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Si l’Europe l’a seulement aperçu, la Tunisie l’a érigé en véritable idole. Vainqueur de la CAN 2004 avec les Aigles de Carthage et pilier de l’Espérance de Tunis pendant plus d’une décennie, Radhi Jaidi s’est construit une solide réputation sur le continent africain avant de tenter l’aventure anglaise. Aujourd’hui manager adjoint des moins de vingt-trois ans à Southampton, l’ancien défenseur de Bolton et de Birmingham continue d’étirer un parcours qui n’a rien d’ordinaire.

Depuis 2012, après avoir pris ta retraite en tant que joueur, tu as embrassé une carrière d’entraîneur à Southampton. Devenir coach, c’est une vocation ou c’est quelque chose qui a mis du temps à germer dans ton esprit ? 

Comme tous les joueurs au cours de leur carrière, j’ai pensé à l’après. J’ai essayé de programmer et de planifier cela quand j’arrivais à la fin de ma carrière de joueur. Le football, c’est toute ma vie. Et donc être entraîneur, c’était une possibilité qui s’offrait à moi. Ça s’est présenté à moi de façon normale. Je n’ai pas trop pensé à autre chose en fait car je n’ai connu que le foot dans ma vie. Ça fait trente ans que je baigne dedans. J’ai eu quelques réflexions et j’ai décidé de passer mes diplômes quelques années avant ma retraite. Quand j’ai arrêté, j’étais prêt pour entamer cette nouvelle carrière et cette nouvelle vie.

Chez les Saints, tu as été manager des U21 avec lesquels tu as remporté la Premier League Cup et tu t’occupes désormais des U23. Concrètement, il ressemble à quoi le management de Radhi Jaïdi ? 

Chaque entraîneur a sa conception et ses croyances par rapport à son vécu. Pour moi, c’est avant tout le travail, le travail et encore le travail. C’est ce qui paye toujours. Travailler, ce n’est pas seulement fournir un effort, c’est aussi réfléchir et utiliser sa tête pour faire la différence et être efficace. Concernant ma philosophie de jeu, je veux contrôler le jeu à partir de la défense. Ouvrir le jeu, créer de l’espace entre et derrière l’adversaire puis être efficace dans le dernier quart du terrain. J’aime avoir un avant-centre entre les deux centraux, des ailiers rapides avec de la qualité technique pour éliminer. Avec les joueurs, je garde une ouverture pour toujours essayer de tirer du positif. J’aime la discipline et les joueurs qui comprennent aussi leurs limites.

Est-ce que ton vécu et ton expérience de joueur t’aident aujourd’hui dans ta fonction d’entraîneur ? 

Bien sûr. C’est très important. Même si la reconversion n’est pas simple et qu’il faut un minimum d’éducation pour transmettre ses messages aux joueurs. Quand tu finis tes diplômes, tes connaissances acquises en tant que joueur te donnent un plus. Devenir entraîneur t’offre un prolongement de ce que tu as vécu en tant que joueur. Quand tu as été professionnel, tu peux te mettre à leur place et t’adapter pour transmettre ton message.

Southampton est réputé pour être l’une des équipes les plus performantes en ce qui concerne la formation en Angleterre. Il y a deux ans, le Centre d’études des Sports (CIES) a d’ailleurs révélé que c’était le club le plus rentable dans ce domaine. Toi qui es au cœur de tout ça, comment expliques-tu cette réussite qui s’étend dans le temps ? 

