[Mercato] La vérité sur l’affaire Max Meyer

Au crépuscule de la saison 2016-2017, une chose était presque certaine : Max Meyer allait quitter son club formateur, le FC Schalke 04. Après une saison correcte sous Andre Breitenreiter mais ne montrant pas réellement de signes de progression et une autre année sous Markus Weinzierl simplement catastrophique, il semblait clair que le club qui venait de finir 10e de Bundesliga et le joueur, à qui, à ce moment-là il ne restait plus qu’une année de contrat, n’emprunteraient pas le même chemin. Le joueur le répétait alors lui-même, après l’Euro U21, il devrait prendre une décision difficile mais nécessaire. La séparation était imminente. Et pourtant…

L’homme qui murmurait à l’oreille de Maximilian

Le club de la Ruhr annonce dans la foulée le départ de Markus Weinzierl. Plus tard, c’est Domenico Tedesco qui hérite de la lourde tâche de remettre le club sur le droit chemin avec un budget très limité et l’une des stars de son équipe en instance de départ.

Max revient donc de l’Euro U21 en ayant mené la jeune sélection allemande vers le titre. Cela ne fait qu’alimenter les débats. Comment un joueur peut être si performant dans les différentes sélections nationales (on se souvient notamment de ses JO 2016 absolument incroyables durant lesquels il avait lutté avec Neymar jusqu’au bout), mais aussi peu en vue dans le club qui l’a formé ? Les supporters ont commencé à s’agacer et les discours souhaitant un départ du petit numéro 7 se sont succédés. Toutefois, pendant la préparation estivale, Domenico Tedesco a essayé d’en faire l’un de ses maillons forts. Sans succès.

La mi-août vient d’être passée et voilà le premier très gros révélateur. Le FC Schalke 04 accueille le RB Leipzig pour la première journée de la saison 2017-2018. Max démarre la rencontre sur le banc. Son équipe régale, mais lui ne montre aucune expression depuis le banc. Pire encore, il entre en jeu dans les toutes dernières minutes et au coup de sifflet final, il ne va pas célébrer avec ses coéquipiers et préfère retourner vers le banc. Cette fois, c’est bel et bien terminé. Meyer doit relancer sa carrière au plus vite. Il va quitter les Königsblauen.

Les jours s’enchaînent mais rien ne se passe. Le club le retient peut-être contre son gré. Ou alors, il n’arrive pas à trouver preneur. Les médias non plus ne savent pas. Contre toute attente, Max Meyer va continuer la saison avec Schalke.

Sa situation sur le terrain ne s’améliore pas pour autant. Il n’arrive pas à se faire une place de titulaire. Jusqu’au 23 septembre 2017. La bande à Tedesco se déplace sur la pelouse de la bande à Nagelsmann. Tous les observateurs n’en ont que pour les deux jeunes entraîneurs. Et c’est l’Italo-Allemand qui va en surprendre plus d’un. Il aligne son meneur de jeu allemand mais, très vite, on remarque qu’il ne joue pas à son poste habituel. Il joue plus bas, bien plus bas.
L’histoire retiendra qu’Hoffenheim a gagné ce match 2-0. Tedesco, lui, considère encore aujourd’hui ce match comme le meilleur de son équipe en termes de jeu. Et l’international allemand y en est pour beaucoup.

C’est comme cela qu’au fur et à mesure, qu’il s’installe toujours plus confortablement à ce poste de numéro 6, devant la défense à 3. Et, mis à part le match contre Hoffenheim, Schalke ne perd pas depuis ce coup de génie. Le club se lance dans une série incroyable de bons résultats qui le propulse dans le haut du classement.

La trêve hivernale approche, le club se porte bien et, tout aussi surprenant, Maximilian Meyer se porte bien aussi. Et il le fait savoir. Les messages positifs sur les réseaux sociaux sont nombreux, il remontre son visage à la presse, déclare qu’il revit grâce à son entraîneur et qu’il lui doit beaucoup.
Pour le dernier match avant la trêve, Schalke reçoit Cologne en coupe d’Allemagne. Le match se finit sur le score de 1-0 grâce à un but de… Meyer… de la tête sur corner. La folie.

