancien Caillolais de révéler au grand jour ses qualités. Incessamment sous peu, il devrait s’engager en faveur de Naples, un cadeau tombé du ciel pour Zinedine, qui du haut de ses 22 ans, voit déjà se profiler une de ses dernières cartes à jouer.

4) Boukholda Chahreddine, 21 ans Lille

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La valse des milieux offensifs faisait rage à l’époque. Jérémie Boga faisait les beaux jours de l’ASPTT Marseille, Maxime Lopez commençait à faire parler de lui au Burel, et Chahreddine plus communément appelé Chano, surnommé « Romario » enchantait les foules à chaque partidazo fournie au stade de la Pomme. Numéro 10 à l’ancienne, il savait tout faire balle au pied, comme éliminer avec une facilité épatante les meilleurs défenseurs de la région. Une vision de jeu déjà remarquée, et en dehors de toute qualité purement footballistiques il était très apprécié dans le monde du football Marseillo-Marseillais pour sa gentillesse. Ses exploits firent rapidement le tour de la région, et après de bons et loyaux services du coté d’Air Bel il déposa ses valises à Monaco à l’age de 13 ans, malgré la concurrence de l’OM, champion hors catégorie pour laisser filer les pépites de la ville. Malheureusement, son parcours sur le Rocher fut gâché par des blessures à répétitions, et il ne put exprimer pleinement son talent. Néanmoins, ce fut toutefois suffisant pour se faire remarquer et courtiser par pléthore de clubs, mais aussi par Marcelo Bielsa lors d’une opposition face à l’OM. Une donnée terriblement importante à prendre en compte, puisqu’en juillet dernier, l’ancien virtuose d’Air Bel rallie Lille et El Loco. Bien que n’ayant fait aucune apparition avec le groupe professionnel, Chano n’attend qu’une seule chose : qu’on lui donne sa chance, et après tout, la concurrence en la personne de Benzia ou autre Bahlouli n’est pas forcément des plus redoutable.

5) Julien Da Costa, 21 ans Niort :

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Ancien pensionnaire d’Aubagne, Julien excellait au poste de milieu défensif, ayant une grosse activité, et capable de relancer proprement. Les premières sollicitations ne tardèrent pas à arriver. Il rejoignit l’illustre club les Caillols en 2010, en U15DH. Une saison qui s’avéra bien plus compliquée que prévue. En effet, il eut un mal fou à s’imposer dans le 11 bleu et jaune. Malgré un temps de jeu restreint, ses qualités restaient elles bien intactes. Conscient du talent du jeune Julien, l’Olympique de Marseille s’empressa de le récupérer en 2011. Aussitôt arrivé, aussitôt solidement installé avec les équipes de jeunes de l’OM, il ne cessa de progresser et de surprendre ses différents entraîneurs et coéquipiers par sa capacité d’écoute, de compréhension des consignes, et de progression. Inéluctablement, il ne cessa de gravir ces longues marches menant à l’équipe première. Sans surprise, et en parfaite adéquation avec son investissement, une offre de contrat professionnel lui fut proposée. Une offre qu’il refusa, non sans difficulté, estimant qu’avec l’OM Champions Project, il serait bien plus difficile de s’imposer durablement au sein de l’équipe professionnelle. Il prit donc la décision de s’engager libre du coté de Niort en Ligue 2. Désormais sur le flanc droit de la défense, il a déjà pris part à 12 rencontres de Ligue 2. Très solide physiquement, toujours accompagné d’une grosse activité, Julien a toutes les cartes en main pour faire une grosse saison et attiser les futures convoitises venant de l’échelon supérieur.

