Calendriers, Télés, Football et Pandémie

La Covid-19 est un sacré casse-tête pour tout le monde. Évidemment dans une moindre mesure (parce qu’il faut toujours relativiser), le football n’est pas épargné. En pleine pandémie, les calendriers, les droits TV et le quotidien des clubs sont complètement chamboulés. Et les instances semblent toujours autant dépassées.

« La version actuelle du foot, qui est de gaver les gens avec autant de spectacle, n’est pas la bonne version ». Ces mots sont ceux de Thomas Meunier, international belge, en marge de la Nations League. Il faudrait, selon ce dernier, « diminuer le nombre de matches pour faire évoluer le foot ».  À l’heure où les reports et quarantaines se multiplient en raison de la pandémie, la question du calendrier devient centrale.

Doit-on toujours autant gaver les gens avec du football ?

Le premier réflexe consisterait à répondre par l’affirmative. Oui, car des contrats existent entre les organisateurs de compétitions et les diffuseurs. Ces derniers versent des sommes toujours plus importantes pour diffuser les rencontres. Ces sommes constituent une part non-négligeable des revenus de clubs amputés de billetterie en raison de huis-clos ou d’affluence limitée. 

Parmi les clauses contractuelles, on retrouve l’attribution d’un certain nombre de matches ainsi qu’une programmation horaire. L’idée étant de permettre aux chaines d’organiser au mieux leur grille. 

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Dans cet esprit, la LFP a tout fait pour débuter le championnat en août, afin de permettre le lancement de la chaine Telefoot du groupe Mediapro France. Le calendrier validé par le conseil d’administration de la Ligue a même offert un « Classique » PSG – OM dès la troisième journée. De quoi dynamiser les souscriptions du nouveau diffuseur.

Le calendrier, casse-tête à la française

Le coup d’envoi de la Ligue 1 UberEats a été programmé deux jours avant la finale de la Ligue des Champions. Or, deux représentants tricolores étaient encore en lice au moment de l’annonce et conservaient une chance d’atteindre la finale. Comme aménagement, la Ligue a par la suite concédé le report de la 1e journée pour les clubs s’ils se qualifiaient en demi-finale. Pour la finale ? Rien de prévu.

Ce manque d’anticipation a débouché sur une polémique autour du report de Lens – PSG, initialement prévu six jours après la finale. Les Lyonnais ont pu bénéficier de 9 jours de récupération avant d’entamer la nouvelle saison. 

À titre de comparaison, la Liga a reporté les deux premières rencontres des clubs engagés dans les compétitions européennes en août. Ce qui permet aux clubs de bénéficier d’un temps de repos, puis d’une préparation optimale. Il se sera écoulé plus d’un mois entre la finale remportée par le FC Séville et son retour en championnat. 

Le quorum comme mécanisme anti-report

Cet été, le nombre d’infections au Covid-19 n’a eu de cesse de croître. Certaines zones ont dépassé le seuil d’alerte et les clubs dénombrent sans cesse de nouveaux cas.

En Ligue 1, la règle consistait à reporter une rencontre dès qu’un club comptait quatre joueurs positifs au Covid-19. Ce protocole a été assoupli pour que les rencontres aient lieu, tant que 20 joueurs (dont un gardien) sont disponibles sur une liste de 30 éléments. 

En Premier League, les matches se disputeront tant que 14 joueurs au minimum seront disponibles. 

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Pour ce qui est de la Ligue des Nations, l’UEFA requiert un minimum de 13 joueurs dont un gardien. La demande d’annulation de la rencontre opposant la République tchèque à l’Ecosse a été rejetée. Les tchèques comptaient pourtant deux cas confirmés dans leurs rangs. Ces derniers ont présenté une équipe ainsi qu’un staff intégralement modifiés.

Les joueurs dont le test s’avère être positif sont généralement mis en isolement pendant huit jours. Ils doivent ensuite fournir deux tests PCR négatifs avant de réintégrer leur effectif et reprendre la compétition. La quarantaine des cas contacts n’est, à ce jour, pas appliquée au football.  L’initiative tchèque fait encore figure d’exception. Cet allègement est justifié par les tests réguliers de l’ensemble des joueurs et encadrants.  

L’allègement du calendrier, témoin du bon sens des instances 

En tenant compte de la pandémie et de l’isolement des cas détectés, un allègement du calendrier semble indispensable. Ce fut le cas pour les compétitions européennes sur la saison 2019-2020. Entre l’arrêt des compétitions et le début de la nouvelle saison, il ne restait que très peu de temps pour achever la Ligue des Champions ainsi que la Ligue Europa. 

Tout compte fait, ces événements organisés sous forme de mini-tournois ont été une réussite, tant au niveau du jeu que dans la gestion sanitaire. Il est difficile d’imaginer une bulle permanente autour du sport professionnel, mais réduire le nombre de rencontres pourrait permettre de gérer au mieux les aléas de la crise. À cela s’ajoute la possibilité pour les joueurs atteints d’obtenir un plus grand temps de récupération, car on ignore à ce jour les effets à long terme d’une infection pour les sportifs de haut niveau. Le plus important reste la santé. 

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