4 mois plus tôt, la porte s’était quasiment refermée derrière lui. Et en décembre, un optimisme grandit. Max Meyer va prolonger son contrat, quelle histoire !

La fin d’une amourette automnale et hivernale

Pendant et surtout après la trêve, c’est quelqu’un d’autre qui va secouer le club. Leon Goretzka va signer au Bayern. Les supporters se sentent trahis et cherchent du réconfort chez celui qui formait la paire avec le numéro 8 pendant de longues années. Beaucoup d’espoirs sont placés en lui.

Meyer continue logiquement d’être titulaire et de diriger le jeu de son équipe pendant le début du Rückrunde, et, même si les résultats ne sont pas aussi bons à cause d’un calendrier plus compliqué, l’optimisme demeure. Mais on le sait tous, les histoires d’amour finissent mal en général. Et ça, à Schalke on le sait mieux que quiconque mais on ne s’y fait toujours pas.

L’hiver touche à sa fin, et Max doit annoncer sa décision pour la suite de sa carrière. Soit il prolonge son contrat qui expire fin juin, soit il annonce au club son futur départ pour lui laisser le temps de lui trouver un remplaçant. Christian Heidel, le directeur sportif, lui avait fait une offre de prolongation en décembre/janvier avec une revalorisation salariale qu’accepteraient plusieurs très bons joueurs de Bundesliga. A la stupeur générale, c’est son agent, Roger Wittmann, qui se fait alors entendre.
Alors que le club commence à perdre patience, la tête de l’agence ROGON annonce que le club ne montre pas assez d’affection à son protégé. Et par « affection » il entendait bien évidemment « argent ». Car il ne faut pas oublier que s’il y a un club qui a su chouchouter son petit joyau, c’est bien Schalke 04 avec Max Meyer.

Le club avait, par exemple, décidé de donner le numéro 7 de la légende Raul à Max, et l’avait illustré en remplaçant son ancien numéro 7 par son nouveau numéro 7 dans le match d’adieu de l’espagnol. Il avait aussi décidé de ne pas recruter Raffael (qui depuis a fait les beaux jours de Gladbach) suite à son prêt, pour ne pas freiner la progression de son jeune joueur. On ne vous rappellera pas non plus la reconversion de Draxler au poste d’ailier gauche pour que les deux puissent jouer ensemble.

Au final, le club l’a très certainement beaucoup trop chouchouté. En effet, Roger Wittmann ne s’est pas arrêté là. Dans une célèbre émission allemande, Christian Heidel a raconté l’histoire et a cité les propos de l’agent :

« Christian, nous devons d’abord établir que nous parlons du même joueur. […] Je parle du joueur de classe mondiale Max Meyer qui serait un joueur important dans toutes les grosses écuries européennes et qui a de grandes chances d’aller à la Coupe du Monde. Si nous parlons du même joueur, envoie-moi une offre [de prolongation de contrat]. Sinon, tu n’as pas besoin de m’envoyer d’offre. »

Ensuite, Heidel s’est expliqué :

« Je lui ai quand même envoyé une offre. Non pas pour le joueur de classe mondiale qu’il mentionnait, mais pour un très, très bon joueur de Bundesliga qui a le potentiel de devenir encore meilleur. »

Puis, Wittmann a contre-attaqué. Et c’est ainsi que les choses se sont envenimées. L’agent a tout de même reconnu que son joueur lui avait fait part en novembre de son envie de prolonger.

Aujourd’hui, le destin de Max Meyer est très incertain. Il réclamerait, avec son agent, 5,5 millions d’euros par an au minimum et diverses primes élevées. Après avoir apparemment essuyé les refus de Barcelone, Liverpool, Arsenal, l’Atletico et Milan à cause de ses exigences salariales, le joueur allemand ne peut plus faire marche arrière. Trop de mots ont été dits et trop d’encre a coulé. C’est maintenant l’Olympique de Marseille qui est annoncé comme principal intéressé. 

Crédits photos : AFP PHOTO / SASCHA SCHUERMANN

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