[Bundesliga] Reiss Nelson, l’autre diamant anglais à polir

La Bundesliga, au fil des saisons, se transforme en une terre d’accueil pour les jeunes joueurs. L’envie de progresser, l’envie de jouer, l’envie d’attirer les regards poussent sans doute les joueurs à s’exiler vers un championnat qui regorge désormais de jeunes talents.

Partir pour mieux, c’est sans doute ce qui qualifie le mieux le départ de Reiss Nelson pour l’Allemagne. Il a quitté sous forme d’un prêt Londres et Arsenal pour Hoffenheim. Probablement inspiré par l’un de ses meilleurs amis qui n’est autre que Jadon Sancho, il a donc quitté la Grande-Bretagne. Choisir Hoffenheim et Julian Nagelsmann pour progresser et engranger du temps de jeu est probablement le meilleur choix qu’il pouvait faire avant de revenir chez les siens.

Il s’est tout récemment confié sur ce choix pour le site de la FA : « Un prêt n’était pas mon choix numéro un, mais quand j’ai su que la Bundesliga et Hoffenheim étaient une option pour moi tout comme travailler avec l’entraîneur là-bas, c’était quelque chose que je voulais faire. Julian est un bon entraîneur, il fait confiance aux jeunes joueurs donc c’est un bon endroit où aller et jouer. Il est très jeune, il a seulement 31 ans et je pense que c’est important d’évoluer dans un équipe avec un coach qui croit en toi, donc il était la raison principale, il était prêt à nous faire jouer. »

Pour le site de la Bundesliga cette fois, Reiss Nelson dit que Nagelsmann est « l’une des raisons pour lesquelles je suis venu à Hoffenheim ». Et pour le moment, il le lui rend bien.

S’exiler pour apprendre

Le club du Sud-Ouest de l’Allemagne est connu pour laisser sa chance aux jeunes joueurs, quoi qu’il arrive. Ils sont intégrés. Et le jeune Anglais, âgé de 18 ans (décembre 1999), l’a bien été puisqu’il se fait déjà remarquer. Avec ses quatre buts et une passe décisive en six matches avec son nouveau club – dont deux rencontres de Ligue des champions – il attire déjà les regards. Pourtant, son entraîneur n’hésite pas à calmer les observateurs.

 

 

L’attaquant des U21 anglais n’est rien d’autre qu’un diamant brut à polir. Il doit encore apprendre, et il conserve du temps devant lui. Si son pied droit caresse bien le ballon, ce n’est pas tout. En parlant à Sport1, Nagelsmann a confirmé que « [Reiss] a un énorme potentiel à développer. Il est excellent en un contre un couplé à un bon sens du jeu quand il faut attaquer. C’est pourquoi nous nous le sommes fait prêter. Nous devons rester posés. Nelson a inscrit quatre buts, dont deux très importants contre Nuremberg , mais il a aussi eu des mauvais matches. Il a besoin de grandir sainement. C’est comme avec la musique : une chanson mettra du pain sur la table mais seulement pour quelques semaines. »

Son entraîneur appelle donc à garder son calme sans forcément nier que le jeune Anglais a les capacités pour aller haut. Nagelsmann a ensuite ajouté : « On ne parle pas d’être un « one-hit Wonder« , mais de délivrer de bonnes performances sur une longue période. Être le meilleur sur 15 ans. Soyez prudents en l’observant. Laissez-le grandir en paix et ne lui prenez pas la tête. Ce n’est pas simple de garder les pieds sur terre à 18 ans. »

The London boy(s) in Germany

Il s’avère clair, donc, que le Londonien doit travailler, travailler et encore travailler avant d’espérer voir son nom affiché en grand. Si un jour il veut animer l’aile droite des Three Lions pendant que Jadon Sancho s’occupe du côté gauche, cela passera par des heures de labeur. Mais Reiss Nelson a envie de réussir et il a envie de jouer. En ayant cette possibilité en Allemagne, ce qui n’est à l’heure d’aujourd’hui qu’une hypothèse pourrait devenir réel.

