Depuis maintenant quelques années, la Premier League est le championnat le plus suivi au monde. Pour autant, les performances des clubs anglais en Ligue des champions restent mitigées, année après année. Hormis Liverpool, qui s’est hissé en finale la saison dernière, le Big 4 peinait à retrouver les sommets européens. Cette saison, petite révolution.
Depuis la victoire de Chelsea en 2012 sous la houlette de Roberto Di Matteo et l’impulsion de Didier Drogba, l’Angleterre a placé en tout et pour tout six clubs en quart de finale de Ligue des champions. Pour une Big League, ce n’est pas fameux. Surtout que dans ces six, Manchester y a été trois fois. Aujourd’hui, l’Angleterre fait carton plein. quatre clubs en quarts sur les quatre engagés. À un jour de la sortie de l’Europe. Pour autant, puisque la Premier League a envoyé tous ses représentants en quarts, peut-on dire que le championnat d’Angleterre est le meilleur du monde ?
Allez, on prend un thé au citron et on se détend. Néanmoins, on va tenter de montrer pourquoi ce championnat et donc, ses équipes, ont évolué positivement.
La première d’entre elle, c’est bien évidemment Pep Guardiola. Depuis son arrivée en Premier League, le tacticien catalan cumule tous les records : plus grand nombre de points en Premier League, plus grand total de buts sur une saison, plus grand nombre de victoires consécutives. Plus que les records, c’est la façon dont il fait jouer Manchester City qui impressionne en Angleterre. Une équipe avec une aussi grande régularité dans les deux dernières saisons en Premier League avec, n’oublions pas de le dire, un effectif pléthorique et une pléiade de stars… Qui n’arrive pas forcément à passer ce cap européen. Après le match aller du côté de Gelsenkirchen, remporté plutôt difficilement grâce à un Sterling au top de sa forme, Manchester City n’a pas fait dans le détail au match retour à l’Etihad (7-0). Même si c’était un Schalke 04 malade et très faible, l’impression de puissance dégagée par cette équipe fait peur. Et si cette saison était la bonne, pour enfin redécouvrir les joies des demi-finales après celle face au Real en 2016 ?
L’autre club qui est sur la même lancée, c’est bien évidemment Liverpool. Seul concurrent de City en championnat depuis la saison dernière, les Reds se sont imposés face au Bayern en impressionnant. Se déplacer à Munich, avec Joel Matip en défense centrale, auteur d’un CSC, et se permettre de claquer 3 buts face au leader de la Bundesliga, c’est très fort. Et surtout très mérité. Jurgen Klopp façonne cette équipe depuis maintenant près de 4 ans. Le constat est simple : « attack, attack, attack ! ». Le Gegenpressing dont il est friand fonctionne à merveille malgré une petite méforme sur les dernières semaines. Les investisseurs américains sont à l’écoute et lui permettent d’acheter les joueurs qu’il souhaite. Fort d’un recrutement assez incroyable et de ventes plutôt intéressantes, Liverpool souhaite retrouver la finale de la Ligue des champions avec une issue différente. Pour les fans, on préfère bien évidemment remporter la Premier League. Mais nul doute que chez les joueurs, on ne bradera pas l’un pour l’autre.
Troisième de Premier League et qualifié (on pourrait même dire facilement) pour les quarts de finale : le Tottenham de Mauricio Pochettino. Hyper régulier depuis deux ans, avec la même équipe, les Spurs, distancés en championnat, se distinguent sur la scène européenne avec une double victoire probante face à Dortmund. Articulés autour d’un trio terrible Eriksen – Son – Kane, d’une solidité défensive à toute épreuve et d’un Hugo Lloris retrouvé, les Spurs peuvent rêver. Cette saison est censé être une saison de transition avant d’arriver dans le nouveau stade. Et si Tottenham créait la surprise dès cette saison ?
La surprise du chef est là : Manchester United, Ole is at the Wheel ! Depuis son arrivée au poste d’entraîneur, c’est une seule défaite face au PSG à Old Trafford. Tactiquement, c’est plutôt intéressant avec un Pogba qui prend de plus en plus de place à la création, un Lukaku de nouveau au top, un De Gea toujours aussi efficace. Une équipe qui sait faire le dos rond, et qui est HYPER réaliste, surtout face au PSG. Pour Manchester United, ce n’est clairement que du bonus. Ils n’étaient pas favoris mais ont réussi à se qualifier in extremis. Un effectif plutôt intéressant pourtant mais malheureusement, usé en début de saison par José Mourinho.
Hors du top 4, c’est presque tout aussi bon. Engagés en Europa League, Chelsea et Arsenal se sont aussi qualifiés pour les quarts de finale, respectivement face au Dynamo Kiev et Rennes. Pour les Blues de Sarri et un remaniement tactique dès le début de saison avec un repositionnement de Kanté en poste de 8 et l’arrivée de Jorginho au poste de sentinelle, tout a été facile. Giroud inscrivant un triplé du côté de Kiev, devenant le meilleur buteur de la compétition. Pour Arsenal, la révolution tactique n’a pas eu lieu pour le moment avec Unai Emery et les Gunners ont souffert face à Rennes. Défaits à l’aller 3-1, ils se sont bien rattrapés en s’imposant 3-0 à l’Emirates.
Six entraineurs étrangers pour une révolution de la Premier League en Europe. Et si cette année, ils prenaient tous les titres ?
Crédit photo : Kieran McManus / DPPI