6) Boubacar Kamara, 18 ans Olympique de Marseille :

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Le compère de Lucas Perrin, dans la jeune avant-garde marseillaise est à n’en pas douter, un des plus gros cracks du centre de formation de l’OM, si ce n’est le plus gros, en témoigne son statut de meilleur jeune de la saison 2016-2017 de la formation Olympienne. Courtisé par de grosses cylindrées européennes, le jeune Marseillais mit fin à un long feuilleton le concernant en signant un contrat professionnel de 3 ans en faveur de son club formateur. Un dossier d’une grande importance pour les dirigeants Olympiens, qui craignaient de laisser filer un tel talent libre. On peut facilement les comprendre. Ce joueur est ultra polyvalent, il peut très bien jouer dans l’axe de la défense, en numéro 6 ainsi que latéral droit si le besoin s’impose. Néanmoins, Rudi Garcia semble le préférer en sentinelle devant la défense. Fin techniquement, imposant physiquement, ce jeune joueur fournit un abattage plus qu’intéressant à chacune de ses sorties avec l’équipe professionnelle, et son avenir semble tout tracé. A tout juste 18 ans, il semble encore trop tendre pour espérer une réelle place de titulaire à l’OM, c’est pour cela qu’il joue régulièrement avec l’équipe de National 2 à l’instar de Lucas Perrin afin de marquer des points auprès de Rudi Garcia.

7) Lucas Perrin 19 ans, Olympique de Marseille :

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Enfin, le voilà, on l’attendait, le premier joueur ayant connu uniquement la tunique bleue et blanche. Arrivé au club en 2005, il fit ses débuts au milieu de terrain. En effet, disposant déjà d’une belle patte gauche, et étant assez complet, il réalisait parfaitement la transition entre la défense et l’attaque. Sans faire trop de bruit, il s’imposa au fil des années comme un des jeunes les plus talentueux du centre. En parfaite corrélation avec son évolution, il recula petit à petit avant de trouver sa position privilégiée, à savoir défenseur central. Un poste qui lui convient à merveille. Très doué dans la première relance, il n’hésite pas à s’avancer balle au pied afin de casser les lignes et faire avancer son équipe. Associé à Boubacar Kamara, notamment lors de la belle épopée en Gambardella l’an dernier, ils formèrent une défense complémentaire et pleines de promesses pour l’avenir. Après de bonnes prestations la saison précédente en U19, il évolue désormais avec la National 2 afin de s’aguerrir et de côtoyer de plus en plus le groupe professionnel. Les problèmes défensifs de Marseille sont connus de tous, de quoi donner des idées à Lucas et à Boubacar, pour reformer dans quelques temps une défense centrale digne de ce nom.

8) Bilal Boutobba 19 ans, FC Séville :

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Lancé dans le grand bain par Bielsa en 2014. Le joyau Olympien est rapidement monté au statut de jeune talent en devenir. La palette de son jeu est simple : il est très habile techniquement, capable de mystifier sur un crochet un nombre incalculable de défenseurs. Plus à l’aise sur un côté, et plus particulièrement sur le flanc droit, il prendra un malin plaisir à repiquer dans l’axe à la Flotov et distiller un ballon de but, ou partir en solitaire et enflammer le public. Alors promis à un avenir radieux du côté de la Commanderie, la relation entre le jeune prodige et le club finit en eau de boudin comme souvent avec le centre de formation Olympien tant décrié. Mécontent du peu de temps de jeu obtenu sous Michel, pisté par de nombreuses écuries européennes, et pas des moindres, il plie bagages en direction de Séville en 2016. Un choix pouvant laisser des regrets à toutes les parties. Bien qu’étant encore très jeune, le jeune Bilal n’a toujours pas disputé la moindre minute en professionnel avec le club Andalou, devant se contenter de l’équipe B évoluant en Liga Adelante. Capable d’évoluer sur tout le front de l’attaque, il pourrait donner un coup de main à bien des clubs de l’Hexagone, et se remettre sur le devant de la scène afin d’éclabousser de son talent, les différentes pelouses de Ligue 1.

