Hier, le gratin du football européen était rassemblé à Nyon pour le tirage des quarts de finale et demi-finales de la plus prestigieuse des compétitions européennes.  

Bon nombre de passionnés étaient suspendus aux lèvres de Julio Cesar derrière leur écran de smartphone, la double fenêtre de leur ordinateur au bureau ou dans l’amphi. Pour les moins chanceux, le suspens était rythmé par le bon vouloir de leur débit internet avec des appuis frénétiques sur la touche F5 de leur claviers 

Le tableau final étant à présent connu, avec un des plateaux les plus ouverts de ces dernières saisons, la rédaction vous propose un panorama des forces en présence et des oppositions qui vont rythmer nos milieux de semaine à compter du mois prochain.

 

TOTTENHAM – MANCHESTER CITY

Les hommes de Mauricio Pochettino se sont extirpés de leur groupe sur le fil, au nez et à la barbe de l’Inter Milan. Après deux défaites en autant de rencontres, le club du nord de Londres a réussi à remonter la pente grâce à des buts importantissimes de son buteur maison Harry Kane. L’international anglais a inscrit à lui seul 55% des buts de son club dans ce mini championnat.

En huitième de finale, les Anglais se sont qualifiés sans forcer leur talent contre le Borussia Dortmund. Après une victoire claire, nette et sans bavure à l’aller (3-0) et une prestation solide dans la Rhur, en s’imposant cette fois-ci sur la plus petite des marges (1-0, but de l’inévitable Harry Kane), les Spurs ont rencontré une adversité bien moins importante que ce qu’ils auraient pu penser au moment du tirage.

En quart de finale, l’adversité montera logiquement d’un cran avec un duel 100% britannique. En effet, les Spurs croiseront le fer avec l’un des favoris de cette compétition : Manchester City.

La bande à Pep a traversé sans encombre la phase de groupe et ce malgré un faux départ dans son antre face à son homonyme rhodanien.

Après cet écueil inaugural, la machine Skyblues s’est remise en ordre de marche avec notamment un carton face au Shakhtar Donestk. L’armada offensive a été au rendez-vous puisqu’elle a inscrit le deuxième nombre le plus élevé de buts sur les six matchs (seize réalisations).

Pour les adversaires, le danger est varié au sein de l’attaque mancunienne, en atteste la variété des meilleurs buteurs du club dans cette compétition. En effet, près de 60% des buts ont été inscrits par Sergio Agüero, Gabriel Jesus, Leroy Sané et David Silva. Pour alimenter les buteurs, les supporters de l’Eithad Stadium peuvent compter sur l’esturgeon de Sarcelles qui occupe à date la troisième place du classement des passeurs avec 4 assists.

En huitième de finale, le tirage au sort a été de nouveau clément en proposant Schalke 04 en victime expiatoire.

L’adversité proposée en Ligue des Champions, jusqu’à présent, a permis au technicien catalan de s’investir de manière intensive dans sa quête de Back to Back en Premier League.

Un succès sur la scène européenne, objectif affiché par l’actionnaire d’Abu Dhabi, et l’équipe laissera forcément des plumes dans la bataille à distance avec Liverpool.

Bien qu’intrinsèquement déséquilibrée, nous devrions assister à une âpre bataille tactique.

Le vainqueur de ce match aller-retour retrouvera en demi finale le vainqueur de l’opposition italo-néerlandaise.

AJAX AMSTERDAM – JUVENTUS TURIN

Cette saison, le vent de fraîcheur sur la compétition vient des Pays-Bas et précisément d’Amsterdam.

Le club ajacide se base sur des valeurs de beau jeu ancrées dans son ADN et sur une génération dorée qui réalise assurément, cette année, son baroude d’honneur. Citons pêle-mêle De Jong (qui évoluera l’année prochaine sous les couleurs Blaugrana contre la modique somme de soixante-dix millions d’euros), De Ligt, Onana, Ziyech ou encore Neres. Ces jeunes joueurs sont encadrés par des coéquipiers dotés d’une expérience plus importante à l’instar de Daney Blind ou Dusan Tadic.

