L’Ultimo Gazette du 25 novembre 2019 : Gabigol, Mourinho et Coupe du Portugal

C’est votre nouveau rendez-vous hebdomadaire. Désormais, l’équipe d’U10 vous proposera chaque lundi un compte-rendu du week-end de football écoulé. La plus belle affiche, un but incroyable, la grosse déception ou même la déclaration qui a fait du bruit, retrouvez ici tout ce qui est à retenir dans le fabuleux monde du ballon rond.

L’Affiche

Manchester City – Chelsea

C’était l’affiche du week-end en Angleterre entre le deuxième et le troisième du championnat. Deux dynamiques différentes, entre un Manchester City légèrement décevant, car déjà à huit points du rival Liverpool, et le surprenant Chelsea que peu voyaient tourner aussi fort cette saison. Guardiola avait sélectionné une équipe très offensive avec Agüero, Mahrez, Sterling, De Bruyne et David Silva alignés d’entrée. Et on n’a pas été déçu. De la Premier League comme on l’aime, avec une intensité folle durant les quatre-vingt-dix minutes et un niveau de jeu tout là-haut. Ces derniers temps les affiches de Premier League déçoivent rarement, et celle-ci n’a pas dérogé à la règle, loin de là. 

Le Fuoriclasse

Gabriel Barbosa

Ce samedi, c’était jour de finale de Copa Libertadores entre River Plate (encore) et Flamengo. Et Gabigol, après un match plutôt moyen, a finalement décidé que ce serait son soir, en retournant le match avec un doublé à la 89ème et la 93ème minute, suffisant pour entrer dans la légende de son club et de la compétition. Histoire de sortir avec panache, il a en plus profité des dernières minutes pour s’embrouiller avec un adversaire et prendre un rouge. Chapeau l’artiste.

L’Ultimo XI

Lopes (Lyon): Il a été l’un des symboles de la crise lyonnaise de ce début de saison. Après deux boulettes terribles et les conséquences qui vont avec, le portier lusitanien est de retour au top. Malgré une bien laide moustache. Il sauve les siens en infériorité numérique.  

Pavard (Bayern): Il a ouvert le score face au Fortuna Düsseldorf et a parfaitement travaillé sur son côté. Et non, ce n’était pas une demi-volée !  Le week-end aura été glorieux pour l’international français. 

Smalling (AS Roma): L’incroyable Chris Smaldini sur la lancée de son improbable début de saison. Auteur d’un but et de deux passes décisives pour relancer la machine Romaine après la trêve.

De Ligt (Juventus): Une épaule luxée, deux arrêts sur sa ligne, un nombre d’interventions incalculable, une Juve sauvée par son Terminator Néerlandais sur la pelouse de l’Atalanta dans le choc du week-end de la Serie A.

Caci (Strasbourg): Après un début de saison miné par les blessures, il revient à son meilleur niveau, et ne semble plus vouloir quitter ce poste de latéral gauche. Un but et une passe décisive pour lui contre Amiens.

De Bruyne (Man.City): Des feintes de corps, des feintes de frappe, des passes d’une douceur incomparable, une petite dose de réussite et un zeste de roux: Le cocktail d’une grande perf’.

Santamaria (Angers): Il vit certainement sa dernière saison du côté d’Angers, et on a vu pourquoi face aux Crocos nîmois. Il a marché sur le milieu de terrain, avec notamment le plus grand nombre de ballons grattés et de dribbles réussis. Et puis il est pas bien là entre De Bruyne et Dele Alli?

Dele Alli (Tottenham): L’égo de cet homme et de son nouveau coach ne rentrent pas de le flambant neuf Tottenham Stadium. Mais qui se ressemble s’assemble, et ces deux là pourraient bien faire des étincelles. 

Iago Aspas (Celta Vigo): Si Iago va, le Celta va. Il fallait des points au club galicien, relégable. Et c’est bien évidemment le capitaine qui enfile le costume de super-héros avec un doublé en fin de match, permettant de ramener trois points de Villarreal.

Gabriel Barbosa (Flamengo): voir « le Fuoriclasse de la semaine »

Mahrez (Man.City): Ish, ish, crochet à l’intérieur entre deux défenseurs, frappe petit filet. Classic DZ.

Die Mannschaft

Union Berlin

Les nouveaux venus dans l’élite de la capitale allemande s’étaient déjà offerts le Borussia Dortmund dans leur Stadion “de la petite maison forestière”. Cette fois, c’est le leader Mönchengladbach qui s’est cassé les dents chez les enthousiasmants berlinois, onzièmes au coup d’envoi et qui s’offrent donc un troisième succès d’affilée grâce à des réalisations d’Anthony Ujah (15e) et Sebastian Andersson (90e+1).

(Crédit photo: Icon Sport)

Le Golazo

Quatre-vingt-treizième minute, un partout entre le Real Bétis et le FC Valence. On semble se diriger vers un match nul qui n’arrange personne. Mais c’est sans compter sur l’esthète Sergio Canales, qui étend le domaine des possibles en s’imaginant une trajectoire de balle fabuleuse, offrant une victoire précieuse à son équipe et un souvenir impérissable à ses supporters.

https://twitter.com/beinsports_FR/status/1198290750481543171

Le Mister

Sean Dyche (Burnley FC)

Vainqueur 3-0 à Watford, les Clarets enchaînent les performances de choix, après avoir étrillé West Ham sur le même score avant la trêve. Cette bonne série replace les hommes de Dyche dans le top 6, et légitime le choix de la continuité pour un coach en place depuis 2012. Toujours aussi solide avec son 4-4-2 qui fait la part belle à Tarkowski et au duo Wood-Barnes, Dyche a le plaisir de savourer ses victoires dans un pub local qui porte son nom. Working class hero.

