[Coupe du monde] Le Danemark en trouble-fête

Pour la troisième fois, la France va retrouver le Danemark en phase de poules de la Coupe du Monde. Cela devient donc une habitude pour les Scandinaves, qui participent à la plus prestigieuse de compétition pour la cinquième fois après 1986, 1998, 2002 et 2010. Forts de leur génération dorée entre les années 80 et 90, les Danois ont atteint les huitièmes puis les quarts de finale de la compétition. Au milieu de cela, ils ont remporté un titre de champions d’Europe (1992) au nez et à la barbe des Allemands, Hollandais et autres Français. Cette période, désormais loin, a toutefois laissé un héritage. Et aujourd’hui, le pays possède de nouveau une équipe frisson, avec Christian Eriksen en chef de file.

Le numéro 10 danois, homme des qualifications

Dans un groupe E pas forcément très relevé avec la Pologne en adversaire principal, ainsi que le Monténégro, la Roumanie, le Kazakhstan et l’Arménie,  le Danemark s’en est bien tiré. Au cours des dix matchs, il n’y a pas vraiment eu d’accident, en revanche il y a eu des coups d’éclat. Avec une victoire écrasante sur le score de 4-0 face à la Pologne, les hommes du Norvégien Åge Hareide ont alors engrangé de la confiance. Et la possibilité d’une qualification s’est dessinée.

Au cours de ces rencontres entre septembre 2016 et octobre 2017, le numéro 10 de la sélection et joyau de Tottenham, Chrisian Eriksen a brillé de mille feux. Au cœur de l’équipe, il a été un véritable artisan de la qualification pour le second tour avec les meilleurs deuxièmes. Et face à l’Irlande, lors des deux rencontres décisives avec un billet pour la Russie à la clé, il a survolé le second match. Si l’aller s’est soldé sur un 0-0, le verdict est tombé à l’Aviva Stadium de Dublin. Face aux Irlandais,  Eriksen a été intraitable et y est allé de son triplé. Ce match-là n’a fait que confirmer encore un peu plus sa position de leader technique au sein de l’équipe. Un récital, deux buts grandioses comme lui seul en a le secret tant il est habile quand il s’agit de tirer depuis l’extérieur de la surface et en route pour le mondial.

Avec ses 11 buts en 12 matchs et de ses 3 passes décisives, le milieu offensif a sans doute été l’un des meilleurs joueurs de la zone européenne pour ces qualifications. Et il va sans dire qu’il aura à cœur de faire briller son pays en Russie, face au Pérou, à l’Australie, à la France et plus si affinité. Il sera donc obligatoire de garder un œil sur lui car il est sans doute le danger principal de cette équipe. Fort d’une énième belle saison du côté de Londres avec notamment 10 buts et 9 passes décisives en plus d’être essentiel au système de M. Pochettino, le Danois arrivera en confiance sur les terres russes, avec des coéquipiers qui n’ont rien à perdre.

 

Une envie de réediter un parcours brillant réalisé 20 ans plus tôt

 

Que ce soit à l’échelle continentale ou mondiale, la sélection danoise a toujours eu la capacité de surprendre ses adversaires. Au temps de frères Laudrup notamment, ils ont atteint le zénith. Et même si seulement Brian était en Suède suite à des différents avec le sélectionneur, Richard Møller-Nielsen, les Rød-Hvide ont terminé champions d’Europe à la surprise générale. Et cela était déjà lié au fait que l’expérience ait été alliée à la fougue de la jeunesse.

Au niveau mondial, l’intronisation reste difficile, comme les autres sélections nordiques globalement. Il y a toutefois eu de véritables coups d’éclat. Si en 2010, le passage des Danois est plus ou moins passé inaperçu, terminant troisièmes dans un groupe où l’on trouvait notamment les Pays-Bas, cela a été différent auparavant. En 2002, avec la France dans le groupe A, ils ont terminé premiers du groupe et s’ils ont quitté la compétition dès les huitièmes ensuite en s’inclinant face à l’Angleterre, leur passage a été remarqué. S’en sortir face au champion du monde et d’Europe en titre ce n’est pas rien. Et Jon Dahl Tomasson aura été un véritable artisan de ce parcours, lui qui reste encore le meilleur buteur de l’histoire de la sélection avec 52 réalisations (à égalité avec Poul Nielsen, héros du début du XXème siècle).

En 1998, ils terminent seconds de ce groupe C, derrière la France. Et cette fois, c’est en quarts qu’ils s’arrêtent, terrassés par le Brésil malgré leur ouverture du score à la deuxième minute. Encore une fois, ce Danemark, en position d’outsider, fait certes le service minimum au sein du groupe, mais étonne par la suite. Avec un grand Brian Laudrup, le Danemark réalise finalement son plus beau parcours en Coupe du monde. Douze ans auparavant, au Mexique, leur parcours étincelant dans leur groupe où ils terminent premiers mais s’inclinent violemment en huitièmes face à l’Espagne est donc loin de cette performance-là. Pour une première en Coupe du monde, il n’y a toutefois rien de honteux.

 

Celui qui portait le numéro 10 et brillait avant Eriksen, en 1998.

 

Vingt ans après leur meilleur parcours sur la scène mondiale, l’équipe emmenés par un Christian Eriksen survolté aura sans aucun doute l’envie de réécrire l’histoire. Leur histoire. Les enfants de cette génération qui a vu les exploits de la sélection, devant leur télévision ou derrière la radio, ont eux aussi envie de voir leur équipe briller. Cela ne pourra commencer qu’en sortant  de leur groupe, chose loin d’être inimaginable compte tenu du niveau de l’Australie dernièrement, et du très surprenant Pérou, de retour pour la première fois depuis 1982. Et la France n’est pas infaillible non plus. Le rêve est donc permis lors de cette compétition qui a souvent pour vocation de transcender les joueurs.

Et Å. Hareide espère sans doute que ce sera le cas, lui qui sait d’ores et déjà, globalement, les joueurs qu’il va emmener en Russie. Kasper Schmeichel, Simon Kjær, Lasse Schöne, Vikot Fischer ou encore William Kvist seront évidemment du voyage sauf accident, tout comme C. Eriksen. Pione Sisto, Thomas Delaney qui revit au Werder Bremen ainsi que Yussuf Poulsen ont eux aussi leur ticket. Vous allez surement vous demander où est Kasper Dolberg ? Le prodige qui évolue du côté de l’Ajax Amsterdam connaît une saison compliquée après les prouesses réalisés. Et à l’image d’un autre jeune talent comme Philip Billing (Huddersfield Town), il ne fera probablement pas le voyage. Mais avec les autres jeunes talents qui arrivent, il semble plus ou moins évident qu’ils auront leur chance dans un autre grand tournoi. Comme les aînés, ils pourront défendre leur blason et leur drapeau.

À l’aube de cette coupe du monde en Russie, le Danemark fait donc office de véritable outsider, et les joueurs ont les capacités pour créer la surprise. Comme souvent, les équipes que l’on n’attend pas peuvent finir par surprendre. Il sera donc nécessaire de se méfier, dès le départ, de cette sélection nordique qui accompagne la Suède et l’Islande. Les nations du nord auront à coeur de montrer qu’elles peuvent rivaliser, dans une moindre mesure, avec les plus grands.

Crédit photo:Paul FAITH / AFP

Parle d'Allemagne et de Bundesliga, et c'est à peu près tout.