Les autres équipes ont de l’argent pour acheter des joueurs prêts, bien formés, matures. On n’a pas peut-être pas autant d’argent mais on a un excellent staff. On a beaucoup investi sur des anciens joueurs passés au club et d’autres non mais qui avaient de l’expérience. On se donne beaucoup d’efforts et on donne beaucoup de temps pour développer les joueurs. Nous faisons preuve de patience avec eux et insistons sur les détails. C’est ce qui fait la différence avec les autres. On a quatre axes majeurs de travail : la technique, la tactique, le physique et le psychologique. On n’a pas les millions pour acheter des jeunes de dix-sept, dix-huit ans. On prend des jeunes de quatorze-quinze ans, on leur accorde du temps et de la confiance. Donner peu de temps et mettre trop de pression, c’est ce qui fait qu’un jeune peut échouer. Quand je suis arrivé à Southampton en 2009, j’ai parlé avec le directeur exécutif et j’ai aimé le programme du club pour revenir au haut niveau. Un an plus tard, Les Reed (chargé du développement du club, ndlr) est venu avec son expérience et son travail réalisé avec la fédération anglaise. Il a côtoyé de grands noms dans le monde du coaching et des dirigeants. Il a mis cette expérience au service du club. Il a d’abord restructuré les bases du club de bas en haut. Il a amené aussi Martin Hunter qui est directeur technique et travaille avec moi chez les U23. C’est un ancien formateur de la FA. Et le résultat de ce changement est actuellement là, on s’appuie là-dessus.

Estimes-tu, aussi, que la formation doit demeurer un volet primordial dans un club afin d’être compétitif à la fois sportivement et économiquement ? 

Ça diffère franchement d’un club à l’autre. Lorsqu’on a restructuré le club en 2009, on est reparti de zéro. Et cela a été une chance pour nous. Alors que les quatre-cinq meilleurs clubs de la Premier League, ils ne vont pas procéder à une restructuration. Chaque club est différent. Historiquement, Southampton est un club formateur qui produit de nouveaux joueurs depuis Matt Le Tissier, Alan Shearer, etc. On a continué de développer ce concept et on a donné beaucoup de temps et d’argent pour cela. Southampton ne changera jamais de politique.

Après Mauricio Pochettino et Ronald Koeman, S’ton a perpétué sa tradition de club formateur en nommant Claude Puel cet été, un manager qui se dit aussi « éducateur ». De quelle manière travailles-tu au quotidien avec lui ? 

D’abord, on ne fait plus les mêmes erreurs qu’il y a vingt ans. S’ton est un club qui a connu des hauts et des bas avec son équipe professionnelle. Quand Katharina Liebherr (l’actuelle propriétaire, ndlr) a pris en charge le club, elle voulait que Southampton garde son image de club formateur mais qu’il soit performant pour se maintenir. Pour cela, il faut amener des coaches de haut niveau et prometteurs. Mais qui s’inscrivent aussi dans la philosophie du club et qui ont des conceptions similaires. Mauricio Pochettino a donné sa chance aux jeunes joueurs, comme Luke Shaw, Ward-Prowse, Chambers. Des joueurs qui étaient en U21 et U23. Pareil avec Ronald Koeman, même s’il y a eu des hauts et des bas. La première année, il a offert à cinq ou six joueurs leur premier match en Premier League. C’est encore mieux avec Claude qui est arrivé avec une image de formateur et est proche de l’académie. Le club s’est renseigné sur lui et a vu qu’il pouvait s’intégrer ici. Tous les joueurs de vingt-trois ans ont participé aux entraînements avec les pros. Cette confiance a eu un impact sur les jeunes joueurs. C’est un bon message donné à ceux dans les catégories plus jeunes que les U23 et qui les pousse se surpasser pour aller plus haut. La langue a facilité les choses avec Claude. Tous les jours, on fait une petite réunion. On discute des joueurs qu’il veut avec le groupe pour s’entraîner. Aussi, une fois par semaine, on fait le feed-back du match des U23. Si c’est le match est à domicile, il le regarde en live. Il nous donne ses conseils. Le contact avec lui est très fort.

Avant cette nouvelle vie de coach, ton parcours a pris sa source chez toi, en Tunisie. Mais, après un passage au Stade Gabésien, tout n’a pas été simple à tes débuts à l’Espérance de Tunis. Tu as perdu ton père et as été presque livré à toi-même…

Comme tout garçon qui perd son père, ce n’est pas facile. Ma famille, ma mère et mon petit frère m’ont donné des responsabilités très tôt. La vie en Tunisie n’était pas simple et il fallait avoir un caractère dur. Je me suis conseillé tout seul. J’ai dû travailler dur pour saisir les opportunités. Il était question d’aider ma famille. Mais, comme on dit, hamdoulah, c’était dur mais le résultat est très positif quand on repense aux débuts. J’ai découvert le foot trois ans après la perte de mon père, ce monde de fou si on peut dire (rires). La Tunisie est un pays qui aime le foot et tous les jeunes veulent devenir footballeurs. J’ai dû faire preuve de patience pour passer d’un niveau à l’autre et franchir les étapes. Sortir du Stade Gabésien en était déjà une. Après, j’ai passé onze années à l’Espérance de Tunis. J’ai beaucoup appris de tout le monde là-bas.

