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Le tant attendu Dortmund-Monaco, en Ligue des champions, approche lentement mais surement. Et si tout le monde s’agite autour du jeune Kylian Mbappé (ce qui est tout à fait normal), ce dernier n’est pourtant pas le seul joueur de 18 ans à étonner ses pairs. Christian Pulisic, américain d’origine croate prend lui aussi un malin plaisir à torturer ses adversaires avec le Borussia Dortmund. Et comme pour le jeune français, l’âge ne semble pas franchement être un frein lorsque l’on voit les performances qu’il réalise à chacune de ses apparitions depuis plusieurs mois maintenant.

La Bundesliga comme terrain de jeu

Arrivé en Juillet 2014 en Allemagne, le jeune pennsylvanien n’a pas tardé à impressionner tout le monde avec les U17. Ceci lui a d’ailleurs permis de prendre part au camp d’entrainement hivernal en Espagne an Janvier 2015 sous les ordres de Jürgen Klopp.  Son ascension ne s’arrête pas là puisque l’année suivante avec les U19, lui et son équipe ont été champions d’Allemagne (après avoir glané le titre avec les U17) en compagnie de Félix Passlack, Dzenis Burnic ou encore Jacob Bruun Larsen, autres promesses du centre de formation.  Autrement dit, il fait partie d’une génération qui peut être considérée comme dorée. Et cela va rapidement le lancer sous le feu des projecteurs, il va très rapidement quitter les jeunes pour rejoindre le groupe professionnel.

La véritable explosion de l’ailier droit (aussi capable de jouer en tant que numéro 10) ne s’effectue toutefois qu’après l’arrivée de Thomas Tuchel qui va progressivement l’intégrer au sein du groupe sur lequel il compte se reposer. Et il faut dire que cela va fonctionner puisque désormais, voir Christian Pulisic entrer le terrain est devenu une banalité, personne ne fait attention au fait qu’il n’ait que 18 ans. Son âge passe totalement inaperçu et ses performances donnent raison à Tuchel puisqu’il affiche une maturité assez déconcertante. D’ailleurs l’entraîneur du Borussia Dortmund ne tarit pas d’éloges sur son petit prodige dans une interview réalisée par ESPN : « Je suis vraiment heureux avec son développement cette saison. Bien sûr, on ne peut pas prévoir cela et sa façon d’agir… Mais il est très important pour l’équipe. Ce qui est incroyable puisqu’il pourrait encore jouer pour les U19. Dans notre esprit, il est un joueur régulier de l’équipe, on le traite comme une personne normale. Parfois, tu dois quand même regarder sur les papiers pour te souvenir à quel point il est jeune. Il a aussi une grande confiance en lui. On peut le voir à l’entrainement et dans sa manière de jouer. Il n’est pas du tout nerveux, il est extrêmement ambitieux ».

 

Source : socceramerica.com

 

Depuis ses débuts le 21 février 2016 face au Bayer Leverkusen (comme un signe), et son premier but en avril face au HSV on ne l’arrête plus, sa progression est fulgurante. Et finalement, sa maturité se révèle être son plus grand atout. Sur le terrain il est loin des turbulents Ousmane Dembélé ou Emre Mor qui ont tendance à avoir des réactions démesurées pouvant agacer tout le monde. Ce comportement ne remet toutefois pas en cause leur talent, mais dans un match charnière, le calme et la clarté d’esprit de l’Américain sont avantageux.

Son entrée en jeu à la mi-temps du match contre le Bayer Leverkusen il y a quelques semaines symbolise parfaitement cette sérénité. Sa tâche n’était pourtant pas aisée puisqu’il devait prendre la place de Marco Reus de retour à son meilleur niveau avant une énième blessure. Mais il a relevé le défi haut la main. Finalement, l’absence du numéro 11 n’a pratiquement pas été visible tant Pulisic a brillé avec entre autres un but et une passe décisive qui ont fait rugir de plaisir le Westfalenstadion. Encore une fois, il a prouvé à son coach qu’il avait bien raison de lui faire confiance. Puis, il a remis le couvert face au Benfica Lisbonne, dans un match qui ne devait avoir que pour issue la victoire. Pour son huitième match de Ligue des champions, et cette fois en tant que titulaire, il a même eu le privilège de marquer son premier but dans la compétition face au Mur Jaune. Avec une finition parfaite qui n’a laissé aucune chance à Ederson, le petit Christian est devenu presque grand.

Petit prince du « soccer »

L’Allemagne n’est pas son seul terrain de jeu puisque le jeune homme fait aussi partie de la sélection américaine. Encore une fois, son âge est loin d’être un handicap, la pression ne représente qu’un léger poids sur ses épaules. Depuis quelques semaines, il est devenu la nouvelle coqueluche du football outre-Atlantique grâce à ses étincelles sur les terrains. Et tout est allé très vite. En mars 2016, il a été appelé par Jürgen Klinsmann, et a fait ses débuts pour la sélection américaine, devenant le joueur le plus jeune de l’histoire du football américain à jouer pour l’équipe première. Puis, il est devenu le plus jeune buteur de l’histoire de la sélection à seulement 17 ans et 253 jours. Grâce à ce but inscrit face à la Bolivie, Christian Pulisic est entré une seconde fois dans l’histoire de son sport.

Et tout récemment, lors des matchs de qualification pour la prochaine Coupe du monde, il a pris plaisir face au Honduras. Positionné au cœur du jeu, il a marqué et offert deux autres buts à ses coéquipiers. Cette performance se trouve sa plus aboutie avec sa sélection, aidant son équipe à remporter un match crucial dans la course à la qualification alors qu’elle était dans une position difficile après deux défaites de rang. Pulisic n’a pas porté son équipe mais il a grandement contribué à son succès ce qui est loin d’être négligeable.

Source : bz-berlin.de

 

Avec une finition toujours aussi propre et délicate, il n’a laissé aucune chance à l’équipe d’Amérique centrale, comme ce fut le cas face au portier lisboète. Ce point-là se trouve être l’une de ses principales forces puisqu’il sait toujours de quelle manière il va pouvoir déposer le ballon au fond des filets. Sa vitesse d’exécution tout comme son explosivité lui permettent aussi d’effacer en un coup de vent ses adversaires directs. Enfin son intelligence de jeu est également rayonnante car on sent dans ses décisions qu’il sait ce qu’il fait, et qu’aucune passe n’est faite au hasard. Toutefois, le diamant peut encore être poli. Pulisic a encore beaucoup de choses à apprendre, et ce jusqu’à la fin de sa carrière étant donné que pour les footballeurs, l’apprentissage ne cesse jamais.

Au final, on s’aperçoit rapidement que le jeune Américain fait dans la précocité, au même titre que son homologue monégasque. Une maturité exceptionnelle alliée à un talent hors norme permettent d’espérer un bel avenir si le développement du joueur se poursuit ainsi. En gardant la tête froide, on peut se dire que la carrière de ce garçon de 18 ans ne pourra être que brillante car il a tout pour lui. Il faut simplement être patient et ne pas oublier son jeune âge : il n’est encore qu’un enfant entouré d’adultes.

Crédit photo : Logan Bowles, USA TODAY Sports