(Crédit photo: Icon Sport)

L’Enjeu

Naples et Milan toujours sous assistance respiratoire

D’un côté un club qui ne voit toujours pas le bout du tunnel avec un projet sportif fébrile et un changement de coach le mois dernier, de l’autre, un club en pleine crise institutionnelle, sportive, et même au-delà. Rossoneri et Partenopei étaient opposés l’un à l’autre à San Siro et se sont quittés sur un nul 1-1 qui n’a ni rassuré ni arrangé personne. Le Napoli est 7e de Serie A, toujours un peu plus loin de la Ligue des Champions, le Milan 13e, toujours un peu moins loin de la zone de relégation.

(Crédit photo: Icon Sport)

La déception

River Plate: ¡ Qué fracaso !

S’il y a au moins une affiche sud-américaine qui parvient à titiller notre ego d’européen chaque année, c’est la finale de la Copa Libertadores. Cette saison encore River Plate était de la partie, emmené par son coach Marcelo Gallardo qui avait l’occasion de s’emparer d’une troisième couronne continentale en cinq ans. Le destin était en marche, et frappait très vite, dès le quart d’heure de jeu, avec un but de Borré qui lançait les Argentins vers un succès qui leur tendait les bras. Mentalement inébranlables, les Millonarios ne concèdent rien à une armada du Flamengo bien peu inspirée, sans solutions. Le public du Monumental de Lima se prépare à l’inéluctable quand soudain, Lucas Pratto réalise un festival de manque de maîtrise, de lucidité et d’excès de confiance, une perte de balle fatale qui mène à l’égalisation brésilienne cinquante mètres plus loin à la 89e. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, Pinola se troue deux minutes après et laisse passer Gabigol qui claque le doublé et souffle le trophée au passage. Les brésiliens exultent. Le Monumental est abasourdi. Les argentins et Gallardo pleurent. Cry me a River.

https://twitter.com/PaulMoutardeOff/status/1198556033397985280

La Décla

– “Pensez-vous que la défaite en finale de la Ligue des Champions a pu laisser des traces, et est une des raisons du mauvais début de saison de l’équipe?

– Je ne sais pas je n’ai jamais perdu de finale de Ligue des Champions.

José Mourinho est de retour. En une seule phrase, il parvient à se faire mousser tout en envoyant une pique à son prédécesseur. The Clinical One.

(Crédit photo: Icon Sport)

Le Dérapage

Même lorsque Lyon a le match en main, on peut compter sur les individualités de génie de l’OL pour relancer un match. Menant deux buts à zéro avant la demi-heure de jeu, l’OL réalise l’entame idéale devant son public. C’était sans compter sur le JCVD de São Paulo, auteur de son plus beau geste technique sous la tunique rhodanienne. Une volée pied gauche pleine de sang-froid dans le visage de Boudaoui. Le jeune fennec gardera une trace indélébile de sa première titularisation dans l’élite. 

Le Contre-pied

Il l’a démontré à de nombreuses reprises en tant que joueur ou entraîneur: Antonio Conte est un gagneur. La victoire, une obsession qu’il transmet à ses joueurs, en l’occurrence ceux de l’Inter Milan depuis cet été. L’italien sait quels conseils leur prodiguer pour en faire de véritables machines à succès, du terrain aux côtés de leurs coéquipiers… jusqu’au fond de leurs lits, aux côtés de leur compagne. Parce que oui, le sexe est parfois l’ennemi du compétiteur et Antonio a une théorie solide:

« J’ai été joueur moi aussi… En période de compétition, le rapport ne doit pas durer longtemps​, il faut faire le moins d’efforts possible, en étant donc placé sous sa partenaire… Et puis le faire de préférence avec sa femme, car ainsi, vous n’êtes pas obligé d’effectuer une prestation exceptionnelle ! »

Le Geste

Visiblement grand gagnant de l’arrivée de José Mourinho sur le banc des Spurs, Dele Alli s’est distingué lors de la victoire 3-2 des siens sur West Ham, grâce notamment à une superbe “taclonnade” pour lancer Heung-Min Son sur la route du second but.

Le Chiffre

Si vous n’êtes pas un puriste au point de regarder un seizième de Coupe du Portugal entre une D3 et une D2, c’est tout à fait normal. Mais un chiffre est remonté jusqu’à nos oreilles. 3. C’est le nombre de cartons rouges dont a écopé le Sertanense FC, actuel troisième de son groupe du Campeonato de Portugal face au SC Farense, pensionnaire de LigaPro, le second échelon portugais. Jusque là, une simple boucherie amateure me direz-vous ? Eh bien non. Premier miracle: menés depuis la 31e minute, Sertã égalise dans les derniers instants à neuf contre onze, avant de voir un autre de ses joueurs se faire exclure (sinon c’était trop facile). Parti pour un calvaire de trente minutes avec sept joueurs de champ, nouveau miracle. Le Sertanense FC prend l’ avantage sur un CSC, évidemment, et réussit à tenir le coup jusqu’à la fin de ce match improbable. Cet hiver on va tous skier au Portugal, il neige depuis samedi soir. 

Crédit photo: Estadao Conteudo / Icon Sport

L'Equipe Ultimo Diez