Top 9 des moments qui ont fait la légende du mercato hivernal

Si le mois de janvier rime pour certains d’entre vous avec un régime imposé et une reprise difficile du boulot après les fêtes de fin d’année, il est synonyme de mercato hivernal pour les clubs de foot. L’occasion pour les grosses écuries et prétendants à l’Europe de se renforcer en vue du sprint final, tandis que les équipes de bas de tableaux vont tout faire pour ne pas s’affaiblir en vue de la course au maintien.

Comme le film du dimanche soir sur TF1, ce mercato est souvent décevant mais peut nous réserver quelques bonnes surprises. Il mérite malgré tout que l’on s’y attarde, au gré d’un retour sur 9 des faits marquants de l’histoire du mercato hivernal au XXIème siècle, entre coups de force et fausses bonnes idées…

9) Julien Faubert :

On commence de suite ce top avec un événement que certains qualifieront de mystérieux voir de complètement improbable, mais chez Ultimo Diez, on vous explique comment le prêt de Juju Faubert au Real Madrid n’était que la suite logique à son début de carrière.

Grand espoir du football français, Faubert joue la première partie de sa carrière professionnelle successivement à l’AS Cannes puis aux Girondins de Bordeaux. Première coïncidence. Convaincant en Ligue 1, il est appelé par Raymond Domenech en août 2006 et marque son premier but en Équipe de France lors de sa première sélection. Deuxième coïncidence. Lors de ce même match, il est le premier à porter le fameux numéro 10 en Bleu depuis une certaine légende du football français et mondial. Troisième coïncidence… Alors quand Juande Ramos et le Real Madrid, champion d’Espagne en titre, viennent le chercher à West Ham fin janvier 2009 pour clôturer son mercato hivernal, il suffisait de regarder en arrière pour comprendre que jouer pour la Maison Blanche était une étape obligatoire dans la carrière de Juju, l’homme qui aurait pu devenir le fils spirituel de Zizou.

Vous l’aurez compris, Faubert n’a bien évidemment pas eu la même réussite que ZZ au Real : 2 petits matchs joués et puis s’en va, avant de retourner à West Ham, puis aux Girondins en 2013. Il traîne aujourd’hui ses guêtres du côté de l’Indonésie et du Bornéo FC, après une saison pleine en Finlande du côté de l’Inter Turku.

8) Lucas Moura :

Été 2012. 1 an après l’arrivée des Qataris dans la capitale, le PSG veut marquer un grand coup afin de s’assurer un premier titre au XXIème siècle. Le club francilien en profite pour recruter du lourd, et il y en a pour tous les goûts. Certains des meilleurs joueurs européens comme Thiago Silva ou Ibrahimovic, des « outsiders » comme Lavezzi, ou encore des jeunes espoirs peu connus en France comme Verratti débarquent au club.

Mais un transfert tente de révèler un peu mieux les ambitions parisiennes. C’est celui de Lucas Moura. Pour la somme de 40 millions d’euros, soit 2 de moins que pour Thiago Silva, alors considéré comme un top 3 à son poste, Paris achète un des plus grands espoirs de la planète. Considéré comme le 2ème plus grand espoir brésilien derrière Neymar, des rumeurs l’ont lié à certains des plus grands clubs européens. Paris se montre avec ce transfert à la hauteur de ses ambitions. Mais si le transfert a lieu en été, c’est bel et bien en janvier 2013, alors que le championnat brésilien vient de se finir, que Lucas rejoint ses nouveaux coéquipiers et découvre les joies de la Ligue 1.

Sur le terrain Lucas n’arrivera jamais à confirmer les espoirs fondés en lui. Si le talent du garçon est indéniable, il n’arrivera jamais à trouver une place de titulaire indiscutable à Paris, et serait même actuellement sur le départ… Affaire à suivre.

7) L’hiver 2013 de l’OM

La même année que Lucas Moura et David Beckham au PSG, l’OM, qui a brièvement occupé la première place du classement en début de saison, se bat pour sa place dans le top 3 et ne démérite pas. Alors une fois le mercato hivernal venu, le génial président olympien Vincent Labrune obtient de façon extraordinaire une levée de fonds record de la part de sa non-moins géniale actionnaire majoritaire Margarita Louis-Dreyfus et permet au club de s’offrir un mercato jamais vu depuis les années Tapie. Comme a pu le dire Luke Skywalker dans « Les Derniers Jedis » un épisode de Star Wars tout aussi controversé que l’ancien président de l’OM, « Impressionant. Chaque mot dans cette phrase est faux. ».

Avec 6 millions d’euros, Labrune fait venir Alaixys Romao, Brice Samba, mais aussi et surtout Modou Sougou et Foued Kadir… Si le premier cité a réussi à faire son trou quelques saisons dans la cité phocéenne et aura laissé un souvenir pas trop désagréable aux supporters, les 3 autres n’auront laissés que des interrogations sur les compétences de dirigeants de Vinc’ Labrune…

6)  : Les ventes de Mata et De Bruyne pour conserver Oscar

Chelsea et José Mourinho, alors de nouveau en plein idylle, sont à la lutte pour la première place. Mais José a un problème de taille. Il possède un effectif complet, avec des joueurs de qualité à chaque poste. Chose qui vraisemblablement déplaît au technicien portugais qui s’adonne donc à son activité favorite, saborder lui-même son équipe.