Justement, en onze années passées à l’Espérance, tu as marqué le club de ton estampille avec 14 titres remportés, dont 8 championnats. Quels souvenirs marquants gardes-tu de ton expérience là-bas ? 

C’était une telle expérience que c’est dur de ressortir des moments… Mais si je devais choisir un bon souvenir, ce serait le championnat qu’on a gagné à la dernière minute. Je me souviens de cette saison, l’Étoile de Sahel avait huit points d’avance sur nous en 2002 ou 2003. Ils étaient déjà en train de célébrer le titre, alors que nous avions fait un bon retour pour les rattraper. On les avait battus à Radès puis on a fini par remporter le championnat. Cela a donc donné un goût particulier à ce titre. Je me rappelle aussi d’un moins bon souvenir quand on a perdu la finale face au Raja Casablanca en finale de Champions League africaine. On avait une belle équipe, notre rêve était d’aller à la Coupe du monde des clubs. Malheureusement, on a perdu la finale aux penaltys. Les fans étaient tristes. C’est quelque chose qui est resté dans mon cœur et ma tête, je n’oublierai jamais.

Ton parcours reste aussi marqué par une tragédie, celle d’avoir vu mourir sous tes yeux ton coéquipier Hédi Berrekhissa lors d’un match amical contre l’OL, le 4 janvier 1997…

Je ne peux pas oublier de toute façon. Parce que je me considérais proche de Hédi même si j’étais jeune à cette époque-là. Quand je suis arrivé à l’Espérance, il est venu vers moi et m’a donné quelques conseils. Je me souviens qu’on faisait parfois des matchs de basket ensemble près du terrain d’entraînement car il aimait beaucoup ça. C’était un exemple à suivre pour moi. Quand le drame est survenu, il traversait une mauvaise période et voulait partir. Il souhaitait aller en France mais le club avait besoin de lui. Puis il n’avait pas été pris en sélection. Je ne peux pas oublier le match où c’est arrivé, j’ai encore l’image en moi. C’était en fin d’après-midi. J’ai été traumatisé, je n’arrivais plus à dormir pendant deux-trois semaines. Je ne pouvais pas à me donner à 100% à l’entraînement, j’avais peur. On ne savait pas ce qu’il s’était passé. C’était la première fois que ça arrivait en Tunisie et, là, c’était juste à côté de moi. Sous mes yeux. C’était choquant et ça l’est encore quand j’y repense. À cette époque, le football tunisien ne donnait pas beaucoup d’importance à la psychologie des joueurs. Et je pense que Hédi aurait peut-être eu besoin d’un psychologue pour surmonter la mauvaise passe qu’il traversait.

Si tu as conquis les cœurs tunisiens, c’est avant tout grâce à la CAN soulevée en 2004, la dernière par les Aigles de Carthage. Ça reste la consécration de ta carrière ? 

La consécration, je ne pense pas. Que ce soit le meilleur souvenir de ma carrière, oui. On avait une équipe homogène avec des joueurs d’expérience, de vingt-sept, vingt-huit ans et des jeunes. Le plus âgé devait être Ali Boumnijel qui devait avoir trente-cinq ans. On savait qu’on ne jouait pas pour une équipe mais pour tout un pays. C’est précieux d’avoir gagné. Je considère que c’est un cadeau pour mon pays et que je lui ai rendu d’une certaine façon ce qu’il m’a donné. Mais la consécration de ma carrière, c’est d’avoir réussi en Tunisie et d’arriver en Angleterre. Car il faut voir les conditions que j’avais à Gabès et tous les sacrifices que j’ai faits pour ça.