Celui qui « jouait au football dans la rue, comme beaucoup de garçons à Londres font », a l’envie de jouer ce même football sur les terrains. C’est sur les terrains londoniens qu’ils ont commencé à amuser la galerie comme ils le font aujourd’hui dans leur club allemand respectif. Au cours des London Youth Games durant lesquels toutes les équipes des quartiers londoniens participent, ils étaient là. Nelson en parle d’ailleurs de façon précise. « Il y avait Lewisham, Elephant and Castle et Southwark, et moi et Jadon venons de Southwark donc nous nous rencontrions toujours, même en étant jeunes, car dans un lieu comme ça, tout le monde est ensemble. Donc quand j’avais huit ans environ, j’ai entendu une histoire sur un gars qui s’appelait Jadon Sancho, il était d’un endroit à deux minutes d’où j’habitais et il était très fort bla-bla-bla… J’étais là, « ouai ouai okay« . Donc ils nous ont mis dans la même équipe pour un match une fois et c’était juste dingue.

Depuis, nous sommes meilleurs amis, on a grandi ensemble, et il m’a beaucoup parlé de la Bundesliga avant que j’arrive. C’est une autre raison pour laquelle je voulais venir ici. Il m’a expliqué que je m’habituerais à la Bundesliga très rapidement si je travaille dur. »

 

London boys.

 

Depuis Southwark donc, lui et son meilleur pote ont sans doute commencé à penser à renverser des montagnes. Pour ce qui est de Nelson, il a sans doute l’envie de s’imposer du côté des Gunners à un moment donné. En portant ces couleurs-là depuis ses neuf ans, c’est sans doute un autre rêve. Mais en attendant, il a le championnat allemand comme terrain de jeu pour continuer à grandir, avec sa famille pour le soutenir tout comme l’autre London Boy qui affole la Ruhr.

Le temps parlera

Son talent l’a amené à jouer dans les catégories supérieures à la sienne et c’est le cas avec les U23 d’Arsenal pour qui il joue depuis 2016 et avec qui il a inscrit 17 buts et effectué 11 passes décisives. Entre-temps, il a tout de même joué avec les U18 ainsi que la Youth League. Ceci marque cependant une vraie précocité. Dans ces différentes catégories, il s’est retrouvé à jouer sur tout le front de l’attaque. Il a exploré chaque poste. Il a également été reculé d’un cran parfois.

Toutefois, il semble maintenant clair que le rôle de Reiss Nelson se trouve en attaque, de préférence sur un côté. Son jeu respire l’offensif, chaque prise de balle est portée vers l’avant. Son instinct parle pour lui à chaque fois. Rapide, explosif, une tendance à rentrer dans l’axe, un jeu de passe déjà très propre, il aime créer des espaces, ouvrir des brèches dans les défenses. Dès lors, son style est résolument porté sur l’attaque. Arsène Wenger lui-même en parlait : « Il est plus un joueur offensif, un garçon qui peut jouer parmi les trois de devant ou comme milieu offensif. »

Quand lui parle de son poste, il dit : « Le « Boss » te fait jouer dans une position où il pense qu’il pourra tirer le meilleur de toi. En tant que numéro 10, ou en deuxième attaquant, il y a plusieurs bonnes positions où je me vois, où je peux aller et où je sais que je peux faire des dégâts si j’écoute mes coéquipiers et entraîneurs. »

En brillant avec les jeunes Gunners, il est amené à signer un contrat professionnel avec eux le 23 décembre 2016. Rapidement après, il fait sa première apparition avec l’équipe alors entraînée par Arsène Wenger. Il fait ses débuts lors de l’Emirates Cup le 6 août 2017, et joue pour la première fois en Premier League le 20 janvier 2018 face à Crystal Palace. Avec les A, il va jouer quelques minutes par-ci par-là, sans doute pas suffisant pour lui malgré les 16 apparitions au total. Tout cela ne peut être qu’encourageant pour l’avenir, un avenir qu’il voudrait passer du côté sa ville natale et du club qui l’a fait grandir, comme en témoigne sa prolongation avec Arsenal jusqu’en 2023.

L’ancien manageur avait, à un moment donné, évoqué le cas du jeune homme après une belle présaison : « Depuis que je suis dans le milieu, j’ai pu comprendre que cette confiance, on l’avait ou non à 17 ans. Certains joueurs que j’ai eu tout au long de ma carrière avaient 18 ans mais cela semblait naturel pour eux d’être sur le terrain. Ils ont seulement en tête « amusons-nous », et Reiss est comme ça. »

Il est clair que le jeune Londonien a faim. Il a faim de réussite, de temps de jeu, d’apprendre. Reiss Neslon veut marquer les esprits. Il fait partie de cette nouvelle génération anglaise, venant massivement du Grand Londres qui monte. Une génération qui a une envie irrémédiable de décrocher des étoiles. Et c’est tout ce qu’on peut leur souhaiter. À lui, tout comme à son meilleur ami.

Crédit photo: SERGEI SUPINSKY / AFP

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