Le poste lui posant le plus de problèmes se trouve être celui de meneur de jeu. Il possède dans son effectif Juan Mata absolument essentiel au jeu des Blues ces dernières saisons, grand artisan des victoires consécutives en Ligues des Champions et en Europa League en 2012 et 2013. À ses côtés, un jeune Kevin De Bruyne, qui revient de prêt du Werder Bremen et qui a donc déjà martyrisé les défenses de Bundesliga après s’être occupé de celles de Jupiler Pro League avec Genk. Pour compléter le tout, Oscar, le jeune brésilien qui jusque là s’est montré brillant, malgré un prix d’achat pas facile à assumer quand on arrive dans un grand club et une concurrence rude.

Entre ces trois là, le « Mou » se force à faire un choix, et c’est là qu’il n’a pas eu le nez creux. Il vend les deux premiers cités, respectivement à Manchester United et à Wolfsburg pour 44 et 22 millions d’euros, afin de conserver Oscar. Sur le moment rien de scandaleux, le Brésilien réalisait un meilleur début de saison que ses deux comparses. Mais c’est plus récemment que l’on a pu se demander si la vision à moyen et long terme de Mourinho n’a pas été altérée à un moment ou un autre, en voyant la progression d’Oscar freiner complètement jusqu’à en tomber dans les profondeurs du football dans le championnat chinois quand Mata performe encore à United comme il a toujours su le faire, et surtout quand KdB est certainement devenu cette saison l’actuel meilleur milieu de terrain du monde

5) David Beckham :

Voilà un transfert dont on ne sait toujours pas, près de 4 ans après, si il a été réalisé dans une logique sportive ou dans une logique de marketing.

Le PSG cherche à l’époque à se rendre plus crédible dans le monde sauvage du football. Il vient quelques mois plus tôt et comme on l’a vu plus haut, de frapper un grand coup en concluant les transferts de Lucas Moura, Thiago Silva ou de Zlatan. Mais pour les dirigeants, ça n’est pas assez. Ils mettront donc à profit les derniers jours de ce mercato hivernal 2013 pour réaliser une des opérations sous-marines les plus réussies de l’histoire de ce sport. Le 31 janvier, alors que le mercato parisien semblait fini, le club de la capitale annonce la tenue d’une conférence de presse dans l’après-midi. Alors que personne n’était au courant jusque-là de ce dont il pouvait s’agir, une rumeur naît : la conférence de presse va se dérouler pour annoncer la venue au club de David Beckham ! Sans club depuis son départ du L.A Galaxy, le Spice Boy rejoint bel et bien Paris et fait s’ameuter plus de 300 journalistes au Parc des Princes pour sa présentation. Le coup de pub est total.

Si la presse sportive et people s’est alliée pendant plusieurs jours pour ne plus parler que de la venue de « Becks » dans la capitale, ce sera malheureusement plus compliqué pour lui sur le terrain, où même si ses performances sont loin d’être ridicules pour un joueur de 37 ans, son principal fait d’arme sera un replacage de mèche impeccable après s’être fait lourdement bousculer par Jordan Ayew.

4) L’incroyable Deadline-Day 2011 :

Petit récapitulatif de la situation en Premier League : Manchester United domine le championnat pendant que Chelsea occupe la 4ème place et Liverpool, après des débuts difficiles, se retrouve 7ème, avec la légende du club Kenny Dalglish fraîchement nommée à sa tête. Le 28 janvier, les Blues font une offre aux Reds pour acquérir Fernando Torres. L’Espagnol, alors considéré comme un des meilleurs attaquants au monde, souhaite changer d’air et de club. Son club refuse cette première offre.

Le dernier jour du mercato, alors qu’il ne reste plus beaucoup de temps pour transférer des joueurs, le Board de Chelsea tente une ultime offre, à hauteur de 50 millions de livres sterling. Offre acceptée par Liverpool qui doit de son côté trouver un remplaçant au chouchou d’Anfield. L’argent de Torres est directement réinvesti dans un buteur des plus médiatisés cette saison là en Angleterre, la révélation Andy Carroll, à hauteur de 35 des 50 millions reçus. En plus de Carroll arrive sur les bords de la Mersey un autre attaquant, dont la venue est plus discrète que celle du géant britannique. C’est bien de Luis Suarez dont on parle.

Ce « mercato dans le mercato » avec ces transferts d’attaquants fait l’effet d’une bombe Outre-Manche et les attentes sont énormes, autant pour Torres qui doit justifier le prix alors astronomique de son transfert, que pour Carroll qui doit lui remplacer un Torres toujours excellent avec les Reds. Si les parcours de ces deux joueurs ont été très compliqués dans leurs nouveaux clubs, celui qui s’en tirera le mieux dans cette histoire est le troisième larron, Luis Suarez, qui marquera dès son premier match face à Stoke et prendra en partie la place d’El Nino Torres dans le cœur des supporters des Reds pendant ses 3 ans et demi au club.

