Fernando Menegazzo, le retour de la force tranquille

Les Girondins de Bordeaux n’ont pas connu un mois de janvier de tout repos. Entre départ de l’entraîneur et du capitaine et arrivée d’un nouveau staff, les supporters bordelais ont été un peu sonnés, en manque de repères. Pourtant, des repères, ils en ont retrouvé un avec le retour d’un ancien milieu de terrain qui enfile aujourd’hui le costume d’entraîneur adjoint, le très apprécié et respecté Fernando Menegazzo…

Bourrés d’ambitions en début de saison, les Girondins de Bordeaux ont finalement connu une première partie de saison catastrophique : une spirale négative a anéanti toute forme de confiance, toute forme de joie au sein d’un club qui n’avait pas envisagé une seule seconde ce scénario. D’ailleurs, les supporters bordelais avaient eu cet été ce qu’ils réclamaient depuis plusieurs années : des recrues, de l’ambition, une volonté de produire du beau jeu… Il n’en fut rien. Et bien qu’on ait voulu laisser sa chance au staff en place, la blessure mentale était trop profonde. Les dirigeants ont donc pris la décision de créer ce fameux « électrochoc » si nécessaire dans ces circonstances en limogeant Jocelyn Gourvennec.

Stéphane Martin et Nicolas De Tavernost ont œuvré pour dénicher un nouvel entraîneur, étranger de préférence. Et si bien longtemps Michel Preud’homme a tenu la corde, c’est bien Gustavo Poyet qui a débarqué en terre aquitaine, un entraîneur au CV mitigé mais dont le dynamisme pourrait redonner l’énergie que cette équipe a perdue. Pourtant, à l’annonce de l’arrivée de l’entraîneur uruguayen, les supporters bordelais se concentrent sur une autre information, celle du retour d’un ancien joueur en tant qu’entraîneur adjoint, Fernando Menegazzo. L’ancien milieu brésilien retrouve un club où il a passé la majeure partie de sa carrière avec l’ambition de partager son expérience, de donner la hargne à ses joueurs mais aussi de se rapprocher d’eux comme du clan brésilien qui, pour ne pas gâcher son talent, doit être suivi et accompagné. Alors qui de mieux que Fernando pour le faire, lui qui en son temps faisait aussi partie d’un clan brésilien, initié par l’entraîneur de l’époque…

C’était en 2005, Ricardo Gomes débarquait à Bordeaux avec l’intention d’apporter sa touche, de ramener un peu de Brésil en Gironde. Alors pour ce faire l’ex entraineur de Flamengo attire quelques joueurs brésiliens afin de renforcer l’effectif : Henrique, Denilson et aussi un certain Fernando Menegazzo qui après des débuts dans le championnat brésilien a tenté sa chance en Italie à Sienne puis à Catane, avant d’arriver en Gironde pour plus longtemps qu’il ne le pensait. Car c’est au départ à l’occasion d’un prêt que le milieu brésilien de 24 ans débarque à Bordeaux. Mais rapidement, ses qualités techniques, son aisance physique et sa sagesse sur le terrain font de lui un joueur indispensable dans l’effectif bordelais. Bordeaux profite alors de cette nouvelle vague pour enclencher une bonne dynamique qui finit par payer : le club termine deuxième du championnat derrière l’ogre lyonnais, une performance remarquable pour le club. Alors les dirigeants girondins font un effort pour garder les meilleurs éléments et à l’été 2006, Fernando Menegazzo signe définitivement dans le club aquitain. Il retrouve d’ailleurs cet été là un compatriote lui aussi ramené par Ricardo : Wendel, un milieu gauche à la patte précieuse avec qui les Bordelais vont se régaler.

Cette saison 2006-2007 alterne entre le bon et le moins bon. Les girondins remportent la Coupe de la Ligue mais terminent sixièmes du championnat, un ton en-dessous de l’année précédente. Mais tout n’est pas à jeter et certaines performances individuelles sont à saluer, notamment celle de Fernando Menegazzo qui connait cette saison-là sa première sélection en équipe nationale et qui va avoir la chance de participer et surtout de remporter quelques mois plus tard, durant l’été 2007, la Copa America avec la Seleçao. Pourtant, côté girondins, l’heure est au changement. Ricardo Gomes s’en va pour le sud de la France et Monaco laissant derrière lui un héritage qui composera les bases du nouveau Bordeaux, le Bordeaux glorieux de la fin de la décennie 2000, le Bordeaux de Laurent Blanc, celui qui amènera tant de joie chez des supporters un peu en manque de titres depuis le championnat de 1999…

Dans cette aventure menée par le champion du monde de 1998, les Bordelais proposent un parfait compromis entre physique et technique. Chacun trouve sa place et apporte son talent et son identité dans le jeu bordelais. Fernando, lui, ravit par sa sérénité, sa facilité technique et par ses dépassements de fonction comme lorsqu’il prenait le ballon et, qu’allant de l’avant, il cassait les lignes, surprenant les adversaires et apportant le surnombre devant. Tant de qualités qui ont permis aux Girondins de vivre une période euphorique, remportant en 2009 la Coupe de la Ligue ainsi que le Championnat de France.

L’année suivante démarre de manière incroyable, les Girondins enchaînant plus de dix victoires d’affilée en championnat. Cette année-là, les Bordelais semblent invincibles. Sur la même période, seul l’Inter Milan de José Mourinho faisait mieux. Une performance extraordinaire qui au détour d’une trêve hivernale a pris fin. La suite de la saison peut se résumer à une chute libre, les girondins terminant sixièmes et ne se qualifiant pas pour une coupe d’Europe. La coupe d’Europe était d’ailleurs l’une des grandes préoccupations de cette saison avec une phase de poule de maître où le club aquitain a battu le Bayern Munich et la Juventus, terminant premier de son groupe avec 16 points sur 18.

Aujourd’hui Bordeaux tente encore de relancer la machine qui depuis cette saison est un peu enrayée. Alors pour exploiter au mieux les qualités des joueurs, pour redonner ce sourire et cette hargne sur le terrain, pour rappeler, qu’il n’y a pas si longtemps que cela, les Girondins faisaient rêver beaucoup de jeunes footballeurs, les dirigeants ont fait appel aux anciens, à ceux qui ont connu ces moments de joies et qui, de par leur expérience et leurs qualités sont capables de soigner les maux d’une équipe en perdition. Fernando Menegazzo revient à Bordeaux et il porte sur son dos tous les espoirs d’un peuple de supporters qui ne demande qu’une chose : retrouver le plaisir d’antan.

 

CREDIT IMAGE : Bruno Fahy

Quand les gens sont d'accords avec moi, j'ai toujours le sentiment que je dois me tromper.