Derrière ce trophée, il y a la marque de Roger Lemerre. À quel point a-t-il été déterminant dans ce succès ? 

C’était un entraîneur très professionnel, avec beaucoup d’expérience et qui nous donnait énormément de confiance. Il a quand même été sélectionneur de l’équipe de France. Il nous a permis de progresser et de franchir les étapes. Mais il ne faut pas oublier le travail de Nabil Maaloul, son adjoint. C’est un ancien joueur international qui a fait beaucoup pour la Tunisie. Ensemble, ils ont réalisé un travail extraordinaire. Roger a amené le professionnalisme et l’expérience du haut niveau et Nabil a transmis cela aux joueurs. Et cette transmission était très importante. Au début, des joueurs n’ont pas compris Roger Lemerre. Il ne connaissait pas la Tunisie, ou peut-être comme touriste alors. La mentalité du joueur tunisien, il ne l’a pas comprise tout de suite non plus. À l’époque, on était très fermé. Les médias nous avaient provoqués en disant qu’on n’allait rien faire à la CAN et être éliminé dès le premier tour. La presse restait sur l’échec de 1994 où la Tunisie avait été éliminée chez elle dès le début de la compétition… On n’a pas eu de soutien. Du coup, on s’est renfermé sur nous-mêmes et on s’est tous regardé droit dans les yeux. Et ça a donné le résultat qu’on sait.

En 2004, tu fais le choix de partir pour l’Angleterre et Bolton. Là-bas, tu dis avoir découvert un autre monde en termes d’exigence, de mentalité, d’infrastructures… 

C’était très différent. En Tunisie, je me posais d’ailleurs des questions et j’avais demandé à Roger Lemerre de m’en dire plus. Il l’a fait mais ce n’était pas suffisant pour moi. J’ai dû attendre d’aller en Angleterre pour trouver les réponses. Ma première réaction a été : « Mais où suis-je ? » Ce n’est pas un manque de respect au football tunisien, mais c’était la différence entre le professionnalisme, le haut niveau et l’amateur. Le semi-professionnalisme est arrivé seulement en 1997 en Tunisie. La fédération avait permis aux joueurs d’être payés et ils ne devaient plus avoir un job en parallèle. On ne savait pas ce que c’était le professionnalisme. Jeune, j’essayais de connaître chaque détail pour me rapprocher de ça. En Angleterre, j’ai découvert ce que je demandais. Je me suis intégré tout de suite et les Anglais étaient surpris de ça car les Espagnols, par exemple, mettaient six mois. J’avais faim du professionnalisme en fait (rires). J’avais faim d’apprendre. Ce qui m’a d’abord le plus surpris, c’est que la veille d’un match en Angleterre, on restait en famille. Alors qu’en Tunisie, tu partais trois jours en stage avant la rencontre et ne rentrais en famille que le lendemain. La première fois, Sam Allardyce, à Bolton, m’a dit de faire ce que j’avais l’habitude de faire. Je lui ai répondu : « Mais je n’ai pas d’habitudes moi ! » Tout était nouveau pour moi.

C’est un regret d’ailleurs pour toi de n’avoir joué au haut niveau européen qu’à vingt-huit ans ? 

Oui, car Arsène Wenger était à une période intéressé par mon profil, mais il ne m’a pas pris car il estimait que j’étais trop vieux. Avec du recul, ça reste un regret, oui. Mais en Tunisie et avec les moyens à ma disposition, j’ai dû prendre du temps pour progresser techniquement. C’était long. Les offres sont arrivées tardivement. West Ham en a fait une en 2003, mais le club venait de descendre en deuxième division. Le président de l’Espérance ne voulait donc pas me laisser partir pour une équipe en D2 et souhaitait qu’on gagne la Champions League africaine. Ce n’est pas arrivé alors, en fin de contrat, j’ai accepté une offre de Bolton. Le Werder Brême me voulait aussi, un club du Qatar avait fait une offre mais l’Angleterre était un rêve pour moi. Je savais que le jeu pourrait me convenir là-bas.