3) Everton et Souza :

Si l’on a précédemment parlé des recrutements hivernaux du PSG version Qatari comme des réussites, au moins sur le plan communication et marketing, le club de la capitale a parfois connu des transferts sans aucune réussite. C’est notamment le cas des venues d’Everton et de Souza à l’hiver 2008. Alors que le club ne vit pas encore l’éclat que le monde du football lui connaît, son responsable de la cellule recrutement, l’ancien défenseur Alain Roche, fait recruter dans la panique la plus totale (il le reconnaitra lui-même par la suite) deux Brésiliens jusque là inconnus du grand public, Everton et Willamis Souza, pour 6 millions. La curiosité autour de ces deux-là est grande et forcément, quand le premier cité déclare qu’il a du Robinho dans son jeu, la hype prend immédiatement.

Seulement, le PSG ira de déceptions en déceptions avec ces deux joueurs, tant ils n’ont jamais été à la hauteur ni au niveau d’un club de Ligue 1…

2) Le début de la folie chinoise :

L’hiver 2016 a été marqué par ce que l’on pourrait appeler la « folie chinoise ». Alors que le mercato était relativement calme, les clubs de première division chinoise se sont lancés de façon frénétique dans une course aux joueurs, en dépensant sans compter. La cible numéro un ? Non pas le terrain de produits de consommation comme le rappaient IAM dans « petit frère », mais les joueurs sud-américains et africains, qui se sont vus « détourner » de certains des meilleurs clubs européens à coups de salaires mirobolants et de coûts de transferts astronomiques. Cet hiver là, des joueurs comme Guarin, Gervinho, Ramires ou encore Jackson Martinez ont rejoint le pays le plus peuplé du monde contre un chèque bien rempli à l’ordre de leur ancien club. Si les prix de ces joueurs était déjà relativement chers (42 millions d’euros pour Martinez par exemple), ils ont en plus de ça ouvert la porte à de nouveaux transferts encore plus démesurés pour les mercatos suivants, comme ceux de Hulk ou d’Oscar dont on parlait plus tôt.

Certains « spécialistes » nous feront remarquer à quel point la Chine peut dérégler complètement les marchés des transferts en proposant des sommes absolument pas raisonnables pour certains joueurs, mais force est de constater ces dernières années que le football européen n’a besoin de personne pour dérégler ses mercatos…

 1) Le retour de Payet à l’OM

Impossible de conclure ce papier sans parler du feuilleton qui a animé le monde du ballon rond il y a de cela un an, mettant en scène notamment un joueur de foot réunionnais alors quelque peu en surpoids, un « écrivain » espagnol complètement inconnu devenu le messie de Marseille pendant quelques semaines, ou encore le fils d’un ancien magnat du porno devenu propriétaire de West Ham.

Il fut le premier à annoncer Andoni Zubizarreta à l’OM. Il fut également l’un des premiers à annoncer le retour de Dimitri Payet dans la cité phocéenne. En janvier 2017, Hugo Garcia Perez n’a pas dû avoir une vie de tout repos. En annonçant que Dim Payet, chouchou du Vélodrome sous Marcelo Bielsa, héros de l’Équipe de France pendant les phases de poules de l’Euro et 17ème du classement du Ballon d’Or, voulait revenir à Marseille, il a déchaîné tout un peuple qui n’attendait que le premier coup de force de ses nouveaux dirigeants. Mais au delà de la simple annonce d’une rumeur par quelqu’un dont la fiabilité n’est une certitude pour personne, c’est tout un feuilleton digne du « Cœur a ses raisons » qui s’est déroulé.

Si tout raconter serait peut-être long, surtout pour des faits si peu anciens, ils peuvent être résumés par ces quelques lignes : Payet veut l’OM et l’OM veut Payet, quitte à mettre le paquet financièrement. West Ham ne veut pas vendre et n’a pas besoin d’argent. Payet refuse de jouer pour West Ham, qui finalement se rend compte que garder un joueur au salaire si cher sans le faire jouer n’est avantageux pour personne. Les supporters des deux équipes s’insultent sur Twitter. L’OM et Payet gagnent le bras de fer, accord estimé à environ 30 millions d’euros. Payet revient à Marseille, mais hors de forme et avec un petit ventre à en faire pâlir de jalousie le André-Pierre Gignac de la grande époque Merano. Les supporters continuent à s’insulter sur Twitter pendant des mois, ceux de West Ham vite rejoints par Jack Sullivan, fils du propriétaire du club, qui en profite pour tweeter des montages photos de qualité supérieure montrant Payet et des serpents, vous aurez compris la métaphore. Quasi fin de l’histoire.

Aujourd’hui encore, les supporters marseillais ne savent pas si rapatrier Dimitri Payet était une bonne idée sur le plan sportif

 

Crédit photos : mother soccer.fr ; mcfcsupportersclub.co.uk, AFP PHOTO / ALAIN JOCARD

J'arrive toujours soigné comme une passe de Toni Kroos.

Laisser un commentaire