C’est dans un Parc des Princes vide que les Parisiens vont en découdre face au Borussia Dortmund. Contraints par un arrêté préfectoral et les recommandations du ministère des Sports visant à endiguer l’épidémie du Coronavirus, les hommes de Thomas Tuchel devront réaliser un exploit sans leurs supporters. Défaits 2-1 à l’extérieur, les Parisiens ont disputé trois rencontres pour autant de succès. Pas toujours aboutis, ces matches, riches en enseignements ont laissé transparaître le plan de bataille de Thomas Tuchel. Finie la calinothérapie !

L’approche mentale, l’absence des supporters

La nouvelle du huis-clos a été vécue dans les rangs parisiens comme un énième coup de massue. Une sorte de malédiction qui poursuivrait les Parisiens années après années. Le soutien du public est un facteur clé mais sur les deux dernières saisons, il n’a pas transcendé les joueurs parisiens. En effet, face au Real Madrid et Manchester United les Rouge et Bleu sont restés apathiques, subissant les évènements. On se souvient de l’ambiance volcanique contre le Real Madrid, rythmée par une pluie de fumigènes, et la fameuse communication du club : « Ensemble, on peut le faire ! ». 

Ce soir-là, la prestation des joueurs parisiens n’a pas été à la hauteur des efforts fournis en tribunes pour faire vaciller le géant madrilène. Cette saison, le PSG a retrouvé le Real Madrid en phase de groupes. Bilan : un brillant succès à domicile (3-0) et un match nul arraché dans les derniers instants (2-2) au stade Santiago Bernabeu. 

 

« Personne ne veut briller en Champions League autant que nous », Tuchel au micro de RMC en marge de l’entraînement du 10 mars. 

La Grande Arche

Le système défensif mis en place par le tacticien allemand prend la forme d’une arche inversée.  Les latéraux utilisent toute la largeur afin d’étirer le bloc adverse. Dans la pratique, ils doivent évoluer plus haut, le long de la ligne de touche, en phase de possession. Ce mécanisme bien connu peut être également utile lors de transitions rapides et permet d’apporter le surnombre. Le positionnement de Thilo Kehrer sera à observer de près. Face à Dijon, il n’a pas suffisamment insisté dans son apport offensif. Ses qualités seront également scrutées en phase défensive, probablement face à Sancho et Guerreiro. Sur le flanc gauche, Kurzawa semble partir avec une longueur d’avance sur Bernat malgré le fait que l’international espagnol n’a jamais déçu en Champions League. On comprend mieux pourquoi Layvin Kurzawa est toujours le premier arrivé à l’entrainement. 

En ce qui concerne l’axe, Kimpembe devrait évoluer aux côtés de Thiago Silva. Le titi parisien aura à cœur de se racheter après sa mésaventure dans les derniers instants du 8e retour l’an passé. Blessé face à Bordeaux, le capitaine brésilien a tout fait pour être opérationnel pour ce match capital. Très critiqué pour sa gestion des émotions et sa propension à jouer bas, il s’agira de l’une de ses dernières chances de briller sur la scène continentale. 

Dans l’animation, il est probable que Marquinhos vienne ponctuellement renforcer la charnière parisienne en fonction du déroulement de la rencontre et des besoins. Sa polyvalence est apprécié au même titre que celle de Tanguy Kouassi. 

Un champ de bataille au milieu

L’entrejeu a longtemps été le point fort de l’équipe parisienne. Ce fut notamment le cas sous le mandat de Laurent Blanc avec un trident : Motta – Verratti – Matuidi. Or, Marco Verratti, seul rescapé de cet ère, sera suspendu ce soir pour une accumulation de cartons. Malgré un lobbying important, Leandro Paredes n’occupera pas sa place. Les partisans de l’international argentin saluent sa qualité de frappe et sa capacité à casser les lignes par son jeu de passe. A cela s’ajoute un caractère bien trempé dans une équipe un peu trop passive dans l’impact physique. Pas suffisant pour convaincre coach Tuchel. 

Le rejet d’une approche basé sur le vice

Arrivé en janvier du côté de Dortmund, Emre Can avait déclaré qu’il « faut parfois jouer sale et faire des fautes si besoin ! ». Au Signal Iduna Park, il a associé les gestes à la parole. Il a terminé le match de façon miraculeuse si l’on considère la multiplication de coups infligés à ses adversaires en première période. L’objectif était simple : distribuer des taquets pour impressionner. Cet art qu’est le vice, Paredes le maîtrise. Il aurait pu constituer une riposte face aux marsupiaux mais cela ne correspond ni à l’identité du PSG ni au projet de jeu posé par Tuchel. 

Paredes, joker à défaut d’être titulaire

Paredes s’imposait pourtant comme une alternative crédible au duo Gueye – Verratti jusqu’à un incident ayant suivi le match à Amiens. Vivement repris par son entraîneur suite à une prestation jugée décevante, l’international argentin a refusé d’effectuer le déplacement à Dortmund après avoir compris qu’il ne faisait pas partie des plans. 

Pas fan du style Paredes, Tuchel n’hésite pas à privilégier les options Kouassi ou Marquinhos au milieu de terrain pour pallier les absences. 

Ces alternatives présentent un avantage : celui de la polyvalence et d’une implication supérieure dans les tâches défensives. 

Apporter de la variété dans l’animation

Depuis son arrivée, Tuchel n’hésite pas à faire évoluer sa tactique au fil d’un match, ce qui marque une rupture avec le règne du 4-3-3. Tactiquement, les Parisiens devraient évoluer au coup d’envoi en 4-4-2 voire en 4-2-3-1 en fonction de l’évolution de l’état de santé de Mbappé. En cours de match, il est possible qu’ils basculent à une défense à 3 voire à 5 en fonction des intentions. C’est là que les profils Marquinhos et Kehrer pourraient s’avérer être précieux. Retrouver l’international allemand dans l’axe et l’un des membres du quatuor (Sarabia ?) en piston droit n’est pas à écarter. Un retour en forme d’Idrissa Gueye est également attendu. Sa prestation face au Real Madrid a fait naître des espoirs restés, pour l’instant, sans lendemain. 

Fé, foco e confiança em nós

La foi, la concentration et la confiance en soi. C’est en ces mots que Neymar a lancé la reconquête via un post Instagram. Il a peut-être pris le temps de les inscrire également dans le vestiaire pour motiver les troupes. Il faudra un peu de tous ces ingrédients pour accéder aux quarts de finale.

Neymar, Di Maria et Cavani sont quasiment assurés de débuter aux avants-postes. Cependant, une incertitude plane autour de Kylian Mbappé. Victime d’une angine, l’international français est cloué au lit depuis 48 heures. S’il venait à être forfait, Sarabia est le favori pour le suppléer. L’idée serait de conserver Cavani comme point de fixation en ayant trois joueurs rapides et mobiles capables de permuter autour. 

Terminons sur le leitmotiv de Thomas Tuchel : « On n’a pas de raison d’avoir peur ! On est forts, on a de la qualité, on a confiance en nous ! ». 

Crédit photo : Dave Winter/Iconsport

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