Dans les rangs des Wanderers, tu as évolué aux côtés de Jay-Jay Okocha, Gary Speed, Fernando Hierro, El-Hadji Diouf ou encore Hidetoshi Nakata. Quel joueur t’a le plus marqué lors de ton passage ? 

Jouer avec ses stars, c’était déjà extraordinaire. J’étais proche de Jay-Jay, Fadiga et El-Hadji Diouf car on vivait à l’africaine et que nos familles étaient très proches. Mais le joueur qui m’a le plus marqué, ce n’était pas Okocha même s’il régalait sur le terrain, c’était Fernando Hierro. C’était une légende en Espagne et le capitaine du Real Madrid. Et là, d’un coup, il était à côté de moi. C’était mon voisin dans le vestiaire, on mangeait et sortait ensemble. Il respectait tout le monde, il n’avait pas la grosse tête. Il était humble et simple, même si ce n’était pas toujours évident de communiquer avec lui puisqu’il n’était pas très à l’aise en anglais. On avait vraiment un groupe de rêve à l’époque. On avait fini 6e et on s’était qualifié pour la Coupe de l’UEFA, une première fois dans l’histoire du club.

Et Sam Allardyce, il était déjà aussi atypique et imprévisible ?

Au début, je croyais que c’était normal avec Sam. Et quand je suis allé dans d’autres clubs, j’ai vu que c’était un entraîneur quand même spécial (rires). Le coaching, déjà, c’était spécial car on ne le voyait pas de toute la semaine mais seulement le vendredi pour donner l’équipe. C’était Phil Brown qui faisait tous les entraînements. Sam, lui, restait dans son bureau. Mais il a fait énormément pour Bolton. Il y avait quinze nationalités et il faisait en sorte que tout le monde s’intègre. Et il a réussi. Tout le monde devait venir au restaurant, c’était obligatoire sinon tu donnais une semaine de ton salaire. Ça renforçait la cohésion de l’équipe et ça s’en ressentait sur le terrain. Puis il a changé toutes les infrastructures du centre d’entraînement et grâce à lui, par exemple, le club a investi dans les meilleures machines pour la récupération des joueurs. Sam Allardyce a permis d’innover les infrastructures mais, dans le jeu, il restait un ancien par contre (rires).

C’était différent de Steve Bruce que tu as connu ensuite à Birmingham ? 

Ils sont un peu différents mais les deux viennent de la même époque. Steve Bruce s’intéressait moins au bien-être du joueur mais connaît très bien la Premier League, du fait de son expérience à Manchester United notamment. À Birmingham, il voulait construire une équipe pour remonter en première division. Mais ça n’a pas fonctionné avec les propriétaires du club et il est parti. Il n’a pas réussi à finir sa tâche même s’il a permis au club de remonter.

Qu’est-ce qui t’a poussé après à rejoindre Southampton, alors enlisé en League One (D3 anglaise) ? 

Après Birmingham, on avait décidé avec ma famille de rentrer en Tunisie. À la fin de la saison, je reçois un coup de téléphone d’Alan Pardew. Je l’avais rencontré lorsqu’il était à Charlton. Il me dit qu’il a pris Southampton en troisième division et me demande si j’ai envie de participer à la reconstruction de l’équipe afin de revenir en Premier League. J’avais joué mon premier match contre S’ton au St Mary’s Stadium à mon arrivée en Angleterre et je me demandais comment le club s’était retrouvé en D3. Il m’a dit que le club avait de gros problèmes administratifs. Je suis allé le voir puis j’ai visité les installations et j’ai rencontré Nicola Cortese, président à l’époque. Il m’a parlé du plan pour revenir et j’ai accepté. En trois années, on est monté en Championship puis en Premier League. C’était extraordinaire.

Et c’est vrai qu’on te comparait à Marcel Desailly à cette époque ? 

En Tunisie, on m’a toujours comparé à Marcel Desailly parce qu’on avait un profil similaire. Le même gabarit, le même jeu physique. Mais j’ai toujours dit que j’étais meilleur que lui ! (rires) Parce que si j’avais été formé en France, j’aurais été meilleur (rires).

Propos recueillis par Romain Duchâteau

Crédits photos : AFP PHOTO / ROBERTO SCHMIDT