La phase de groupe a été maitrisée et a abouti sur un retour parmi le club fermé des seize meilleures formations européennes. Durant cette période, les hommes d’Erik ten Hag sont sortis invaincus de la double confrontation face au grand favori du groupe : le Bayern Munich (deux nuls 1-1 à l’Allianz Arena et un match fou 3-3 à la Johan Cruijff Arena).

Cette prestation, face à une équipe rompue aux joutes européennes, devait mettre en garde le triple tenant du titre. Le huitième de finale gagné de manière chanceuse à l’aller et le carton jaune intentionnellement récolté par Sergio Ramos, synonyme de suspension au retour, illustrait le complexe de supériorité qui habitait les rangs du club merengue. Mal leur en a pris puisque les Bataves sont venus à Madrid chercher une qualification historique, humiliant une Maison Blanche en perdition. La masterclass de Dusan Tadic illustrait parfaitement la prestation réalisée par son club. Avec une telle prestation, le signal a été reçu cinq sur cinq par l’ensemble des clubs encore en course, et malgré un budget de seulement 85 millions d’euros, l’Ajax est redouté et fait de nouveau partie du cercle des clubs à éviter.

Le hasard a lui a mis sur la route de l’Ajax un autre mastodonte du football européen : la Juventus Turin.

Après plusieurs échecs, plus ou moins proche du graal, dans les éditions précédentes, et las de s’ennuyer dans une Serie A trop étroite pour son talent, la Vieille Dame a décidé de sortir l’artillerie lourde lors du dernier mercato estival. En tête de gondole, la famille Agnelli a réussi à s’offrir le principal artisan du triplé historique madrilène : CR7. Beaucoup d’observateurs avaient émis un doute sur l’apport effectif de la superstar lusitanienne, avec une phase de groupe traversée discrètement. Allegri a pu hisser son club en tête de ce mini championnat en se basant sur Mandzukic, Pjanic et Dybala entre autres.

En huitième de finale, le hasard a offert au natif de Madère un retour à Madrid. Le premier acte en Castille a été un fiasco et on ne donnait pas cher de la peau des Bianconeri.  C’était sans compter sur la spécificité de cette édition, caractérisée par des retournements aussi fous les uns que les autres, et surtout sur la haine viscérale de la défaite du nouvel étendard juventino. Résultat, 3-0, triplé du quintuple Ballon d’or, circulez y’a rien à voir. En se sortant d’une affaire bien mal embarquée, les tifosi peuvent de nouveau croire aux rêves de succès le 1er juin au Wanda Metropolitano.

Pour y parvenir, les Italiens devront jouer avec sérieux et faire appel à leur expérience sur 180 minutes pour ne pas être, à leur tour, victimes de la fougue de la jeunesse amsterdamoise.

MANCHESTER UNITED – FC BARCELONE

Après une phase de groupe compliquée, les résidents du Théâtre des rêves ont obtenu une qualification aux forceps pour la phase à élimination directe, ce qui a contribué à l’éviction du feu Spécial One. Pour remobiliser les troupes mancuniennes, le board a décidé de confier les rênes de l’équipe à l’ancien Supersub d’Old Traford.

L’ancien international norvégien n’a rien perdu de la justesse et de l’apport qui le caractérisaient quand il a été lancé par Sir Alex Fergusson. Le choc psychologique recherché par les directions de clubs dans un changement de manager en cours de saison a bien fonctionné ce coup-ci.

Porté par une série de résultats positifs, des joueurs transformés à l’instar de la French connexion Pogba-Martial, Manchester United arrivait les batteries de confiance plus que pleines face aux PSG. Après  une première manche manquée et ponctuée par une défaite logique 2-0, et malgré les blessures qui ont décimé son effectif, Ole Gunar a réussi – avec un effectif ter – un come-back retentissant dans les ultimes secondes du temps règlementaire au Parc des Princes.

Au prochain tour, les Red Devils pourront s’appuyer d’une part sur le retour d’une bonne partie de leurs blessés et notamment de leur doublette de Frenchies citée ci-avant, et d’autre part sur le regain de forme d’un Romelu Lukaku de nouveau efficace sur le front de l’attaque.

De son côté, le club catalan est sorti leader de sa poule. La faible opposition proposée a permis aux Blaugrana d’atteindre pour la douzième fois d’affilé la phase à élimination directe de la Ligue des Champions. En outre, on peut considérer les joutes européennes comme des sessions poussées d’entrainement, peu énergivores,  pour les hommes d’Ernesto Valverde, ce qui leur a permis de se détacher en Liga et consolider leur domination sur l’élite ibérique.

Le message en pré-saison, lors du Trophée Camper, a été clairement énoncé par le franchise player catalan : l’objectif numéro un de la saison des Culés c’est de ramener au Camp Nou une sixième coupe aux grandes oreilles.

L’itinéraire pour Madrid passait par un petit crochet dans la capitale des Gaules. Compte tenu des prestations réalisées par le groupe de l’autre Pep face à l’armada de Guardiola, et des déconvenues rencontrées par les autres favoris de la compétions, cette double confrontation n’a pas été prise à la légère. Après un premier acte ponctué par un score nul et vierge bien payé pour l’OL, le retour a été maîtrisé et la logique respectée. L’expérience barcelonaise et la roublardise uruguayenne combinées à la classe argentine on fait la différence au match retour avec une manita des familles.

Même au complet, le groupe mancunien semble bien inférieur à son adversaire espagnol. Même si cette édition a bien fait valser nos certitudes et projections jusqu’à présent, on ne prend pas trop de risque si on pose une partie de notre livret A sur une qualification du FC Barcelone.

LIVERPOOL – FC PORTO

Doucement mais sûrement, l’un des clubs phares du football portugais réalise une campagne européenne satisfaisante. Les Dragaões ont survolé leur groupe en récoltant le nombre le plus élevé de points (seize) grâce à un sans-faute (cinq victoires et un nul). Pour réaliser cette prestation remarquable, les joueurs de Sergio Conceicao ont intégré et mis en pratique de la meilleur des manières qu’il soit ses préceptes de jeu : engagement de tous les instants et recherche constante et rapide de la verticalité.

L’ancien joueur du club du nord du Portugal a pu s’appuyer sur les valeurs sûres comme Corona, Otavio et Oliver qui réalisent la meilleure saison de leur carrière.

En héritant d’un tirage pas très facile les Portugais ont réussi à sortir vainqueurs, au bout du suspens, de la double confrontation contre l’AS Rome.

En arrivant à ce stade de la compétition, l’objectif est atteint. Les deux matchs du printemps seront un bonus mais ne seront pas traités à la légère. Mais une chose est sûre : la priorité reste la chasse à l’aigle lisboète en Liga NOS.

Au prochain tour, les Portugais recroiseront une vieille connaissance : Liverpool.

Le finaliste malheureux de la précédente édition a connu une mise en route compliquée dans ce millésime 2019. En effet, après avoir perdu tous leurs déplacements, les hommes de Jürgen Klopp ont obtenu leur qualification, dans leur antre d’Anfield, à la dernière journée sur la plus petite des marges.

Après cette qualification à la photo finish face aux Napolitains, les Reds ont rencontré d’autres Rouges en huitième de finale : le Bayern Munich. Au match aller, à domicile, les Scousers ont préservé leur chance de qualification avec un match nul et vierge. Le retour en Bavière s’est passé sans encombre et l’effectif n’a pas dû redoubler d’efforts pour atteindre les quarts de finale et sortir victorieux de ce duel entre quintuples finalistes de cette compétition.

Encore une fois l’UEFA nous offre une opposition a priori déséquilibrée, mais dans cette compétition, cette année, ce qui sûr c’est que nous ne sommes sûrs de rien !

Crédit photo: Fabrice COFFRINI / AFP

Menottiste je dirais même plus Bielsiste bref l'amour m'a rayé comme le maillot de l'Argentine