9) Haykel Chikhaoui 21 ans, Porto:

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International Tunisien U21, capable aussi bien d’évoluer dans l’axe du milieu, que sur les ailes, Haykel Chikhaoui est considéré comme une étoile montante du football Tunisien. Après avoir fait ses classes et notamment remporté la Gambardella en 2015 avec Sochaux, le milieu offensif de formation décide de quitter le navire, faute d’avoir reçu une réelle offre de contrat, et décide de céder aux avances de Porto en 2016. Un choix logique pour le principal intéressé qui rejoint un club reconnu pour donner sa chance aux jeunes, et dont la réputation du centre de formation n’est plus à faire. Au cours de la saison 2016-2017, il participe à six petites rencontres avec Porto B, un temps de jeu bien trop insuffisant à son âge dans sa quête de progression. Un prêt constituait une alternative sérieuse pour le jeune feu follet Tunisien, chose que lui-même et son club avaient parfaitement compris. En 2017, il débarque à Varzim, équipe évoluant dans la même division que Porto B. Malheureusement on compte uniquement 7 apparitions à son actif, et l’aventure Portugaise tourne au cauchemar à l’Instant T. Il a besoin de jouer, et de prouver qu’il mérite les nombreux espoirs placés en lui.

10) Raouf Mroivilli 18 ans, sans club :

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La situation de Raouf Mroivilli est pour le moins mystérieuse. Considéré comme un des plus grands talents du centre de formation Olympien, Raouf est actuellement sans club. En effet, il a décliné la proposition que l’OM lui a faite, à savoir une proposition de contrat stagiaire de deux ans, avec un salaire en lien avec son statut d’international régulier avec les équipes de jeunes de l’Equipe de France. Une proposition balayée par le milieu de terrain, qui se retrouve désormais sans club, une aberration pour un joyau comme lui. Suite à la nouvelle philosophie instaurée par les nouveaux dirigeants Olympiens, ces derniers ont décidé ne pas proposer une offre plus conséquente pour le jeune Français, donc libre de tout contrat, et pisté par plusieurs clubs Anglais et Français, il devrait rapidement reprendre du service. Milieu de terrain très puissant, et fin techniquement, il est capable de casser les lignes et d’éliminer 2-3 joueurs avec un simple coup de rein. En véritable renard des surfaces, il sait se muer en goleador quand l’occasion se présente en atteste ce magnifique triplé inscrit face à l’OGC Nice en U17 National (voir ci-dessous). Doit-on blâmer le club ou le joueur, difficile de se prononcer. En revanche, cette histoire perpétue la tradition locale de laisser filer ses virtuoses. Retrouver un club et des sensations, tel est le devoir de ce petit prodige, qui devrait laisser d’ici quelques temps, d’immenses regrets du côté de la Commanderie.

Ces dix joueurs sont promis à un bel avenir. Certains ont déjà montré une belle palette de leur jeu à l’ensemble des observateurs, d’autres se font attendre, mais pas de quoi s’inquiéter, l’heure du succès pour les minots est proche. On aurait pu parler d’autres jeunes tout aussi talentueux, comme Clément Goguey et Sander Benbachir, 20 ans et évoluant à Marseille Consolat. Yusuf Sari, jeune joueur professionnel de l’OM, natif de Martigues qui a déjà foulé les pelouses de la Ligue 1. Enfin, Gabriel Dubois, l’ancien coéquipier en défense d’un certain Julien Da Costa à l’OM, porte désormais la tunique de Marseille Consolat.

Malgré un football amateur local en réelle perte de vitesse, et face à de multiples défis pour se renouveler, le talent ne s’invente pas et Marseille fut, est et restera une véritable pépinière de joueurs. Bien qu’il soit infiniment complexe de devenir les Eric Cantona ou Zinedine Zidane de demain, les jeunes pousses Marseillaises en ont dans le ventre et devraient vous étonner dans les mois qui suivent.

Depuis l’arrivée de Franck Mc Court, et de Mr Eyraud, l’OM se veut très proche des clubs amateurs et multiplie les partenariats afin de renouer un contact perdu depuis des lustres. Conscient du nombre de talents perdus depuis plusieurs décennies, l’heure d’une nouvelle époque a peut-être enfin sonné dans cette galaxie très lointaine qu’est le football amateur marseillais. Véritable envie de se rabibocher, ou simple coup de communication, l’avenir nous le dira, mais une chose est sûre, Football et Marseille ne feront toujours qu’un.

Crédits photos : AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS